mardi 30 septembre 2008

Dow Jones -777

Cette chute représente la plus grande baisse (en points) de l'histoire de la bourse américaine.

Cependant, en pourcentage (-7%), on est encore loin des records d'Octobre 1987 ou Octobre 1929.

Pour cela, il faudrait atteindre les -20%.

Je pense que l'on est pas encore arrivé à la phase de capitulation.
Pourtant la psychologie des marchés a atteint un paroxysme de pessimisme, qui est même arrivé jusqu'aux gros titres des journaux grands publics.

Pour toutes ces raisons, je pense que l'on peut très bien avoir un rebond technique à court terme, avant d'avoir une chute plus sérieuse au cours du mois d'Octobre.

C'est le scenario que je privilégierais.
J'ai couvert mes vades et je commence à analyser des actions à acheter à court terme.

Pour ce qui est des aurifères, je pense que l'on a encore rien vu en matière de hausse.

On est toujours dans un creux depuis l'été.
Un creux qui est probablement artificiel.

lundi 29 septembre 2008

Le Hold-up du siècle, par Michael Moore


« Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années.... Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. » Le cinéaste Michael Moore appelle ses concitoyens à agir contre le plan Paulson qu’il juge inacceptable.

Source : Common Dreams

Permettez-moi d’aller droit au but. Le plus grand holp-up de l’histoire de ce pays se déroule au moment même ou vous lisez ces lignes. Aucune arme à feu n’est utilisée, mais 300 millions de personnes ont été prises en otages. Ne nous méprenons pas : Après avoir dérobé 500 000 milliards de dollars qui ont été empochés depuis 5 ans par leurs soutiens les profiteurs de guerre, après avoir garni de plus d’une centaine de milliards de dollars les poches de leurs amis les pétroliers depuis deux ans, Bush et ses potes - qui doivent bientôt quitter la Maison Blanche - sont en train de piller le Trésor américain de chaque dollar qu’ils peuvent récupérer. Ils prennent dans le coffre autant qu’ils pourront en emporter en se dirigeant vers la sortie.

Peu importe ce qu’ils disent, peu importe les mots terrifiants qu’ils emploient. Ils recourent encore une fois à leurs vieux trucs consistant à créer la peur et la confusion afin de rester parmi les 1% les plus riche. Il suffit de lire les quatre premiers paragraphes de l’article de la une lundi dernier dans le New York Times, pour comprendre la réalité du contrat proposé :

« Au moment même où les responsables politiques travaillent sur les détails d’un plan de sauvetage du secteur financier de 700 milliards, Wall Street commence à chercher le moyen d’en tirer profit.

Les entreprises financières ont exercé un lobbying afin que toutes sortes d’investissements en détresse y soient inclus, en plus de ceux qui sont liés aux prêts hypothécaires.

Dans le même temps, les firmes de gestion d’investissement intriguaient pour que leur soient confiés les actifs que le Trésor prévoit de sortir du bilan des établissements financiers, un rôle qui pourrait leur faire gagner des centaines de millions de dollars par an.

Personne ne veut rester à l’écart de la proposition du Trésor pour acheter les actifs douteux des établissements financiers. »

Incroyable ! Wall Street et ses soutiens ont créé ce gâchis, et maintenant, ils prétendent faire le ménage en s’en mettant plein les poches. Même Rudy Giuliani fait pression pour que son entreprise soit retenue (et payée) pour « consulter » durant le sauvetage.

Le problème, c’est que personne ne sait vraiment ce que cet « effondrement » signifie. Le secrétaire au Trésor Paulson a admis lui-même qu’il ne connaît pas le montant exact nécessaire (il tout simplement sorti ce chiffre de 700 milliards de sa tête !). Le responsable du Congressional Budget Office a déclaré n’avoir pas trouvé de raison à ce montant et ne pouvoir l’expliquer à quiconque.

Pour autant, ils crient que la fin est proche ! Panique ! Récession ! La grande dépression ! Le bug de l’an 2000 ! La grippe aviaire ! Il faut voter le projet de loi sur le sauvetage aujourd’hui ! Le ciel nous tombe sur la tête ! Le ciel nous tombe sur la tête !

Il tombe pour qui ? RIEN dans ce plan de « sauvetage » ne fera baisser le prix de l’essence que vous mettez dans votre voiture pour aller travailler. RIEN dans ce projet de loi ne vous protégera contre la perte de votre maison. RIEN dans ce projet de loi ne vous donnera une assurance maladie.

L’assurance maladie ? Mike, pourquoi en parler ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’effondrement de Wall Street ?

Cela a tout à voir. Ce soi-disant « effondrement » a été déclenché par les défaillances massives et les saisies provoquées par les crédits hypothécaires. Savez-vous pourquoi tant d’Américains sont en train de perdre leurs maisons ? A en croire les Républicains, c’est parce que trop d’idiots de la classe ouvrière ont souscrit des prêts qu’ils ne pouvaient pas assumer. Voici la vérité : La raison numéro un pour laquelle les gens sont ruinés c’est à cause des dépense de santé. Permettez-moi de l’exprimer clairement : Si nous avions eu une assurance santé universelle, cette « crise » des crédits hypothécaires pourrait n’avoir jamais eu lieu.

Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années. C’est pour protéger l’élite des actionnaires qui possèdent et contrôlent l’entreprise Amérique. C’est pour s’assurer que leurs demeures, leurs yachts et leur « style de vie » ne soient pas remis en causes tandis que le reste de l’Amérique souffre et se bat pour payer ses factures. Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. Nous dépensons 400 millions de dollars par jour pour la guerre en Irak. Qu’ils mettre fin à la guerre immédiatement et nous fassent économiser 500 milliards de dollars supplémentaires !

Je dois arrêter d’écrire et vous devez arrêter de me lire. Ils organisent ce matin un « coup » dans notre pays. Ils espèrent que le Congrès agisse vite avant qu’il ne prenne le temps de réfléchir, avant que nous ayons une chance de les arrêter nous-mêmes. Alors, arrêtez de lire et faites quelque chose et faites le MAINTENANT !

vendredi 26 septembre 2008

Washington Mutual, plus grosse faillite bancaire des USA


Avec l'avalanche de mauvaises nouvelles provenant de Wall Street, on serait presque blasé d'apprendre une faillite supplémentaire.
Cependant il faut quand même remarquer que c'est "la plus grosse faillite bancaire des USA".

Dommage qu'ont ne puisse plus Shorter/Vader les banques (désolé c'est interdit)

Voici ce qu'écrit John Poirier (Reuters) :

Les autorités américaines ont prononcé jeudi soir la faillite de la caisse d'épargne Washington Mutual, la plus grosse jamais vécue par le secteur bancaire aux Etats-Unis, et ordonné le transfert de ses actifs au groupe JPMorgan Chase & Co pour 1,9 milliard de dollars.

L'insolvabilité de "WaMu", dernière conséquence dramatique en date de la crise du crédit, intervient alors même que les négociations sur le plan d'aide au secteur financier, d'un montant de 700 milliards de dollars ont échoué, jeudi à Washington.

La fin de l'indépendance de Washington Mutual, l'un des établissements les plus affectés par la crise de crédits hypothécaires à risques, a été prononcé par le Bureau fédéral de contrôle des caisses d'épargne (OTS) et la cession de ses actifs gérée par l'Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (FDIC).

Cette décision a été prise alors que les clients de WaMu avaient procédé depuis le 15 septembre à 16,7 milliards de dollars de retraits, a expliqué l'OTS. "Avec des liquidités insuffisantes pour faire face à ses obligations, WaMu se trouvait dans une situation dangereuse et malsaine pour poursuivre ses activités", a-t-il ajouté.

La FDIC assure de son côté que les clients ne subiront aucune conséquence et que l'activité de WaMu reprendra normalement dès vendredi.

Sa présidente, Sheila Bair, a expliqué que le cession avait été accélérée en raison des fuites dans la presse. La FDIC attend habituellement le vendredi soir pour prononcer la fermeture d'un établissement financier, afin d'éviter une ruée sur les guichets et de disposer d'un week-end pour tenter de trouver une solution.

PLUS DE 2.200 AGENCES ET 43.000 SALARIES

Les actifs de WaMu s'élèvent à environ 307 milliards de dollars et ses dépôts représentent 188 milliards, selon les autorités.

Son encours de crédits immobiliers avoisine 227 milliards de dollars, dont plus de la moitié concernent l'immobilier résidentiel, sous forme de prêts à taux variables et/ou "subprime".

La faillite la plus retentissante du secteur bancaire était jusqu'ici celle de Continental Illinois National Bank & trust, qui disposait de 40 milliards d'actifs au moment de sa liquidation, en 1984.

JPMorgan a précisé que la reprise de WaMu portait le nombre de ses agences à 5.410, réparties dans 23 Etats de la côte est à la côte ouest, et qu'elle faisait aussi de lui le numéro un des cartes de crédit.

