mardi 29 janvier 2008

Euro Ressources Pour Les Nuls

Voici un résumé très bref du Bilan Financier de la société en ce début d'année 2008, après les dernières annonces :

Les Actifs :

1. La royalty Rosebel portant sur 6 Millions (7 millions moins 1 Million déjà produit) d'onces d'or à produire dans les 15 années à venir par la mine exploitée par Iamgold au rythme prévu. En actualisant les flux de trésorerie futurs à 12% avec le cours de l'or actuel, cela vaut environ 157 Millions $.

2. La royalty Paul Isnard dont le potentiel exact est encore inconnu et qui au maximum pourrait porter sur 5 Millions d'onces d'or d'après l'accord avec Golden Star. En prenant 50% de ce maximum et en étalant la production sur 25 ans (hypothèse conservatrice) j'estime à 22 Millions $ cette future royalty.


Le Passif :

1. La Dette restant due à Macquarie Bank : $ 2,4 Millions $

2. Le carnet de hedge restant dû après la dernière réduction et valorisé au prix de l'or actuel (Market to Market) : 17 Millions $

Au total , EUR vaut au bas mot 160 Millions $ (109 Millions d'Euros).
Ce qui donne environ 1,80 euros par action

Oui c'est environ le double du cours actuel (je ne l'ai pas fait exprès)
C'est tout simplement une anomalie flagrante. Il faut en profiter. Cela ne va pas durer.

Et plus l'or monte, plus la valeur de la société augmente, tout en présentant un niveau de risque minimal par rapport au reste du secteur aurifère, car :
1. le gisement Rosebel est de qualité avec des réserves et ressources plusieurs fois réévaluées,
2. pas d'impact de la hausse du pétrole sur les revenus (royalties uniquement)
3. pas de risque géopolitique majeur au Suriname où se trouve Rosebel.

Pour plus de détails je vous encourage à consulter les rapports financiers et communiqués de la société.

La Ministre Lagarde

Je viens de voir sur CNBC la ministre Lagarde interviewée par Maria Bartiromo au sujet de Jérome Kerviel.

Tout ce que peux dire, c'est qu'elle est aussi ridicule et peu crédible en anglais qu'en français.

Et tout ce qu'elle fait c'est répéter la version de la direction de la SG.

Aucun intérêt, aucune autorité, aucune crédibilité.

lundi 28 janvier 2008

Euro Ressources : le calcul du dehedging final

Au cours actuel de l'or de 928$
Avec une hypothèse de 320 000 onces de production Rosebel (d'apès le rythme de prod actuel)

Royalty 2008
(928-315)*320000*10%*0.98= 19 223 680 $


Carnet de Hedge restant (après la dernière réduction):

36100*(928-458,5)= 16 948 950 $

Si le cours de l'or et la production augmente la différence s'accroit et le remboursement anticipé s'en trouve facilité

Par contre il faut aussi tenir compte des derniers remboursements à Macquarie 2 400 000 $ et les frais de fonctionnement (2 000 000 $ par an)

Mais en gros, c'est jouable pour T4 2008 ou T1 2009.

vendredi 25 janvier 2008

What a week !

This is the week that saw a real Market Crash
Let's call it the January Black Monday, 2008 edition.

It was probably caused by the unwinding of Société Générale's outsized fraudulent positions of a certain Jérome Kerviel.

It's ironic because I used to work for them as a consultant.

They were always very proud of their sophisticated models, their sophisticated traders, and, more generally, their own culture.

This is a perfect example of arrogance being punished.

What a week !

This is the week that saw a real Market Crash
Let's call it the January Black Monday, 2008 edition.

It was probably caused by the unwinding of Société Générale's outsized fraudulent positions of a certain Jérome Kerviel.

It's ironic because I used to work for them as a consultant.

They were always very proud of their sophisticated models, their sophisticated traders, and, more generally, their own culture.

