jeudi 31 juillet 2008

Les fonds souverains : une interrogation ...


Il y a une question que je me pose depuis plusieurs mois :

Qu'est ce qui pousse réellement les fonds souverains à investir dans les banques américaines pour les recapitaliser alors que ces investissements se révèlent systématiquement perdants ?

Cela fait en effet plusieurs mois que nous entendons parler de ces investissements, à chaque recapitalisation. Cela a même commencé l'automne dernier alors que de nombreux analystes bien informés prédisaient des dépréciations d'actifs plus conséquentes par la suite.

Comment peut-on engloutir de tels capitaux dans ces puits sans fond que sont devenues la majorité des banques occidentales

Il n'y a qu'une seule (modeste) hypothèse qui me vient en tête.

On dirait que la finalité de ces fonds n'est après tout pas réellement la rentabilité financière, mais bien plutôt des motivations politiques.

Cependant, ce n'est sans doute pas dans le sens qu'on le craint dans les pays occidentaux (ingérence des méchants petits chinois dans notre bien-aimée économie nationale).
Je dirais plutôt que les fonds souverains ont été recruté dans la lutte globale pour la sauvegarde du statu quo financier actuel, face à une crise d'une ampleur sans précédents.

Les déséquilibres économiques de ces dernières années sont en train d'être inversés d'une façon qui pourrait être catastrophique pour l'ordre mondial, surtout en termes de confiance des citoyens dans leur monnaie

Sans crier à la conspiration internationale, je crois que l'on peut raisonnablement penser que les gérants de ces fonds qui font partie ou sont liés aux élites de pays émergents, aspirent à changer de division et faire partie du "club" de l'élite mondiale et que ces motivations doivent énormément "inspirer" leurs décisions investissements.

Il ne s'agit pas seulement de statut et de respectabilité, mais bien plus que cela.

Il ne faut pas oublier que le système capitaliste mondial actuel est un "système dollar".

En dehors du dollar, on n'existe pas (demandez à l'Iran), et cela vaut aussi pour les banques de la zone dollar.

Conclusion : Si l'on ne participe pas à ce système, on ne peut pas exister et surtout on ne peut recevoir tous les avantages (collectifs mais surtout individuels) auxquels les membres de cette élite a droit.

Ce n'est bien sûr qu'une hypothèse et je serai très intéressé pour lire votre point de vue dans les commentaires

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est très difficile a dire Alex, tu ne te base sur rien concret. Il est possible qu'il y a des fonds intéressés politiquement, mais il y en a pas mal qui cherche la rentabilité. En plus, je pense que les conditions qu’ils posent aux banques sont tres tres dures, mais ceux la n’ont pas d’alternative, alors ils acceptent.

Alex Kerala a dit…

C'est vrai qu'il ne s'agit que d'une vague interrogation. Et il est vrai aussi qu'il ne faut pas généraliser. Il s'agissait juste d'une "réflexion à voix haute".

Mais je crois que ce qui est marquant c'est le contraste entre le tapage "optimiste" qui est fait autour de ces prises de participation (sur le ton : "tout va bien les liquidités se dirigent là où il faut pour stabiliser le système") , et la nature sans doute plus complexe et contrastée de ces interventions, qui sont plutôt le signe qu'il y a quelque chose de disfonctionel dans le système actuel. Voir aussi le post suivant du blog de Brad Setser à ce sujet : http://blogs.cfr.org/setser/2008/07/30/just-how-stabilizing/