Washington Mutual, qui comptait 2.239 agences fin juin, employait alors 43.198 personnes.

Avec 2.040 milliards de dollars d'actifs, JPMorgan devient le deuxième établissement américain après Citigroup. Bank of America BAC.N> deviendra numéro un lorsqu'elle aura achevé l'acquisition de Merrill Lynch & Co.

L'opération permet à Jamie Dimon, le directeur général de JPMorgan, d'atteindre l'un de ses principaux objectifs: faire de son groupe un poids lourd de la banque de détail dans l'Ouest du pays.

JPMorgan avait déjà repris en mars la banque d'investissement Bear Stearns, elle aussi en situation de faillite, avec l'aide financière de la Réserve fédérale.

Lors d'une téléconférence, Dimon a reconnu à propos de WaMu que "le risque est évidemment lié à la valeur des actifs". Mais il a ajouté: "C'est cela qui a créé l'opportunité".

JPMORGAN ACHÈTE DES PARTS DE MARCHÉ À PRIX CASSÉ

Pour Matt McCormick, gérant de portefeuille de Bahl & Gaynor Investment Counsel, "Jamie Dimon a visiblement senti qu'il avait l'occasion d'acquérir des parts de marché à prix cassé. Il est en train de devenir une machine à réaliser des acquisitions."

JPMorgan table pour l'instant sur 1,5 milliard de coûts avant impôt mais aussi sur des économies annuelles équivalentes, atteignables pour l'essentiel d'ici la fin 2010.

La reprise de WaMu devrait avoir un impact positif immédiat sur ses résultats.

Le groupe prévoit d'émettre pour huit milliards de dollars d'actions et de passer pour 31 milliards de charges de dépréciations d'actifs liées aux prêts repris.

La FDIC, elle, a souligné que l'opération Washington Mutual n'aurait aucun impact sur son fonds de garantie des dépôts, d'un montant d'environ 45,2 milliards de dollars.

Ironie du sort, Washington Mutual a vu son indépendance s'achever le jour même du 119e anniversaire de la création de sa maison mère.

Les statuts déposés le 25 septembre 1889 précisent que la société visait à "offrir à ses porteurs de parts un véhicule sain et rentable pour l'investissement et le prêt", rappelle son site internet. A l'époque, les résidents de Seattle reconstruisaient la ville après un important incendie.

WaMu avait limogé il y a moins de trois semaines son directeur général, Kerry Killinger, qui avait mené ces dernières années une stratégie de croissance et de développement, notamment dans les crédits "subprimes" et à risques.

Le groupe avait levé sept milliards de dollars en avril lors d'une augmentation de capital, dont 1,35 milliard apportés par le groupe de capital-investissement TPG .

Ces dernières semaines, Washington Mutual avait suscité l'intérêt de plusieurs repreneurs potentiels, parmi Citigroup et Wells-Fargo, le canadien Toronto-Dominion Bank, l'espagnol Santander et HSBC, ainsi que des capital-investisseurs, selon des sources proches du dossier.

Aux Etats-Unis, la vente de pièces d'or est suspendue


La précipitation des investisseurs pour l’achat d'or a forcé le gouvernement des USA a suspendre « temporairement » les ventes de la pièce de monnaie d’or américaine populaire d'une once de (Buffalo) après épuisement de ses stocks. La pénurie de pièces d'or est le dernier signe des investisseurs cherchant un asile sûr dans l’or apres les ennuis de Wall Street. Les prix de l'or cette semaine ont augmenté au-dessus de $900 par once, en hausse d' environ 20 pour cent avant lla faillite de Lehman Brothers. Les achats sont stimulés par la baisse du dollar et l’augmentation de l’inflation. Les cours élevés des matières premières ont également bénéficié aux achats d'or.
Une note de l’état americain dit que la demande a dépassé l'offre. En conséquence, l’etat « suspendait temporairement les ventes de ces pièces de monnaie d’or». « Nous travaillons diligemment pour refaire notre stock et espérons reprendre les ventes sous peu. L’etat USA a vendu 164.000 onces avec les pièces de monnaie américaines d’or d'une once de type Buffalo depuis janvier, presque 54 pour cent de plus que dans la même période de l'année dernière. La demande des autres pièces d'or americaine est également très forte. Au mois d’Août dernier, une pénurie de pièces d’or d'une once (type 'Eagle) a ete observee. Cette pénurie a ete dû « à une demande sans précédent ». Elle a également forcé l’état des USA à suspendre les ventes et ensuite limiter le nombre de piéces aux revendeurs. Les USA ont vendu depuis janvier 2008 environ 419.500 onces d’or sous forme de pièces de monnaie américaines de type Eagle, contre 198.500 onces d’or en 2007 (plus que le double) En 2006, les USA avaient vendu 261.000 onces. La pénurie de pièces d'or vient apres que les investisseurs aient achetes 1.054 tonnes d’or-papier (ETF), devenant les plus grands supporteurs de l'or après les réserves des USA et de l’Allemagne.

Source : Financial Times

jeudi 25 septembre 2008

"Les Etats-Unis vont perdre leur statut de super-puissance"


dixit le ministre des finances allemand, Peer Steinbrueck (ci-contre)

En effet, celui-ci s'en est pris aujourd'hui au modèle capitaliste anglo-saxon. Le ministre allemand des Finances l'a accusé d'être à l'origine de la crise financière. Usant d'un ton exceptionnellement acéré, Peer Steinbrück a estimé devant les parlementaires allemands que la crise financière laisserait des "marques profondes". Il a proposé huit mesures pour y remédier, dont une interdiction des ventes à découvert et des exigences de fonds propres plus strictes pour les banques. "Le monde ne sera jamais plus comme il fut avant la crise", a déclaré Peer Steinbrück, un social-démocrate, au Bundestag. "Les Etats-Unis perdront leur statut de superpuissance dans le système financier mondial. Le système financier mondial deviendra multipolaire".

Encore un qui va se faire traiter d'"anti-américain"
(cela m'est déjà arrivé, ces dernières années, lorsque je parlais de la fragilité du dollar, et des déficits structurels des Etats-Unis)

Les Français préfèrent mettre leur épargne à l'abri

Un extrait d'un article du Monde :

Effrayés par la crise financière, les épargnants français fuient les placements risqués. Selon la société EuroPerformance, l'encours des sicav investies en actions a fondu de 67 milliards d'euros depuis un an. Un quart de cette baisse s'expliquerait par des retraits, le reste par la chute de la valeur des actions.

Où se réfugie cette épargne ? "On observe un afflux massif vers les placements sans risque", répond Nicolas Fraïssé, directeur adjoint chargé de l'épargne pour la Caisse nationale des Caisses d'épargne.

Livret A. La Banque postale, le Crédit mutuel et les Caisses d'épargne, qui conservent jusqu'au 1er janvier 2009 l'exclusivité de la distribution du Livret A, bénéficient d'un regain d'intérêt pour ce produit totalement défiscalisé détenu par 47 millions de Français. Les flux sont d'autant plus spectaculaires que sa rémunération est passée de 3,5 % à 4 % depuis le 1er août, un niveau nettement supérieur à l'inflation (3,5 %). Il faut remonter à 1986 pour trouver un taux du Livret A supérieur à 3,5 %.

Sur les huit premiers mois de l'année, la collecte dans les Caisses d'épargne a été multipliée par trois par rapport à la même période de 2007. "Ce qui représente une collecte de 6 milliards d'euros", note M. Fraïssé. Même son de cloche à La Banque postale, qui évoque "un rythme supérieur à 50 000 nouvelles souscriptions par mois, pratiquement deux fois supérieur à celui de l'an dernier". Sans un plafond limité à 15 300 euros, il est probable que les montants collectés seraient encore supérieurs.

Dans le sillage du Livret A, les autres livrets réglementés connaissent également un regain d'intérêt. Surtout depuis que leurs taux ont été revus à la hausse. Le 1er août, celui du Livret de développement durable (LDD, ex-Codevi) est passé de 3,5 % à 4 %, celui du Livret d'épargne populaire (LEP) de 4 % à 4,50 %. Le Livret jeune, réservé aux 12-25 ans, bénéficie aussi de ce mouvement ; plusieurs banques affichent une rémunération nette de 5 %.

Sicav monétaires. Ex-star des années 1990, où elles ont rapporté jusqu'à 10 % par an, les sicav monétaires avaient perdu de leur attrait ces dernières années, victimes de la baisse tendancielle des taux d'intérêt. Mais, depuis deux ans, leur rendement a doublé. "Une bonne sicav de trésorerie régulière procure désormais entre 4,20 % et 4,40 % brut", précise Patrick Siméon, responsable de la gestion monétaire chez Crédit agricole Asset management. Un rendement supérieur à celui du Livret A, à condition de ne pas dépasser un montant de 25 000 euros de cession par an, seuil qui déclenche l'imposition sur les plus-values.