This is a perfect example of arrogance being punished.

jeudi 24 janvier 2008

Les déclarations officielles de la SG

Nous venons d'apprendre la nouvelle d'une "fraude" à la Société Générale

Mais ces déclaration de la Société Générale ne me semblent pas du tout crédibles

Le PDG prétend avoir découvert tout cela ce week-end.
Cela ne tient tous simplement pas debout.
Il y avait beaucoup de gens informés dans la banque avant ce week-end.

En plus le nom du trader en question n'est pas cité, et on prétend ne pas savoir où il se trouve.
En plus on dit qu'il ne s'est pas enrichi personnellement.

Dernier point : ils prétendent que les produits tradés en question ne sont pas habituellement traité par la SG. Ce qui est bien sûr totalement faux.

Ils nous prennent vraiment pour des naïfs.

La vérité c'est probablement que la banque elle-même a fait ses erreurs et en est responsable. Cela fait partie des risques qu'ils prennent de façon régulière. Mais il suffit de circonstances extrêmes (de type "Black Swan") pour que les positions habituellement gagnantes deviennent perdantes.

On l'a déjà vu avec le Subprime, et ce n'est pas fini.

Les Banques d'investissement ont énormément gagné mais risquent de perdre encore plus.

L'histoire du "Trader Fou" est très pratique pour rassurer les gens sur la compétence de la banque.

Le plus important c'est qu'ils ont foiré magistralement : comme Northern Rock, Merrill Lynch, Bear Stearns, etc...

A moins qu'on me donne le nom du fameux trader fou, qu'il ira en prison et écrira nu bouquin comme Nick Leeson, je n'y croirai pas.

La perte est quand même de 5 fois celle de Nick Leeson...

Affaire à suivre. J'espère que les journalistes d'investigation vont faire le travail

Ils nous prennent vraimment pour des naifs.

La vérité c'est probablement que la banque elle-même a fait ses erreurs et en est responsable. Cela fait partie des risques qu'ils prennent de façon régulières. Mais il suffit de circonstances extrêmes (de type "Black Swan") pour que les positions habituellement gagnantes deviennent perdantes.

On l'a déjà vu avec le Subprime, et ce n'est pas fini.

Les Banques d'investissement ont énormément gagné mais risquent de perdre encore plus.

L'histoire du "Trader Fou" est très pratique pour rassurer les gens sur la compétence de la banque.

Le plus important c'est qu'ils ont foiré magistralement : comme Northern Rock, Merril Lynch, Bear Stearns, etc...

A moins qu'on me donne le nom du fameux trader fou, qu'il ira en prison et écrira nu bouquin comme Nick Leeson, je n'y croirai pas.

La perte est quand même de 5 fois celle de Nick Leeson...

Affaire à suivre. J'espère que les journalistes d'investigation vont faire le travail...

Une source à la Société Générale

Une source syndicale à la Société Générale a indiqué à l’AFP que le trader en cause «aurait joué, mais pas à son profit».

«Le trader en question, expérimenté, connaît bien les rouages de la banque. Il aurait simplement joué, mais pas à son profit, et fait subir une perte énorme à la société», selon cette source syndicale interrogée au sortir d'une réunion avec la direction de la banque.

Les syndicats de la banque ont été convoqués jeudi à 8H00 par la direction qui leur a annoncé la nouvelle. Ils se sont aussitôt réunis en intersyndicale face à la «panique» pour «voir quelle démarche adopter» et tenter de «pérenniser l’entreprise et les emplois avant tout», selon cette source.

