lundi 7 juillet 2008

Comment Bear Stearns s'est fait "descendre"...


Vous vous souvenez comment en Mars, Bear Stearns a fait les gros titres en provoquant une intervention exceptionnelle de la FED pour aider à son rachat par JP Morgan au prix ridicule de 2$ par action (alors qu'elle en valait plus de 100 un an plus tôt) ?

Cela semble déjà loin, et entre temps on nous a fait croire que le pire était passé en faisant oublier ce fait ahurissant.
Et pourtant c'était un événement tout bonnement historique, qui a été provoqué par des événements troublants qui laissent à penser que d'autres catastrophes similaires pouraient arriver.


Il vient de paraitre un article assez étoffé dans Vanity Fair à ce sujet.
Ce magazine, qui n'est pas spécialisé dans la finance, est cependant allé assez loin dans son enquête, en s'attaquant aux anecdotes les plus "juteuses". Bear Stearns était en effet une banque à la culture indépendant, excentrique et marginale, qui manifestait peu de solidarité pour le reste des banques d'investissement de Wall Street.

Par ailleurs les problèmes ont commencé l'été dernier si vous vous souvenez bien, avec le début de la crise des subprimes. Mais à cause de son caractère "particulier, Bear Stearns a été particulièrement visée par les Short Sellers.

La conclusion de l'article est donc que Bear Stearns a été délibérément placée dans une situation intenable, au profit de certains, et à la grande joie de ses concurrents, qui par ailleurs avaient des comptes à régler.

Ces anecdotes et ces aspects "personnels" en font un article intéressant mais qui ne rentre pas suffisamment dans les détails concernant la pyramide de produits dérivés (type Credit Default Swaps) qui lie les banques entre elles, et qui transformait Bear Stearns en "maillon faible", qui devait être le premier à sortir.

C'est pourquoi, quant à moi, j'opterais plutôt pour une interprétation selon laquelle Bear Stearns a été "l'agneau sacrificiel" de la communauté de Wall Street, qui a ainsi espéré apaiser la foudre "divine" d'un marché baissier, en espérant des jours meilleurs.

Bear Stearns a été la banque sacrifiée parce qu'elle était faible, et pas particulièrement aimée par les autres.

Cependant, la foudre baissière revient actuellement réclamer d'autres "sacrifices". Qui sera la prochaine victime sacrificielle ?

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