Entre août 2007 et août 2008, l'encours des sicav monétaires a augmenté de 15,5 milliards, pour atteindre 370,7 milliards d'euros. "Mobilisables à tout moment, elles constituent un placement d'attente idéal tant que dure la crise financière", estime Pascal Gilbert, responsable de la gestion obligataire chez La Française des placements. Une bonne partie de ces produits est souscrite dans le cadre de contrats d'assurance-vie. Si la collecte sur les contrats en unités de comptes - qui peuvent contenir des sicav investies en actions - connaît un brutal coup d'arrêt depuis un an, ce n'est pas le cas des contrats en euros, dont les encours continuent d'augmenter (+ 8 %).

Livrets bancaires, comptes à terme. Ce sont les principaux bénéficiaires de la crise. A la recherche d'argent frais pour renforcer leur bilan, les banques proposent des taux extrêmement attractifs. Chez BNP Paribas, 7 500 euros bloqués pendant trois mois rapportent 4,19 % brut. Le client qui accepte de bloquer son épargne sur six mois obtient 4,40 %. Encore mieux, LCL promet une rémunération brute de 8 % pour toute somme placée sur un compte sur livret entre le 1er octobre et le 31 décembre 2008, avec un plafond de 50 000 euros. Il s'agit de l'offre la plus généreuse du marché, devant celle de ING Direct, qui propose 6 % brut pour toute ouverture d'un compte Orange avant le 31 décembre jusqu'à 100 000 euros de dépôts.

Jérôme Porier

mardi 23 septembre 2008

Interdiction des Ventes à Découvert des banques

Je n'ai pas été tout à fait étonné par la décision de bannir les ventes à découvert (d'abord au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis et dans le reste du monde), mais cela reste néanmoins une décision hallucinante qui montre que les autorités n'ont toujours pas décidé de reconnaitre la réalité du problème.

On préfère encore et toujours blâmer des boucs-émissaires et protéger les vrais responsables de cette crise.

Tant que ce petit jeu continuera, il faut s'attendre à un bouillonnement continu sur les marchés et une absence de confiance.

On ne change pas les règles du jeu en cours de match.

Et surtout les ventes à découvert ont toujours fait partie du fonctionnement normal des marchés.

Mais ce sont maintenant les mêmes apologistes de la libre-entreprise qui sont les premiers à s'en prendre aux vendeurs à découvert qui ont été les seuls à identifier correctement la source des problèmes des banques : à savoir la spéculation immobilière jusqu'à des niveaux insensés.

lundi 22 septembre 2008

It's the dollar, stupid !

Edito

En 1992, Bill Clinton a gagné en large part son élection contre Georges Bush Père avec son fameux slogan : "It's the economy, stupid !"
Il voulait dire que malgré une victoire militaire dans la guerre du Golfe (la première), les électeurs n'en avaient rien à faire et souffraient économiquement. Et c'est donc en pensant à cela qu'ils voteraient.
Il a eu raison.

Aujourd'hui, ils se pourrait bien que les citoyens du monde entier qui ont subi bien souvent dû suivre les initiatives américaines sans avoir voix au chapitre, vont peut-être avoir leur mot à dire dans la prochaine élections, et leur slogan pourrait bien être : "It's the dollar stupid" alors qu'ils menaceront de fuir le billet vert. Ce n'est pas la crise boursière ou la guerre contre te terrorisme qui comptent, mais bien la position intenable du dollar comme monnaie étalon mondiale. Et les grands électeurs dans ce cas seront les japonais, les chinois et les pays du Golfe.

Après avoir recueilli moult informations et analyses durant le week-end, et après avoir "digéré" cette folle semaine, c'est la conclusion à laquelle j'arrive. Tout va se jouer maintenant sur le front du dollar, et cela se répercutera en dernier lieu sur son alter-égo, le métal jaune. Et dans cette phase, les créditeurs des Etats-Unis vont se manifester, spécialement dans cette période d'élection.

Oubliez les débats inflation vs déflation et les considérations "boursières", maintenant il s'agit d'un problème autant politique qu'économique.

Le feuilleton que l'on est en train de nous servir ces jours-ci dans les grands médias, c'est que Wall Street, qui est "la capitale financière du monde" comme le proclame CNBC tous les jours, a connu une très grave crise, à laquelle les autorités ont du remédier par un plan ambitieux, et tout ceci bien évidemment pour le bien de tous, non seulement américains, mais aussi tous les membres du "monde libre" comme le disent encore certains faucons US, ou en tout cas du système financier mondial.

Tout ceci est une fable, car derrière ce plan, c'est avant tout une nouvelle dévaluation du dollar qui se profile. Le plan provisoire (probablement 1000 milliards de dollar au total) pourrait bien représenter un doublement du déficit de la balance des paiements US. Car même si on nous dit que c'est le gouvernement US et donc le contribuable américain qui paiera la note, en réalité il n'en est rien. C'est bien plutôt les créanciers des Etats-Unis qui paieront la note, puisque ce pays est structurellement déficitaire. Le surplus de budget se transformera immédiatement en déficit supplémentaire car il est improbable (pour ne pas dire impossible) que le gouverement répercute cela par des taxes supplémentaires.

Mais ce qui est étonnant c'est que cet aspect de l'analyse est en grande partie escamoté par les analystes français ou européens. On en fait qu'un point parmi d'autre, et qu'une remarque en passant alors que c'est bien le noeud du problème actuel.
Il n'y a que des gauchistes pour proclamer (sans surprises) que cette crise est un désaveu cinglant du modèle économique anglo-saxon. Mais leur réaction est tellement prévisible et leur crédibilité tellement faible en matière économique que l'on fait peu de cas de leurs analyses.

Mais jetez un coup d'oeil à la courbe de la balance des paiements US, ou à la courbe de l'endettement public US (en valeur absolue et en % du PIB). Tout d'un coup, tout s'éclaire : c'est un gouffre sans fin et qui va se creuser encore davantage avec le plan Paulson.

Quand on songe que les "déclinologues" français (qui ont d'ailleurs grandement participé à l'élection de N.Sarkozy) nous serinent à longueur d'articles et de livres sur le déclin français...
Se sont ils seulement penché sur le "Déclin Américain" ?
Car il est manifeste, si l'on veut bien se pencher sur les chiffres.

Je le répète : le statut du dollar comme devise de référence est plus que jamais remis en cause.
Le "privilège exorbitant" comme l'appelait Charles de Gaulle, devient de plus en plus exorbitant, et il en est certains à Pékin, qui s'impatientent, au même moment où on multiplie les références constantes aux problèmes de sécurité sanitaire des produits chinois. (Bizarre comment cette affaire a fait le tour de tous les média à travers le monde...)

Va-t-on assister bientôt à des échanges d'invectives du genre :
"-Retournes chez toi avec ton lait frelaté !
- Et toi donc regarde-les, tes dollars pourris !"

jeudi 18 septembre 2008

La crise financière vue par Jon Stewart du Daily Show

Un peu de détente après une folle semaine...

Comment le business des CDS a dégénéré

Une très bonne explication de Daniel R Amerman (CFA)

Il explique très bien comment la compétition et aussi tout simplement l'appât du gain a introduit des risques non couverts dans le système financier moderne et en particulier coulé AIG.

Il donne en particulier un exemple qui prouve qu'en faisant des estimations "légèrement" plus optimistes sur l'émission d'un CDS, on peut doubler ses profits

De cette façon :

Ne manquez pas l'intégralité de cet article sur Financial Sense

On a enfin trouvé les Armes de Destructions Massives, ce sont les CDS


Les CDS (Credit Default Swap) : ce sont bien eux les responsables des déboires de AIG.
Les CDS, ce sont les produits dérivés de crédit que Warren Buffet avait surnommé les armes de destructions massives (financières).

En bref les CDS sont des contrats d'assurance contre les défaillances de paiement qui permettent, lorsqu'on les a acheté, de récolter des intérêts élevés sur des prêts à des emprunteurs "douteux", tout en éliminant (théoriquement) le risque.

AIG a émis une quantité énorme de CDS.

Le problème c'est que le risque n'est pas totalement couvert, parceque qu'il a été sous-évalué dans la course à la compétition et au profit (même phénomène "sociologique"que l'investissement dans le subprime). En fait les émetteurs voulaient toucher la prime et gagner sur la compétition, sans pour autant provisionner suffisament.

De toute façon, il y a un an, tout cela était inimaginable, n'est ce pas ?

En fait quand une souris voit un gros morceau de fromage appetissant devant soi, elle a tendance à ignorer le danger. Il semble que ce soit la même chose pour n'importe quelle institution financière.

Par ailleurs, pour revenir à AIG, cette société devait absolument être renflouée, car sinon les réactions en chaine, auraient été cataclysmique, étant donné la taille du marché des CDS (60 Mille Milliards de dollars, soit une somme supérieure à l'économie mondiale).