«On tombe de notre chaise, c’est du jamais vu, on se demande comment ça a pu être possible, alors que nous sommes contrôlés parfois sur des broutilles», a ajouté cette source.
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J'ai travaillé à la Société Générale (en tant que consultant, heureusement) et je confirme...
Une bande de bureaucrates qui se focalisent sur des détails mais loupent toujours l'essentiel...

dimanche 20 janvier 2008

L’analyse du Week-end

J’espère que l’analyse de la semaine dernière vous a plu et je vais essayer de continuer.
Cette semaine nous pourrions nous concentrer sur Euro Ressources par rapport à son environnement sectoriel et économique.
Je rappelle que mon but n’est pas de fournir des signaux d’achat ou de vente à court terme, mais plutôt d’apporter une contribution modestement « pédagogique » pour les petits porteurs qui veulent réellement se comporter en investisseurs et apprendre un peu plus sur l’action dans laquelle ils investissent.

Tant que j’ai des retours favorables je continuerai dans cette optique. Sinon j’arrêterai.

Donc replaçons EUR dans son contexte pour mieux en comprendre l’évolution. Sortons la tête du guidon en quelque sorte.

Le meilleur moyen de faire des bons choix en Bourse est d’analyser « de haut en bas ». Partir de 1. une analyse macro-économique, 2. un secteur et 3. une société.

L’analyse macro-économique nous permet de choisir une classe d’actif dans laquelle investir (Immobilier, Actions, Obligations, ou même espèces monétaires et biensûr matières premières ou métaux précieux). Celle-ci doit offrir des rendements « réels » (j’insiste sur ce détail) supérieurs à la moyenne pendant des années

D’un point de vue technique, il s’agit de trouver une forte tendance (tendance séculière dans ce cas), car ce sont elles qui offrent les meilleurs profits.
Je ne suis pas contre les Aller-Retours et le Trading à priori, mais l’expérience prouve que c’est la pratique la plus difficile à maîtriser et où l’on compte le plus de perdants qui sont définitivement expulsés de la Bourse pour de bon, souvent parce qu’ils l’ont confondu avec un Casino.
Il vaut bien mieux laisser une tendance se développer tranquillement et ignorer les aléas qui apportent stress ou euphorie suivant les moments

Ce n’est pas facile comme tout un chacun peut en témoigner (moi y compris), mais c’est bien le Saint Graal de l’investisseur/spéculateur. Les connaissances économiques et financières ne sont qu’un outil, mais l’essentiel est la maîtrise de sa propre psychologie. C’est ce qui rend l’aventure aussi fascinante.

Mais revenons à l’analyse macro-économique. Lorsque l’on s’intéresse à la bourse on est naturellement prédisposé vers les actions, surtout lorsque l’on a appris le credo répété inlassablement par de nombreux économistes, à savoir que les actions sont historiquement le meilleur placement à Long Terme. Mais de quel Long Terme parlons-nous ? Et ce credo n’a-t-il pas été remis en question avec l’explosion spectaculaire de la bulle Internet de 2000 à 2002 ?
Alors on commence à chercher des données et des analyses un peu plus originales, on étudie des tendances sur des durées un peu plus longues. On va fouiller dans la jungle des idées « alternatives » qui sont souvent l’endroit où se trouvent les futures Plus-values (et non dans les analyses qui font la une des journaux).


Pour faire simple, étant sceptique sur les marchés actions mais aussi sur le marché immobilier, et partant du principe qu’il existe toujours une tendance gagnante, je me suis intéressé davantage aux devises et surtout aux matières premières qui ne sont pas corrélés aux marchés action. C’est comme cela que j’en suis arrivé à l’Or, puis à Euro Ressources, en 2005.

Aujourd’hui je ne vais pas expliquer une nouvelle fois l’intérêt d’un placement dans l’or, car tous ceux qui s’intéressent à EUR s’intéressent aussi à l’or. Et surtout aujourd’hui ce n’est plus très utile avec la hausse spectaculaire que nous avons connue depuis l’été (même si il reste encore beaucoup de sceptiques). Avec la crise du crédit américaine, et la hausse de l’or consécutive, les théories autrefois minoritaires concernant les torrents de liquidités monétaires excessives deviennent enfin audible. Et peut-être bientôt le placement Or ne sera plus autant perçu comme archaïque voire une « relique barbare ».

