jeudi 24 juillet 2008

Une Bonne claque sur le pétrole. Mais pourquoi ?

Voici un commentaire auquel je souscris totalement :


Mine de rien, le baril de brut vient d'essuyer l'une des plus violentes chutes de son histoire ; et ce n'est pas tant l'amplitude de cette - très saine - consolidation qui interpelle que son ambigüité intrinsèque.En effet, qu'est ce qui a fondamentalement changé sur le marché du pétrole depuis une semaine ? En réalité, rien !...
D'aucuns diront que la consommation américaine d'essence ralentit ou bien que les stocks de brut se reconstituent ici ou là ou encore que le cyclone Dolly a, dans sa grand mansuétude, décidé d'éviter les plateformes du Golfe du Mexique.
Tout cela est vrai, certes, mais à moins de chercher de vagues prétextes, force est de reconnaître que les développements susmentionnés n'ont guère d'importance sur le fond...
La seule chose qui a vraiment changé, c'est que les Américains ont décidé de jouer un peu moins aux faucons sur le dossier nucléaire iranien, ce qui, là, pour le coup et comme nous l'avons souligné la semaine dernière, militerait pour une sérieuse baisse de la prime de risque sur les cours du brut ; toutefois, en l'état actuel des négociations, il ne s'agit encore que d'un vœu pieux...
Non, en réalité, la cause essentielle de l'affaissement du prix du baril, c'est bel et bien le rebond des valeurs financières ; et, de ce point de vue là, les autorités américaines ont habilement joué : se rendant compte que le pétrole était devenu, à son corps défendant, un instrument de couverture contre la baisse des cours des bancaires, ils ont, pour faire d'une pierre deux coups, orchestré un rebond, totalement artificiel mais puissant (quand on pense que Fannie Mae ou Freddie Mac ont rebondi de plus de 100%...), des financières, lequel a, purement mécaniquement, enfoncé les cours du brut. De vicieux, le cercle est ainsi devenu vertueux, la baisse du pétrole alimentant désormais la hausse des actions et ainsi de suite !...
Bien sûr, tout cela fait cruellement penser à un directeur sportif qui, voyant son cycliste-star exsangue à l'étape, lui administre un bon petit « remontant » lui permettant de franchir le col en tête le lendemain... Mais, bon, les foules fiévreusement massées au bord des routes en redemandent, alors...
Panem et Circenses.



Source : Diapason Commodities Management

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