Voilà où on en était en ce mercredi 17 septembre au soir.

Et ça continue...
Prochaines victimes : Morgan Stanley et Goldman Sachs

mercredi 17 septembre 2008

Gold +10.80% Record historique de variation journalière

Une petite photo souvenir de cette journée historique du 17 septembre.
Ce qui s'est passé en coulisse doit être assez intéressant.
Je parierais sur un débouclage en catastrophe de positions short des positions des banques d'investissement en difficulté ou en faillite.

La Chine demande un nouvel ordre monétaire mondial

Suite au "tsunami financier" un journal proche de l'état demande un nouvel ordre monétaire non dépendant du dollar

Tout récent...(la nuit dernière)
A lire :


http://news.yahoo.com/s/nm/20080917/bs_nm/financial_china_usa_dc
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BEIJING (Reuters) - Threatened by a "financial tsunami," the world must consider building a financial order no longer dependent on the United States, a leading Chinese state newspaper said on Wednesday.

The commentary in the overseas edition of the People's Daily said the collapse of Lehman Brothers Holdings Inc (LEH.P) "may augur an even larger impending global 'financial tsunami'."

The People's Daily is the official newspaper of China's ruling Communist Party, and the overseas edition is a smaller circulation offshoot of the main paper.

Its pronouncements do not necessarily directly reflect leadership views, but this commentary by a professor at Shanghai's Tongji University suggested considerable official alarm at the strains buckling world financial markets.

China's central bank earlier this week cut its lending rate for the first time in six years, a move analysts said was aimed at bolstering the economy and the battered stock market.

"The eruption of the U.S. sub-prime crisis has exposed massive loopholes in the United States' financial oversight and supervision," writes the commentator, Shi Jianxun.

"The world urgently needs to create a diversified currency and financial system and fair and just financial order that is not dependent on the United States."

But Vice Premier Wang Qishan, on a visit to the United States, told U.S. trade officials in a meeting on Tuesday that China and the United States needed to maintain close economic ties with global markets going through such turbulence.

"The Chinese government is well aware of the fact that the United States, which is the world's largest developed country, and China, which is the world's largest developing country, should have constructive and cooperative economic and trade relations," he said.

China is a major buyer of U.S. Treasury bonds, and through its sovereign wealth fund it has taken stakes in two large U.S. financial institutions.

In July 2005, China revalued the yuan and freed it from a dollar peg to float within managed bands. But the yuan and China's trade remains tightly linked to the fortunes of the dollar.

The commentary suggested China must brace for grave economic fallout and look to alternatives, saying the crisis brings to mind the Great Depression of the 1930s.

"Lehman Brothers announced bankruptcy will not only have a domino effect on the global financial world, it will bring a shock to the world economy," the front-page comment stated.

Pourquoi la FED n'a pas baissé ses taux

Je viens de lire un excellent résumé de la situation macro-économique sur i-tulip.com.
Il argumente brillament pourquoi l'issue la plus probable est l'inflation plutôt que la déflation.

Je le reproduis ici en partie.

En résumé : il ne faut pas commettre l'erreur de penser que les Etats-Unis aujourd'hui sont dans une situation similaire à celle des années 30 ou à la situation du Japon dans les années 90. Durant ces périodes le pays était "créditeur net".

Aujourd'hui la situation est plutôt similaire à celle de la Russie en 1998, de l'Argentine en 2001-2002 et également de l'Allemagne dans les années 30.

Tous ces pays sont "débiteurs net".

Evidemment la différence d'importance entre ces pays et les Etats-Unis aujourd'hui est que le dollar est encore considéré comme une monnaie de réserve et une valeur refuge, mais cela peut changer, car il s'agit juste d'une perception et non d'un fait.

Voici l'article avec les graphiques :

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Why the Fed can’t lower rates

Wondering why the Lehman failure and yesterday’s 500 point DOW drop didn’t move the Fed? Short term, a cut won’t help. Long term, cuts shrink an already very short runway to zero bound hell.

The effective Fed Funds rate shot up from 2.1% on Friday to 6% yesterday against a Fed Funds target rate of 2%. That’s because the Lehman bankruptcy left lenders to Lehman on the hook for hundreds of billions in losses. Now banks are afraid to lend to each other. We haven’t see that kind of dis-function since the crash of 1987.

The Fed is thinking, Why use up ammo when the bond markets can’t do anything with it anyway?

More importantly, we explained to subscribers in Zero Bound Diaries: Is Bernanke Volcker's Mirror Image? Feb. 12, 2008 ($ubscription), that the Fed is going to stop targeting rates and start to target aggregates after they drop rates to 2%, as it turned out two months later in April 2008. We can’t see the rise in M3 because the government doesn’t report M3 anymore -- clever.

The reason they are targeting aggregates is that as deflationary forces intensify with debt defaults, tightening lending standards, and a shrinking pool of credit-worthy borrowers, rate targeting (the price of money) becomes less effective as a policy tool to manage inflation. Targeting money aggregates (the quantity of money) becomes a more effective tool.

It’s the flip side of the problem that the Fed had in the late 1970s when inflation was very high. The Fed switched to targeting quantity over price then, between 1979 to 1982, because money price targeting is ineffective at the extremes of high and low inflation.



Instead of cutting rates, the Fed pumped in more cash.
Fed pumps $70 billion into financial system to ease stresses as markets tumble
Sept. 16, 2008 (AP)

Urgently trying to keep cash flowing amid a Wall Street meltdown, the Federal Reserve on Tuesday pumped another $70 billion into the nation's financial system to help ease credit stresses.The Federal Reserve Bank of New York's action came in two operations in which $50 billion and then another regularly scheduled $20 billion were injected in temporary reserves

The name of the game is to maintain the money supply as needed to keep inflation above zero percent because for a net debtor very ugly things happen at the zero bound.

Not like this:


Net creditor at the zero bound: Japan 1990 - 2005
Currency strengthens, capital flows in, deflation dynamics set in

...or this:


Net creditor at the zero bound: US 1927 - 1937
Currency strengthens, capital flows in, deflation dynamics set in

Net creditors like the US in the 1930s and Japan in the 1990s became recipients of global flight capital in a global financial and economic crisis; the currencies of net creditors appreciate relative to their trade partners’ as a result. As a percentage of GNP, the US is now a major net debtor. It is therefor vulnerable to the effects of a reversal in capital flows.

Like this:

Net debtor at the zero bound: Argentina 1995 - 2008
Currency weakens, capital flees, inflation spikes

...and this:

Net debtor at the zero bound: Russia 1995 - 2000
Currency weakens, capital flees, inflation spikes

The US has many advantages over both of these net debtor cases:
  • US foreign debt is denominated in US currency so it does not need to sell dollars to repay debt in another currency
  • Most of the debt is long term so it does not need to be rolled over
  • Foreign governments not private institutions now hold the majority of US debt so the foreign trade in US debt is less volatile but on the other hand more political
  • The US has a long history of political stability and come-backs from economic crisis so investors tend to believe that the US will quickly recover it s economic footing
These factors will determine the result of the Ka-Poom disinflation-inflation process by degree but not the fundamental dynamic.

Expectations drive markets short term, reality drives them long term

Wait a minute, you say. Isn’t the dollar shooting up as money pours back into the US from emerging markets? Don’t forget the old adage, there’s nothing harder than emerging money from an emerging market during an emergency. Right?

The US recovered from 2004 and 2006 because of growth driven by the housing bubble and foreign lending. Did you know 70% of the US fiscal – not trade – deficit was financed by foreign lending in 2003? True fact. What does a government do if it can't borrow the money? Three options: cut spending, thereby increasing unemployment, raise taxes, thereby cutitng demand, or print money, thereby wrecking the purchasing power of money – including tax revenues. That's how hyperinflations happen – the more the government prints to pay fixed expenses the more it has to print to pay fixed expenses.

The US has been a safe haven for capital for decades. That changed with the terminal demise of the FIRE Economy starting in early 2007, but the global habit of thinking of the US the other way, as if it still were a safe haven, has not.

Don’t be fooled by this bounce in the dollar. As soon as market participants realize that it cannot be sustained, it's curtains for 35 years of the borrow-and-spend FIRE Economy.

Different this time for the US, same old same old for all net debtors in trouble throughout history

In this global contraction, will Japan, China, Russia, Brazil et al be able to continue to finance America’s twin fiscal and trade deficits? Not if they are in recession, too, because – and this is key – demand from the US for their exports are falling off a cliff because the housing bubble demand engine died, an engine that directly via credit expansion and indirectly via purchases of consumer goods to fill houses, justified the foreign lending in the first place.

Now unemployment is rising, credit and incomes are shrinking, and the future driver for the US economy in the wings that I am promoting – investment in transportation, energy, and communications infrastructure – has not yet gotten off the ground.

The US is now like any other net debtor in an economic crisis without a way to grow its way out of debt.