Non, ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est de savoir comment se préparer à la suite et comment analyser l’évolution des actions aurifères en général (analyse sectorielle) et d’une action comme EUR en particulier.

Lorsque celle-ci nous fait des rechutes brutales comme récemment, certains deviennent très sceptiques au sujet de sa relation avec le cours de l’or, et doutent du fait qu’elle bénéficie réellement des cours de l’or élevés.

Mais si l’on regarde le secteur aurifère tout entier, on constate grosso modo la même chose.
L’indice HUI des valeurs aurifères n’a pas encore rattrapé l’évolution du cours de l’or, alors qu’il a tendance à amplifier les mouvements du Gold. Récemment, certaines sociétés ont même connu des rechutes tout aussi brutales que celles de EUR. (Exemple : Anglogold ou Harmony par exemple).

Mais surtout, l’ensemble des petites capitalisations du secteur aurifères a encore très peu profité de la hausse de l’or. Sur l’année 2007, l’indice « FSO Junior Mining Index » a une variation à peine positive. Donc EUR n’est pas la seule action à frustrer les investisseurs.

Est-ce que cela veut-il dire pour autant que ces sociétés ne profitent pas des hauts cours de l’or ? Non, pas nécessairement. La plupart de ces sociétés qui exploitent ou ont des droits sur des mines d’or à l’état de recherche ou de développement ont bien évidemment un intérêt d’un point de vue fondamental dans des prix de l’or élevé. Mais cela veut dire simplement que le marché les valorise de façon très conservatrice, sans doute à cause de la désaffection pour les Small Caps et pour le risque en général. (alors que les sociétés aurifères n’ont rien à voir avec le reste des small caps)

Seulement il faut savoir que ce genre d’anomalie est toujours corrigé à plus ou moins long terme et le cours fini par rattraper et souvent dépasser la valeur intrinsèque. On assiste souvent à des effets de seuil par rapport à l’indice sous-jacent (en l’occurrence l’or)

Mais dans des cas comme celui-là, il faut d’autant plus faire preuve de patience et surtout être convaincu d’une hausse durable de l’or à long terme. (ce qui n’est pas le cas de tout le monde).
Et surtout il faut être encore davantage sensible aux fondamentaux de l’entreprise choisie.

Parmi les « small-caps » du secteur aurifère, il y a des sociétés très différentes les unes des autres : des explorateurs, des développeurs, des petits opérateurs de mines.

Comme je le disais la semaine dernière, EUR a une activité particulière (gérer et acquérir des royalties aurifères) qui n’est pas toujours bien comprise. Lorsque l’on voit le nombre d’analystes qui citent encore l’activité « exploration aurifère et diamantifère» qui n’est plus celle de EUR.
Je pense que le statut particulier de société de royalties de EUR, contribue à sa mauvaise valorisation aujourd’hui mais contribuera à sa hausse plus tard, lorsque le business model sera mieux compris. Car beaucoup des risques propres aux autres activités aurifères sont inexistants : pas de hausse des coût d’exploitation préjudiciable par exemple (hausse du pétrole en particulier), et pas de frais d’exploration.

Il s’agit de l’activité la plus proche de l’achat d’un Call sur l’or.
Le seul risque concerne le financement et l’évolution de la production des mines concernées.

Concernant ces deux points pour EUR, l’évolution est clairement positive.

En résumé :
-EUR n’est pas la seule à stagner au niveau de son cours parmi le secteur aurifères des small caps aurifères
- Au niveau fondamental elle continue de prendre de la valeur grâce à la hausse de l’or et à la réduction du risque concernant son financement et son flux de revenu (production de Rosebel)
-Tôt ou tard un rattrapage va avoir lieu, et il sera sans doute brutal

samedi 12 janvier 2008

Analyse Euro Ressources (2)

Voici la suite de « l’analyse du week-end » écrite hier mais qui répondra peut-être aux questions et commentaires que vous avez posté sur la première partie (qui sont bien entendu les bienvenus).