This time the US is in a position similar to Germany in 1930, Russia in the early 1990s or Argentina in the early 2000s, dependent on borrowing from countries that lost their ability to lend due to their own problems. Such countries become victims of global capital flight in a worldwide financial and economic crisis when a falling global economic tide lowers all ships.

I know it’s hard to get your head around as an American because you love your country but it’s time for you to start to think of the US as at risk of capital flight versus a safe haven.

How much faith do you have in the Fed?


As we mentioned in Future inflation fears topple TIPS, by reducing exposure to inflation-index bonds the US government is not preparing for deflation.

A once-in-a-century crash may occur if the Fed botches this and we get too close to the zero bound before the economy grows again. At this point in the race between the disinflationary impact of recession and debt deflation and the inflationary impact of moving all manner of worthless assets onto the Fed’s and Federal Government’s balance sheets, disinflation may be winning. At some point before the zero bound is reached, never mind the point of actual deflation (negative inflation rate such as -2%), if the US experience is like any other net debtor's in history a currency accident will occur as global financial markets realize that the US position as a safe haven relative to its trade partners has reversed. A rapid, self-reinforcing process of capital flight and dollar depreciation that we call “Poom” will begin.

The Fed knows this. It is doing everything it can to keep inflation above zero and maintain dry powder, and that means keeping the Fed Funds rate target over 2%.


Fed Funds effective rate spikes to 6% from 2.1% versus target rate of 2%
the day of the Lehman bankruptcy

La crise en images


La carte des institutions financières en faillite :



Voici le lien

La crise bancaire pourrait profiter à l'or

Aujourd'hui je vais citer un extrait de la dernière chonique de Bill Bonner.

Bill Bonner est un de mes chroniqueurs préférés.

Je crois que c'est avec lui et sa chronique du "Daily Reckoning" que j'ai commencé à l'intéresser à l'investissement or en 2005.

Il a un style très particulier qui mélange autant des remarques sur la vie courante et des considérations philosophiques que des conseils financiers.

Il rappelle ainsi fréquemment une règle d'or que tout investisseur (et même tout homme) devrait se répéter de temps en temps : " I don't know".

Lorsque l'on croit tout savoir, c'est là que survient le danger.

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La crise bancaire pourrait profiter à l'or
par Bill Bonner
Mercredi 17 Septembre 2008

** Nous avons abondance de choix ce matin, cher lecteur ; nous ne savons plus où donner de la tête. Par quoi commencer ? ...

* ... par la plus grande chute de Wall Street depuis le 11 septembre 2001 ?

* ... par la plus grande faillite de l'histoire de Wall Street -- Lehman s'est officiellement mis en faillite avec 613 milliards de dollars des dettes ?

* ... par notre vieil adage : "la force d'une correction est égale et opposée à la tromperie qui l'a précédée" ?

* ... par un regard sur l'ensemble du tableau... sur ce que signifie pour le capitalisme le fait que ses plus grandes entreprises fassent faillite ?

* ... par le passé ou avec l'avenir ? Faut-il regarder par-dessus notre épaule et examiner la manière dont une entreprise, qui a survécu à la Guerre de sécession, aux faillites ferroviaires, aux Paniques, à la Première guerre mondiale, à la Grande dépression, à la Deuxième guerre mondiale et à la Guerre froide n'a pas réussi à survivre au plus grand boom financier de l'histoire de la finance ? Ou faut-il regarder devant nous, pour voir ce qui arrivera après que l'un des plus grands acteurs du marché des dérivés de 400 000 milliards de dollars aura mordu la poussière ?

* Allons-nous prendre le chemin le plus élevé -- avec de nobles discours sur les périls de l'excès d'effet de levier ?

* Bof... non, nous allons prendre le chemin le plus bas :

* On vous l'avait bien dit !

* Oui, cher lecteur, nous regardons sombrer les maîtres de l'univers... avec une bonne dose d'amusement et même un peu de schadenfreude. Ils affirmaient être les gens plus intelligents de la planète -- et demandaient à être payés comme si c'était le cas. Ils disaient rendre un grand service au monde -- en "allouant les capitaux" si efficacement que nous en sortirions tous plus riches. Et bien entendu, personne ne deviendrait plus riche qu'eux. Mais qui pouvait se plaindre de leurs milliards de dollars de primes, alors que tout le monde s'enrichissait ?

* Il apparaît désormais qu'ils n'étaient pas si intelligents que ça, en fin de compte. Comme tous les bateleurs, ils n'étaient pas assez malins pour ignorer leurs propres mensonges. Ce sont eux qui ont reconditionné toute cette dette subprime -- des prêts hypothécaires sur de l'immobilier surévalué, accordés à des gens qui ne pouvaient pas rembourser l'argent ; ils savaient ce qu'il y avait derrière ces "actifs mystères". Ensuite, ils ont demandé aux larbins des agences de notation de leur attribuer la note A. Et puis ils les ont acheté eux-mêmes ! Qu'avaient-ils donc en tête ? Non seulement ça, mais ils ont en plus acheté en faisant jouer l'effet de levier -- de sorte que si les choses tournaient mal, leur société toute entière coulerait !

* Et à présent, les mères ne veulent plus que leurs enfants deviennent courtiers ou banquiers d'affaires quand ils seront grands. A présent, elles veulent qu'ils fassent avocats spécialisés en faillite ! Voilà où l'on peut faire fortune !

* Mais arrêtons de jubiler et essayons de comprendre ce qui se passe...

* Nous vivons une correction déflationniste. L'industrie financière a fait fortune en refilant de la dette ; à présent, elle encaisse des pertes gigantesques parce que son nantissement tourne au vinaigre, la valeur de ses actifs décline et son activité patauge.

* Merrill Lynch valait 86 milliards de dollars en janvier 2007. A présent, il se vend à Bank of America pour 50 milliards de dollars. Pourquoi cette vente ? Parce que Merrill a peur d'emprunter le même chemin que Lehman Bros. Cette dernière société valait 45 milliards de dollars en février 2007. A présent, elle ne vaut rien... ou presque rien.

* Pendant ce temps, on dit que Goldman Sachs est la meilleure firme de Wall Street. Mais elle souffre aussi. Elle est censée annoncer des revenus en baisse de 73% sur le troisième trimestre.

* C'était écrit depuis longtemps. Une fois que l'immobilier qui lui servait de nantissement a commencé à baisser en 2007, la bulle du secteur financier ne pouvait durer longtemps. Nous avons vu ce qui se préparait, et nous vous en avons rebattu les oreilles à maintes et maintes reprises.

* Mais contrairement à nos lecteurs, les investisseurs sont choqués ; ils ne se sont pas donné la peine de lire les gros titres. Ils ont vendu les actions et le dollar. L'euro a grimpé... et l'or aussi.

** En parlant d'or...

* Cette semaine, le journal Barron's a interrogé des sages de la finance.

* "Dans un désastre total", a déclaré Peter Bernstein, "lorsqu'il y a une ruée hors de la devise papier, le plus profitable, c'est l'or... si les choses tournent vraiment mal, l'or devrait valoir plusieurs milliers de dollars l'once".

* Cette semaines, quelques investisseurs au moins ont dû voir un désastre total leur arriver. Ils ont acheté de l'or.

Liste des victimes de la crise financière à ce jour

Acquisitions

Acquisition date Acquired company Acquirer Type of bank acquired ~Value (USD) References
02008-05-30 May 30, 2008 Bear Sterns JPMorgan Chase Investment $&0000002200000000.0000002,200,000,000 [1]
02008-07-01 July 1, 2008 Countrywide Financial Bank of America diversified financial services $&0000004000000000.0000004,000,000,000 [2]
02008-09-14 September 14, 2008 - Presumed Merrill Lynch Bank of America diversified financial services $&0000044000000000.00000044,000,000,000 [3]

Bankrupt, filed for bankruptcy protection, or closed and received by the FDIC

Date ↓ Company ↓ Deposits and/or branches taken by Type of bank bankrupt or closed ↓ References
02007-02-02 February 2, 2007 Metropolitan Savings Bank Allegheny Valley Bank
[4]
02007-09-28 September 28, 2007 NetBank ING Direct Retail and mortgage [5][6]
02007-10-04 October 4, 2007 Miami Valley Bank Citizens Banking Corp; FDIC
[7][8]
02008-01-25 January 25, 2008 Douglass National Bank FDIC
[9]
02008-03-07 March 7, 2008 Hume Bank Security Bank
[10]
02008-05-09 May 9, 2008 ANB Financial Pulaski Bank and Trust Company
[11]
02008-05-30 May 30, 2008 First Integrity Bank First International Bank and Trust; FDIC
[12]
02008-07-11 July 11, 2008 IndyMac Bank IndyMac Federal Bank
[13]
02008-07-25 July 25, 2008 First National Bank; First Heritage Bank Mutual of Omaha Bank
[14]
02008-08-01 August 1, 2008 First Priority Bank SunTrust Bank; FDIC
[15]
02008-09-15 September 15, 2008 Lehman Brothers (filed for bankruptcy protection) Investment [16]


source : Wikipedia

lundi 15 septembre 2008

OPA d'Iamgold sur Euro Ressources : Article 232-4 du réglement de l'AMF

Si vous ne souhaitez pas apporter à l'OPA d'Iamgold sur Euro Ressources mais êtes inquiet à propos des conséquences, voici le paragraphe le plus important du document présentant l'OPA et qui peut vous rassurer :

Paragraphe 2.7 Réouverture de l'offre
"Conformément à l' article 232- 4 du règlement général de l' AMF, si l' Offre connaît une suite positive, elle sera ré- ouverte pour une période d’ au moins dix jours de négociation. En cas de réouverture de l’ Offre, les termes seront identiques à ceux de l’ Offre. Dans cette hypothèse, l' AMF publiera le calendrier de réouverture de l' Offre."

Cela signifie que, au pire (si l'OPA réussit) vous aurez quand même la possibilité de céder vos titres à 1.20, même si vous n'avez pas apportez à l'OPA. l'article 232-4 est là pour vous protéger.


Par ailleurs voici un rappel du Calendrier indicatif (paragraphe 2.6):

17 septembre 2008 Ouverture de l' Offre
4 novembre 2008 Clôture de l' Offre
10 novembre 2008 Publication de l' avis de résultat provisoire de l' Offre
17 novembre 2008 Publication de l' avis de résultat définitif de l' Offre
20 novembre 2008 Règlement- livraison de l' Offre avec Euronext
1er décembre 2008 Réouverture de l' Offre en cas de succès de l' Offre

En conclusion : vous ne prenez aucun risque en ne participant PAS à l'OPA.

Par contre si vous participez, je pense humblement que vous irez à l'encontre de l'intérêt de l'ensemble des actionnaires (y compris les votres), car Euro Ressources vaut d'ores et déjà plus que 1.20

Mon conseil : n'apportez surtout pas vos titres à l'OPA : ne vous laissez pas intimider, il n'y a aucun risque à les envoyer paître, grâce à cet article 232-4 de l'AMF.

EUR/YEN en chute libre depuis 1 mois

Une bonne partie de la crise actuelle est résumée dans ce taux de change.

Pendant des années le "Yen carry trade" a été la pompe à liquidité de la finance internationale.
Cette tendance est clairement en train de s'inverser.

Résumons-nous : les victimes du week-end

1. Lehman Brothers fait banqueroute parcequ'aucun des acquéreurs potentiels n'a voulu y toucher de près ou de loin
2. Merrill Lynch est forcé de trouver un acheteur, et Bank of America se dévoue à la demande de la FED
3. AIG est en extrême difficulté.


Tout cela en un week-end et seulement une semaine après la nationalisation de Fannie et Freddie.


Dans le même temps, le gouvernement US montre ostensiblement, qu'il n'a pas utilisé de fonds publics pour renflouer ces institutions.

En faisant cela, il essaie de contrebalancer le message qui a été envoyé la semaine dernière.

Les marchés bien évidemment réagissent mal car ils ont été lâché dans le vide.

Mais ne nous trompons pas, le Trésor et la FED contrôlent toujours le jeu. ils veulent juste varier leur politique pour entretenir la confusion.

Même si ils n'interviennent pas en finançant un rachat , ils interviennent d'une autre façon : injecter des liquidités, en cas de panique inter-bancaire (cf l'annonce de la BCE)

Mais ce sont juste deux méthodes différentes pour un même résultat final : dévaluation du dollar, et des monnaies papier en général.

Quand la poussière sera retombée, j'ai l'impression que l'on aura un retour en flêche de l'inflation.

Encore une fois : la baisse des matières premières est un faux signal.
La volatilité est beaucoup trop forte pour fournir un indice valable de la direction qui sera prise à moyen terme.

samedi 13 septembre 2008

Excellent article de Barry Ritholtz dans Forbes


Voici le lien.

Dans cet article, il pointe le doigt sur les responsables politiques de la crise actuelle et en premier lieu Alan Greenspan, et tous les fondamentalistes du libéralisme qui ont détruit toute vélléité de régulation.

Voici un extrait :

The current headache begins and ends with ideology, namely that of former Fed Chairman Alan Greenspan--an acolyte of Ayn Rand, a free-market absolutist, a true believer in the evils of regulation. Many of the present headaches point directly back to the decisions made by the Greenspan Fed. Sure, there is plenty of other blame to go around: an unengaged president, a clueless Congress, a hapless FDIC, a compromised OFHEO, and Phil Gramm--but the biggest and most accusatory finger points directly at Easy Al.

A brief bit of history puts this into some context: In the 1960s and '70s, the U.S. had developed a serious regulation problem. Oversight by the government had become excessively time-consuming to comply with, terribly complex and quite costly. When Ronald Reagan became president in 1981, he started a process of eliminating red tape and excess regulation. For the most part, this was a good thing. It made the cost of doing business cheaper and allowed new start-ups to flourish and businesses to grow.

But there are some rules and regulations that serve a valid purpose. These went out along with onerous costly ones. It only took a few generations--or about 75 years--to forget the lessons of the Great Depression. The Glass-Steagall Act was repealed, allowing brokerage firms and banks to once again merge. Free-market deregulation became a misguided rallying cry of ivory-tower neo-con ideologues.

The U.S. had moved from a state of excess regulation to one of excess de-regulation.

Bear Stearns, Fannie et Freddie, Lehman, ETC... ETC...


Edito

Il semble que le marché soit en train de s'habituer aux interventions massives du gouvernement fédéral pour renflouer les organismes financiers. Cela veut dire que ce qui aurait été considéré comme une situation catastrophique il y a un an est maintenant considéré comme normal.

En tout cas c'est ce que l'on voudrait nous faire croire lorsque l'on lit les articles des média grand-public et généralistes.


Par exemple, un article d'hier dans "Marketwatch" considère que Lehman brothers n'est pas comparable à Bear Stearns et ne sera pas racheté pour une bouchée de pain. Traduction : "tout ne va pas si mal, Bear Stearns est un cas particulier, et ne croyez pas que toutes les banques d'investissement vont suivre le même chemin".

Pourtant c'est bien la tendance que l'on peut observer si l'on prend suffisament de distance. Toutes les grosses banques semblent menacées, une par une, et nous savons bien pourquoi : elles sont toutes exposées avec un fort effet de levier au marché de l'immobilier, qui n'est pas encore prêt de finir sa chute.

D'ailleurs je viens de lire un article de Reggie Middleton de Boombustblog qui pointe déjà le doigt sur les prochaines "stars" de la saga de l'implosion bancaire : Morgan Stanley et Merrill Lynch.

Une autre remarque : ce qui est intéressant, c'est à quel point les "insiders" de Wall Street cherchent à tout prix à impliquer le département du Trésor dans tout sauvetage, en invoquant la gravité de la situation, tout en prétendant par ailleurs que tout va mieux une fois que l'intervention a été effectuée.

Non, tout ne va pas mieux messieurs les banquiers car il s'agit tout simplement d'une fraude de grande ampleur, payée à la fois par les citoyens américains, mais aussi, indirectement, par tous épargnants du monde entier, puisque nous sommes tous embarqués dans le système US.

Les banquiers d'affaires ont atteint une telle influence qu'ils sont capables de prendre le monde entier en otage. Le message est : "soit vous nous renflouez, soit vous serez tous ramenés à l'age de pierre".

Pour eux l' "age de pierre" c'est la fameuse "crise systémique" qui est brandie comme la fin du monde tel que nous le connaissons, et qui impliquerait une faillite en chaine des banques et une fuite des capitaux en dehors du système bancaire et vers les actifs tangibles et surtout (horreur !) vers l'or.

Pour l'instant les banquiers ont réussi à éviter cette échéance, mais pour combien de temps ?

Les banquiers n'ont pas été punis pour leurs turpitudes, quoiqu'en disent les grands média.
Nous avons assisté depuis plusieurs années à un système qui consiste à privatiser les profits et socialiser les pertes. Cela constitue un véritable scandale, qui ne restera pas indéfiniment sans conséquence.

Epargnants, protégez vous, et n'écoutez pas trop vos dirigeants.

jeudi 11 septembre 2008

Euro Ressources poursuit l'étude de la réponse à l'OPA d'Iamgold


Voici le communiqué et mon commentaire à la suite :

Euro Ressources a annoncé avoir finalisé l'accord relatif au remboursement anticipé du hedge sur l'or pour le premier trimestre 2009, dont le paiement interviendra à la fin du mois d'octobre 2008. Le solde de la position du hedge sur l'or qui s'élève à 17.100 onces, se compose de trois tranches trimestrielles égales au titre des deuxième, troisième et quatrième trimestres de 2009.