Je disais donc :

La valeur fondamentale d'une société de royalties dépend essentiellement de trois éléments :
1.le cours de l’or
2. la valeur des mines du portefeuille de royalties
3. les conditions de financement de la société.

Comment Euro Ressources peut-elle être évaluée selon ces critères ?

1. le cours de l’or : il est au plus haut historique exprimé en euros (qui est le seul qui nous intéresse) et ira probablement plus haut dans les années qui viennent, même si il peut y avoir des corrections en chemin. Je ne ferai pas de commentaires supplémentaires sur l’or car ce n’est pas le sujet du post. (peut-être dans un prochain post)

2. le portefeuille de Royalties : Il est assez peu étoffé et c’est la principale faiblesse d’Euro Ressources : 90% des revenus proviennent actuellement d’une seule mine : la mine de Rosebel. Cependant il s’agit d’un filon de qualité où les risques géopolitiques par exemple sont relativement réduits contrairement à ce que les grèves pourraient laisser penser. Tout simplement parce que le Surinam où se trouve Rosebel est un petit pays très ouvert aux investisseurs étrangers et qui a un grand intérêt dans le succès de la mine. Cambior puis Iamgold ont été à mon avis inutilement avaricieux dans cette affaire mais ont finalement compris qu’eux aussi avaient tout intérêt à des relations sociales apaisées étant donnée l’importance de la mine pour eux également. En résumé cette royalty vaut désormais TRES cher en raison des prix de l’or et des réserves de la mine. C’est un actif de très grande valeur pour EUR. Quant aux autres royalties dans le portefeuille de EUR, elles n’ont pas la même importance, mais représente un potentiel non négligeable qui pourrait rajouter 20 ou 30% supplémentaires de revenus à moyen terme.

3. Les conditions de financement : il faut noter que EUR part de très bas. Jusqu'à fin 2004, elle n’avait aucun actif de valeur et seulement des dettes. Elle a du repartir de zéro. Le plan de Golden Star était d’en faire une entité viable puis de s’en désengager. Dans ces conditions, les conditions de financement ont été loin d'être optimales : endettement important, intérêts élevés et carnet de hedge pénalisant.


Comment a évolué le cours et le « sentiment » des investisseurs étant donnés ces paramètres ?

1. Depuis janvier 2005, le cours de l’or n’a jamais été une préoccupation mais le principal atout de la valorisation de la société, sauf peut-être durant la longue consolidation de 2006-2007. Tous ceux qui investissent dans EUR sont confiants dans l’or et lorsqu’ils s’en inquiètent, c’est plutôt de sa hausse dont la société ne saurait profiter.

2. La production de Rosebel est un sujet constant de préoccupation, mais qui a été exagéré irrationnellement à certains moments (les grèves par exemple). Le paramètre « production » est également amplifié par l’effet comptable de la comptabilisation du hedge, qui donne des résultats comptables très négatifs lorsque l’or progresse plus vite que la production (alors que ces deux progressions sont positives pour EUR à moyen terme)

3. Lorsque le cours de l’or était peu élevé la préoccupation était le niveau d’endettement et les intérêts élevés qui imposeraient tôt ou tard une augmentation de capital pour assurer la survie de la société. Mais peu à peu la probabilité de survie de EUR puis sa viabilité ont augmenté. Avec la hausse de l’or, les préoccupations se sont tournées plutôt vers le niveau du hedge alors que celui avait été sensiblement diminué entre-temps. Pour tout dire, maintenant que la société est désendettée, que l’augmentation de Capital a été réalisée avec succès (c'est-à-dire à un niveau de cours raisonnable) et que le hedge est en cours de remboursement à vitesse accélérée, les craintes concernant le financement et la dilution du capital sont maintenant irrationnelles.