James H. Dunnett, Directeur-Général d'EURO, déclare : "EURO peut désormais bénéficier de trois trimestres consécutifs de cash flow sans hedge. La juste valeur négative de nos contrats de hedge qui s'élevait à 10,86 M$ au 30 juin 2008 a été intégralement comptabilisée : une plus-value d'environ 2,5 M$ ressortirait aujourd'hui si le hedge était comptabilisé au cours actuel du prix de l'or d'environ 800$/once, en ce compris la plus-value résultant du règlement anticipé du hedge".

Après le paiement par Iamgold en juillet 2008 d'environ 4,3 M$ au titre de la redevance du deuxième trimestre, Euro continue de disposer "d'une trésorerie importante", avec plus d'1 M$ disponible. Préalablement à la récente annonce de l'offre publique d'Iamgold, il était estimé que la trésorerie disponible courant octobre, après prise en compte du remboursement à échéance de la dette en principal de 600.000$ et le paiement du remboursement anticipé du hedge au titre du premier trimestre 2009, s'accroîtrait jusqu'à plus de 2 M$.

Monsieur Dunnett ajoute : "Avant l'annonce de l'offre publique initiée par Iamgold, la direction avait prévu d'utiliser ces liquidités en octobre afin de rembourser par anticipation la dernière tranche de la dette Macquarie Bank, qui s'élève à 666.667$, permettant ainsi à la Société d'opérer libre de toutes restrictions liées au prêt. Bien que Macquarie Bank ait soutenu la politique déclarée d'EURO de rechercher de nouvelles acquisitions, le fait d'être libre de toute dette financière serait une vraie réussite".

La Société a récemment cherché à réduire sa position de hedge sur l'or dans le contexte d'un marché de l'or en hausse, cependant, la récente baisse du prix de l'or "a substantiellement accru la possibilité et l'attractivité d'acquisitions potentielles". La direction considère qu'EURO, libre de toute engagement lié à sa dette, serait plus à même d'envisager ces opportunités.

Monsieur Dunnett a poursuivi : "Après près de 4 ans d'efforts pour effacer la dette et le hedge sur l'or souscrits dans le cadre de l'acquisition de Rosebel, EURO est sur le point d'atteindre cet objectif. Avant l'annonce de l'offre publique d'Iamgold, et en l'absence de tout remboursement anticipé du solde du hedge sur l'or, il était prévu que la situation de trésorerie d'EURO atteindrait 8 - 10 M$ en avril 2009, après prise en compte de l'encaissement de la redevance Rosebel au titre du premier trimestre 2009, sur la base du cours actuel du prix de l'or".

"Les liquidités d'EURO devraient encore augmenter si la production de Rosebel devait atteindre des niveaux plus importants tel qu'estimé désormais par certains analystes. Par ailleurs, l'audience dans la procédure d'arbitrage concernant les sommes unilatéralement retenues par Iamgold sur la redevance Rosebel due à EURO est prévue pour le 9 octobre 2008. La direction d'EURO reste persuadée que l'arbitre se prononcera en faveur d'EURO et que le paiement par Iamgold des sommes retenues, qui s'élèvent à près d'1 M$, viendront accroître les liquidités d'EURO".

Le solde du hedge sur l'or pour 2009, soit 17.100 onces, représente environ 60% de la part de la production annuelle récemment estimée sur laquelle est calculée la redevance Rosebel (soit 40% sur une base annuelle sans hedge). Sur la base d'une production plus élevée pour 2009, telle qu'envisagée par certains analystes, le hedge pourrait représenter moins de 50% de la production annuelle attribuable à la redevance, laissant plus de 50% du revenu de la redevance au titre de 2009 sans hedge.

La direction poursuit l'étude de la réponse appropriée à l'offre d'Iamgold et continue à envisager d'autres solutions. Il est recommandé aux actionnaires "d'attendre la position formelle du Conseil d'administration avant de prendre toute décision", ajoute EURO concernant la proposition d'Iamgold.


Un petit commentaire sur le communiqué :
Une acquisition serait probablement l'option à explorer en priorité, car cela mettrait clairement des batons dans les roues d'Iamgold.

Iamgold s'intéresse uniquemement à Rosebel, donc toute acquisition de EUR rendra l'OPA moins intéressante.

Donc il est malin de ne pas déhedger davantage pour l'instant et d'utiliser le cash pour cette acquisition, et même un crédit supplémentaire.

Il me parait clair d'après toutes ces infos que nous sommes dans une véritable confrontation avec Iamgold.

Songez quand même que cette boite espère tout simplement racheter une société avec laquelle elle est en litige depuis plus presque un an.
C'est plutôt brutal comme méthode de résolution de conflit, non ?

La remarque de James Dunnett concernant l'arbitrage semble assez encourageante sachant que la décision devrait intervenir début octobre.

Quant à moi, je me suis encore renseigné sur les aspects juridiques de l'OPAS, et il n'y a aucun risque à NE PAS apporter à l'OPA, quoiqu'il arrive

Au pire (si l'OPA réussit et Iamgold détient 50%+1) on pourra apporter ses titres plus tard dans une autre offre qui suivra et au même cours, car Iamgold voudra forcément acquérir le reste de EUR et des royalties.

Mais il n'est pas sûr, qu'on en arrive jusque là.

De toute façon, tout cela ressemble à des méthodes de Gros Bras mal dégrossi qui tente le tout pour le tout en forçant les événements. Mais cela n'est pas garanti de marcher avec les actionnaires de EUR qui sont (il me semble) un groupe du genre... "obstiné"

Depuis la déconvenue sur son projet en Guyane, Iamgold aurait dû apprendre que l'aggressivité ne paie pas toujours.

mardi 9 septembre 2008

Le dollar, dans une santé éclatante ?


Il semble que les cours actuels du dollar (depuis quelques semaines) semblent totalement déconnectés de la réalité économique, puisque le dollar continue son rebond malgré le sauvetage in extremis de Fannie Mae et Freddy Mac, qui aura un impact très lourd sur les déficits US.

Mais il y a aussi tous les signes qui proviennent du monde entier.
Voici le dernier en date :

Les présidents du Brésil, Lula da Silva, et de l'Argentine, Cristina Kirchner, ont signé lundi à Brasilia un accord en vertu duquel les deux pays pourront réaliser leurs transactions commerciales conjointes en devise nationale et non plus le dollar.

Voilà qui ne devrait pas arranger la santé du billet vert ... alors que l'Argentine et le Brésil concentrent 80% du commerce du Mercosur (Southern Common Market).

"Nous faisons un premier pas vers une future intégration monétaire régionale. Nous en verrons rapidement les premiers résultats avec la chute des coûts", s'est félicité le président Lula.

Mme Kirchner a souligné quant à elle que cet accord qui permettra aux exportateurs et aux importateurs des deux pays de faire les transactions en peso argentin et en real brésilien "n'était pas seulement économique mais était une question fondamentalement culturelle" pour le rapprochement des deux nations.

Selon le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Taina, l'accord monétaire entrera en vigueur a partir du 3 octobre.

Dans un communiqué, la Banque centrale du Brésil souligne quant à elle que cet accord signifie "l'élimination d'une tierce monnaie dans les transactions directes entre les entreprises" des deux pays. De plus, les entreprises intéressées n'auront plus besoin d'autorisation pour opérer sur le marché des changes.

L'idée n'est pas nouvelle : en septembre 2006 déjà, les ministres de l'Economie des pays de ce bloc économique s'étaient réunis à Rio de Janeiro pour discuter notamment de la possibilité de remplacer le dollar par les monnaies locales dans leurs transactions commerciales.

Les ministres des Finances ou de l'Economie des cinq membres permanents du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) avaient assisté aux débats ainsi que le ministre de la Bolivie et un représentant du Pérou, deux pays membres associés du bloc régional.

En 2007, les échanges commerciaux entre les deux principaux pays sud-américains se sont élevés à quelque 25 milliards de dollars et devraient atteindre 30 milliards cette année.

Source : AFP

vendredi 5 septembre 2008

Saisonnalité, vous avez dit saisonnalité ?


Bon, on est maintenant bel et bien en Septembre, tout le monde est rentré de vacances, je vais donc reprendre un rythme un peu plus intensif de publication d'articles.

Euro Ressources, SA nous a montré la voie depuis une semaine en faisant l'objet d'une OPA surprise d'Iamgold, et je surveille bien évidemment ce dossier de très près, puisque j'ai gardé l'intégralité de ma position depuis de longs mois, et je ne suis pas près de les lâcher à un vil prix.
Cela dit, je continue aussi à m'intéresser à d'autres aurifères et également à jouer la baisse des indices action (avec modération).

Un petit résumé de l'été (assorti d'un méa culpa) :

Je parle depuis un certain temps du ratio Gold/Oil, et cet indicateur a commencé à clignoter furieusement dès le mois de Juin.