Car pendant que tous les sujets de préoccupation étaient levés un par un, réduisant énormément le niveau de risque pour les actionnaires, le cours de l’action lui, a fait du surplace. Après avoir beaucoup monté puis baissé, le cours est exactement au même point qu’il était il y a 18 mois. Or, pendant cette période importante : le cours de l’or est passé de 500 euros l’once à 600 euros l’once. Le carnet de hedge a été diminué de 34 200 onces (c'est-à-dire environ un tiers), et les trois quarts de la dette a été remboursé.
En face de cela, la dilution du capital n’a été que de 15% environ (si l’on compte le gain direct en résultant en terme d’intérêts et de droits supplémentaires sur Rosebel)

La valeur fondamentale s’est donc sensiblement améliorée et d’après mes tablettes j’arrive à une valeur par action d’environ 1.70 euros. Avec 12% de taux d’actualisation pour les cash flows futurs, et une prévision « raisonnable » des cours de l’or futurs. Notez bien qu’il s’agit d’une valorisation très conservatrice.

En résumé : le cours actuel s’explique uniquement par des facteurs techniques et les préoccupation citées plus haut. Il semble qu’elles se succèdent et s’additionnent de façon exagérée à mon avis.
En réalité c’est plutôt l’impatience et les craintes irrationnelles qui dominent et qui permettent à la minorité patiente et richement dotée (qui est rare vu le contexte actuel) d’accumuler tranquillement, tout en évitant soigneusement de franchir les seuils nécessitant une déclaration. Le Canadian Pension Plan a été le seul à faire cette erreur il y a un an tout juste, mais d’autres doivent s’activer dans l’ombre sans que nous en sachions quoi que ce soit.

Les craintes des petits porteurs sont amplifiées par le sort réservé aux petites capitalisations ces derniers mois.
A court terme il est normal que les investisseurs peu sophistiqués fassent l’erreur de croire qu’une action comme EUR puisse suivre les autres « small caps » . C’est une erreur assez classique dans le secteur aurifère dans son ensemble. Depuis le début de la tendance haussière de l’or l’indice HUI (des actions aurifères) a périodiquement "sous-performé" l’once d’or faisant craindre aux actionnaires qu’une action aurifère est d’abord une « action », et suivra la baisse des marchés actions, alors qu’il est statistiquement prouvé sur une période suffisamment longue que l’indice HUI est corrélé à l’indice de l’or.

Je crois que le grand tournant s’effectuera lorsque la peur changera de camp, comme on dit.
Ou plutôt lorsqu’une peur en remplacera une autre.
C'est-à-dire lorsque la peur d’investir dans une aurifère se transformera en une peur de ne pas profiter de son potentiel fabuleux de hausse (la fameuse panique acheteuse). Ce renversement pourrait être progressif, mais s’accélérant, surtout dans un contexte boursier par ailleurs mortifère.

La peur et la recherche d’une protection font d’ailleurs de l’or un placement à part qui s’explique par une histoire pluri-millénaire et qui a sans doute un impact sur notre inconscient collectif.

Le potentiel est assez énorme car l’ensemble du secteur aurifère est pour l’instant peu reconnu et très peu valorisé. Pensez que l’ensemble des actions du secteur aurifère mondial représente seulement un tiers de la capitalisation de la seule entreprise Microsoft.

Cela est doublement valable pour notre petite EUR qui est encore bien mal connue des adeptes des Small Caps.

Il me semble qu’elle pourrait rapidement intéresser beaucoup de monde et provoquer un embouteillage à l’achat. Quand ? Je n’en sais rien, mais sans doute plus tôt que la majorité l’anticipe.

Personnellement je suis déjà bien positionné et je continue d’accumuler périodiquement.
Pour tout dire, le reste de mes placements n’est plus en actions depuis plusieurs mois, mis à part quelques lignes de HG, NEM et VA (aurifères biensûr…)

vendredi 11 janvier 2008

Analyse Euro Ressources (1)

Après quelques mois sans contribution importante sur Boursorama, j’ai décidé de revenir donner mon avis même si on ne me l’a pas demandé. ;-)
Non, ce n’est pas pour regagner des étoiles (ce système est puéril à mon avis), mais plutôt pour le plaisir d’écrire et de faire la synthèse du désordre ambiant .

Tout d’abord, je ne ferai pas de prévisions à court terme sur le cours d’Euro Ressources, puisque c’est un exercice très hasardeux et stérile il me semble.
EUR reste une très petite capitalisation dont les variations quotidiennes sont peu significatives et seulement lisibles sur le long terme. Et pourtant elle est suivie jour après jour par un nombre de fidèles assez important pour une « small cap ». Elle a même fait l’objet d’une sorte de culte (d’où la présence de « gourous auto-proclamés » à une époque). Cela est dû je pense à son ancienneté mais aussi à la nature particulière de son sous-jacent, l’or, qui occupe une place particulière dans notre inconscient. J’y reviendrai plus loin.

Cependant le suivi quotidien, voire à la minute, d’une valeur telle que Euro Ressources est dangereux pour le petit porteur. Il risque d’être entrainé par ses émotions et acheter ou vendre à contre-pied.

Il faut savoir que l’action est également traitée par des investisseurs plus sophistiqués et plus richement dotés qui ont une position à Long Terme sur EUR mais qui se comportent également en « Market Makers » sur le court terme.

Ceux-là profitent grandement des variations erratiques et parfois irrationnelles du cours tout en étant solidement positionnés pour profiter du potentiel fabuleux de l’action à Moyen et Long Terme.

Il s’agit d’une pratique classique, fortement rémunératrice chez les teneurs de marchés (pensez à ce que gagnent les banques d’investissement sur l’émission de warrants par exemple) et qui est vieille comme le monde de la finance.

En tant que petit ou moyen investisseur, comment réagir ?
On pourrait arguer comme certains, qu’il suffit de faire la même chose et faire une succession de trades court terme pour profiter des variations.
Mais cela n’en vaut la chandelle que si on a un capital important investi sur EUR, des commissions basses, des outils de trading sophistiqués et/ou une attention constante.

Pour la plupart d’entre nous cela n’en vaut pas la peine.

La meilleure tactique, dès lors que l’on est convaincu de la valeur « fondamentale » de la valeur, consiste à accumuler sur les plus bas.

La valeur fondamentale, quelle est elle ?

Tout d’abord il faut préciser que Euro Ressources N’EST PAS une société d’exploration aurifère et diamantifère comme continuent de le répéter tous les sites d’information boursière et d’analyse technique qui pondent des articles en reprenant l’ancien descriptif de la société et en se décrédibilisant du même coup.

Depuis Janvier 2005, EUR est une société de royalties aurifères qui possède deux actifs opérationnel : la royalty Rosebel (surtout) et la royalty Yaou, ainsi qu’un actif en devenir, la royalty Paul Isnard.

Une société de royalties est bien différente d’une société d’exploration.

Pour une « exploratrice », dans un cas sur dix la société découvre un gisement et le cours de l’action est multiplié par 10 ou 20, mais neuf fois sur dix la société la société finit à court de capitaux et les actionnaires sont ruinés. Acheter des actions d’une telle société revient quasiment à acheter un billet de loterie.

Rien de tel pour une société de royalties avec un portefeuille de mines opérationnelles.
Dans ce cas la hasard n’a pas cours. La valeur fondamentale de la société dépend essentiellement de trois éléments :
1.le cours de l’or
2. la valeur des mines du portefeuille de royalties
3. les conditions de financement de la société.

Comment Euro Ressources peut-elle être évaluée selon ces critères ?

C'est ce que j'aborderai dans la deuxième partie si cela vous intéresse
(c'était trop long en une seule fois)

à suivre...