Cela dit j'ai péché par impatience (l'impatience est toujours la pire conseillère en bourse), et j'ai interprété trop tôt ces signaux. J'aurais dû davantage me concentrer sur la saisonnalité qui est un indicateur plus simple et plus facile à interpréter, et qui aurait indiqué d'attendre la fin Août.

Je continue de penser que le Gold/Oil ratio est un signe puissant sur le long terme, mais il ne permet pas de faire du "market-timing" à court terme sur le Gold uniquement, ou alors il faut combiner une position Short sur le pétrole et Long sur l'or. Combinaison gagnante depuis Juin.

Comme beaucoup de Gold bugs, j'ai donc interprété la hausse jusqu'au 15 Juillet comme le véritable départ de la nouvelle vague de hausse, alors qu'il ne s'agissait d'un simple faux départ, dont le contrecoup a été très violent et a dû en décourager plus d'un, surtout sur les actions aurifères.

Par chance (ou prévoyance), j'étais relativement peu positionné sur les valeurs aurifères à ce moment là, mis à part sur Euro Ressources, qui a relativement peu bougé.

Or si l'on suivait strictement la saisonnalité de l'or, il suffirait tout simplement d'oublier les mois d'été, pour ne se positionner qu'en Septembre. (Voir ici pour un rappel de la saisonnalité)

Et nous y voilà justement.

Au niveau fondamental, et au niveau du sentiment de marché, tout plaide en effet pour une nouvelle phase de hausse.

Les dépréciation d'actifs ne sont pas finies, et on se rapproche d'une nouvelle phase de prise de conscience du marché (en résumé : un nouvel état de panique) qui entrainera fatalement une nouvelle intervention de Bernanke et surtout une opération de Paulson et son proverbial "bazooka" (probablement du coté des agences Fannie et Freddy)

Biensûr on entend déjà beaucoup parler de déflation, sous prétexte que tout baisse, non seulement les actions mais aussi les obligations, l'immobilier et même les matières premières.

La différence entre ces classes d'actifs est que les unes n'ont toujours pas touché le fond, alors que les matières premières sont toujours dans une configuration de "correction" à l'intérieur d'une tendance haussière.

Tout cela à mon humble avis plaide toujours pour un scenario de type "stagflation" plutôt qu'un scenario de déflation.

Cependant, comme lors des phases de panique précédent (Juillet-Août 2007, puis Janvier 2008 et Mars 2008) il manque une véritable phase de capitulation pour que le Trésor et la FED sorte l'artillerie lourde, qui sera inévitablement fortement inflationniste, et alimentera une nouvelle phase de hausse des métaux précieux et du pétrole.

Le début de la capitulation est sans doute en train de se passer actuellement, alors que le CAC 40, est sur le point de finir sur une baisse de plus de 6%.

Et cette petite "prévision" pour les jours et les semaines qui viennent n'a rien d'étonnant, lorsque l'on sait que le mois de Septembre est le pire de tous les mois pour les indices boursiers.

Encore une fois une question de saisonnalité...


PS : si vous voulez en savoir plus sur la terrible réputation de Septembre, voyez cet article de Prieur du Plessis

mercredi 3 septembre 2008

CAC 40 : Prochain stop : la zone des 3800




Cette analyse a été publiée le 03/09/2008 à 12:16
Cours de référence : 4 476.84 EUR


On a encore rien vu...

Ne vous laissez pas avoir par le calme apparent.

Les prochaines mauvaises nouvelles vont faire mal.

Tout le reste est dans le graphique.



PS : j'encourage à accumuler sur Euro Ressources SA (EUR) depuis des mois. Cela est maintenant payant et cela ne fait que commencer.

mardi 2 septembre 2008

OPA d'Iamgold sur Euro Ressources : Mon opinion, à froid (2ème épisode)

L'enjeu de la dispute : la mine Rosebel
Passée la surprise et l'éventuelle perspective frustrante d'une disparition anticipée d'Euro Ressources, voilà quelles sont mes réflexions :

1 - Iamgold n'a accumulé QUE 5% (juste en dessous) du capital en plusieurs mois, et cela devenait de plus en plus difficile étant donné le tarrissement du volume des transactions, et ce malgré un contexte du cours de l'or plutôt négatif, et particulièrement ces dernières semaines.
2 - par ailleurs, depuis l'annonce de l'OPA, le volume a été relativement limité par rapport à ce que l'on aurait pu attendre

J'en conclus qu'il a été difficile auparavant et il continue d'être difficile pour Iamgold d'obtenir des actions Euro Ressources.
Pour quelle raison ?
Tou simplement parcequ'il y a peu de vendeurs.
Pour beaucoup Euro Ressources est une valeur de fond de portefeuille achetée et mise en PEA, quelque doit le PRU des particuliers qui l'ont acheté. En dépit de l'activité des Day Traders, l'énorme majorité des actionaires sont des actionnaires de Long Terme qui d'ailleurs ne détiennent sans doute pas beaucoup d'actions mais comptent les garder bien au chaud dans leur PEA.
Il s'agit tout comme l'or , d'un investissement "protection".

Il sera extrêmement difficile pour Iamgold d'avoir une majorité du capital et je pense que cette OPA est un coup de poker.
Iamgold s'est aperçu qu'il était impossible d'acheter suffisament de titres sur le marché sans provoquer une envolée du titre, du fait de l'abence de vendeurs. Par ailleurs, si ils s'étaient contenté d'annoncer leur franchissement du seuil des 5% (comme il est obligatoire de le faire), ils auraient également provoqué une envolée du titre.

Il ne restait donc plus qu'à annoncer une OPA, en profitant d'une période creuse pour l'Or, et en espérant profiter de l'inactivité du management.

Voilà où nous en sommes : si le coup de bluff réussit, éventuellement grâce à un relèvement de l'offre, Iamgold aura réussi un coup de maitre malgré des conditions extrêmement défavorables : actionnariat éparpillé avec de nombreux titres "en sommeil" dans un PEA.
Si cela échoue, tant pis se diront-ils, on aura au moins essayé, et cela ne coûte rien d'essayer.
Car il ne faut pas oublier que l'offre disparait si Iamgold ne dispose pas d'au moins 50% + 1 action du capital.

Que doit-on en conclure, en tant qu'actionnaire ?

Il est à peu près évident qu'il y aura une surenchère, étant donné que tout le monde s'accorde à estimer l'offre trop faible, et que Iamgold espèrera ainsi infliger "le coup de grâce", qui d'ailleurs peut tout aussi bien être un coup d'épée dans l'eau, ne l'oublions pas.

Car la deuxième chose importante, dans mon esprit, je le répète, est qu'il est loin d'être évident que l'OPA va se faire effectivement. Toute l'opération pourrait bien ne rester qu'un coup de bluff.

Pour l'instant, le cours actuel ne donne aucun indice sur la suite, mis à part ce que je viens d'observer : il est très difficile pour Iamgold d'acquérir des titres EUR.

Le cours peut bien baisser, dans le scenario d'un abandon de l'OPA, mais les opportunistes en profiteront pour acheter.
Car quelque soit l'issue de l'OPA (réussie ou pas), je serais prêt à parier que le cours sera au dessus de 1.20 d'ici quelques semaines.

Même si l'OPA échoue, elle aura mis en lumière Euro Ressources, qui pourra profiter à plein de l'amélioration de ses fondamentaux dans les mois qui viennent.

Il faudra aussi suivre attentivement un rebond du cours de l'or. (Je reste haussier sur le long terme jusqu'à preuve du contraire malgré la baisse récente).
Si celui-ci se produit en même temps qu'une annonce d'un dernier ou avant-dernier dehedging de Euro Ressources, ce sera tout bon pour la société.

Certes, tout n'est pas encore gagné, mais tout cela risque d'être très positif pour les actionnaires.

Un dernier point : je ne souscris pas aux critiques voire aux soupçons qui ont pu être portés sur le management d'Euro Ressources et à James Dunnett en particulier.
Certes, en tant qu'actionnaire, il faut être toujours extrêmement prudent, voire méfiant envers le management d'une société. Mais en l'occurrence je pense que James Dunnette a sans doute agi au mieux et dans l'intérêt des actionnaires.
On peut toujours penser qu'il a laissé le cours trop sous-évalué, et ainsi favoriser une OPA, mais il ne faut pas oublier que le secteur aurifère tout entier a été très malmené ces derniers mois, et Euro Ressources a relativement bien résisté.
Je pense que la stratégie de de-hedging régulier et donc prudent est la bonne, et on ne peut blâmer la direction de n'avoir poursuivi des projets d'acquisition voire de fusion, qui auraient pû être inconsidéré et dangereux pour les actionnaires.

Sans vouloir jouer les groupies, j'ai plutôt confiance en la direction et j'espère qu'elle trouvera la meilleure défense face à cette OPA, dont le prix est très loin de ce que l'on peut espérer à moyen terme pour Euro Ressources.

Ce n'est vraiment pas le moment d'abandonner.

Alex