mardi 23 février 2010

Laissons l'immobilier s'effondrer


Une opinion à laquelle je souscris totalement :


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EMMANUEL THIBAULT EST PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ DE PERPIGNAN ET CHERCHEUR À L’ECOLE D’ÉCONOMIE DE TOULOUSE (TOULOUSE SCHOOL OF ECONOMICS).

C’est en 1850 que le député Martin Nadaud, ancien ouvrier maçon, lance son célèbre « Quand le bâtiment va, tout va ». En 2008, au plus fort de la crise, le marché de l’immobilier français, contrairement aux marchés financiers, a remarquablement bien résisté : baisse de 3,4 % des prix pour les appartements et de 4,9 % pour les maisons. En 2009, ces prix enregistrent même des variations relativement modérées – hausse de 1,32 % du prix des appartements et baisse de 2,46 % pour les maisons -qui incitent à penser que leurs hausses devraient se poursuivre dans les mois à venir. Puisque le bâtiment va, tout va ?

Malheureusement non, puisque le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre révèle que dans notre pays 10 millions de personnes sont touchées par une crise du logement. Ce rapport analyse comment « l’enfant devient une victime collatérale du mal-logement, comment la situation difficile de nombreuses familles impacte lourdement le quotidien et l’avenir des plus petits en provoquant des souffrances sociales (difficultés scolaires, difficultés d’insertion…) ou des pathologies médicales parfois irréver-sibles (saturnisme, problèmes de développement…) ».

Alors que faire ?

Depuis plus de quarante ans, la France a opté pour des aides à la personne permettant de cibler les populations pour qui le logement représente une charge financière trop importante. Ainsi, les aides person-nelles (APL, ALF et ALS) sont devenues un instrument incontournable qui représente plus de 70 % de l’ensemble des aides publiques versées pour le logement.

Mais, ne nous y trompons pas, ce choix n’avantage en rien les locataires. En effet, la courbe d’offre de logements dans notre pays tend à être inélastique, c’est-à-dire que l’offre à court terme est stable ou varie peu. Ainsi, ce type d’aide n’est qu’une subvention déguisée faite aux propriétaires puisqu’il n’entraîne qu’une hausse de la demande qui conduit à une hausse des prix. Les conclusions de l’étude conduite par l’économiste Gabrielle Fack sont éloquentes : sur la période 1973-2002, entre 50 % et 80 % des allocations logement perçues par les ménages auraient été absorbées par les augmentations de loyer et donc captées par les bailleurs ; sans agrandir le parc locatif.

Agrandir ce parc est aussi l’objectif de l’amendement Scellier, introduit dans la loi de Finances rectificative de 2008 et censé remplacer à terme les lois Robien. Il permet une réduction d’impôt équivalente à 25 % du montant du prix du bien immobilier, sous réserve d’un engagement de location de neuf ans. Grâce à lui, les investisseurs peuvent donc acquérir un logement à un prix implicitement 25 % moins cher que celui proposé à un primo-accédant ! Est-ce vraiment convenable ?

La crise du logement est maintenant telle qu’il faut avoir le courage de mettre un terme aux aides personnelles et autres dispositifs législatifs qui confèrent au logement une sensationnelle valeur de refuge destinée aux investisseurs. Peuvent-ils en effet rêver mieux que d’un actif pour lequel l’Etat non seulement leur fait une ristourne de 25 % à l’achat mais aussi leur garantit un rendement (le loyer) très élevé à l’aide de subventions déguisées ?

La fin de ces aides permettra dans un premier temps aux prix de l’immobilier, artificiellement gonflés par les politiques publiques de logement, de s’effondrer d’au moins 30 %. Seuls seront touchés les spéculateurs. Le simple propriétaire de sa résidence principale peut en effet être rassuré puisque cette chute ne l’affectera pas : s’il vendra son bien moins cher, il en rachètera un lui aussi moins cher.

Dans un second temps, l’Etat devra substituer aux aides à la personne des aides « à la pierre » exclusivement réservées aux primo-accédants. Ainsi, non seulement les prix de l’immobilier seront redevenus raisonnables mais la logique qui veut que ce soit le primo-accédant qui se voit proposer un prix d’ami et non l’investisseur sera enfin respectée. Les promoteurs adapteront alors leurs offres à la nouvelle demande et la chute des prix de l’immobilier permettra enfin que la loi SRU, qui instaure le principe des 20 % de logements sociaux dans chaque commune, devienne une réalité.

L’enjeu est considérable puisque le logement constitue aujourd’hui une source de discrimination et d’exclusion. A Paris, il y a déjà plus de quarante ans que la station de métro Gambetta a entraîné la suppression de la station Martin-Nadaud. Il est donc urgent d’agir si, comme Léon Gambetta, nous pensons que « l’avenir n’est interdit à personne ».

Les Echos

jeudi 18 février 2010

Fichus socialistes scandinaves



je cite Jim Willie CB :

"The US is an oversized Third World nation. It ranks poorly relative to other nations in its debt structure and exposure. The United States is in worse condition than almost all nations in the Western world, equally bad as those in Europe currently denigrated in crisis mode. Left to finance its own debt, the USGovt would suffer an immediate cave-in. It has the Printing Pre$$ at its disposal, and a USMilitary to expose to creditors, thus creating an unstable system. The US has an 80% debt/GDP ratio, easily to hit 100% next year. The US wanders and wallows with puffed chest of arrogance, yet besides Greece, the US is worse off than all the PIIGS nations criticized as basket cases so readily. "

mercredi 17 février 2010

Soros a doublé sa position sur l'Or

Soros a doublé sa positionsur l'OR (sous forme de l'ETF SPDR Gold Trust)

D'après moi c'est un signal haussier, car il s'est peu trompé depuis le début de la crise.Je me souviens très bien qu'à l'été 2008 il vait annoncé qu'il shortait le pétrole tout en achetant l'or (j'avais d'ailleurs mis un article sur le blog).

Cette annonce était parue juste avant la chute vertigineuse des cours du brut.De toutes façon c'est un des gars que je respecte vraiment dans ce monde de brutes de la finance.(même son attaque de la Livre sterling était légitime à mon avis).

Ce qui est intéressant, c'est que l'article mentionne qu'il avait précédemment déclaré (à Davos)que l'Or était "the ultimate bubble", mais qu'il n'avait pas révélé à l'époque si il en possédait.

Je crois qu'il achète de l'or surtout comme protection parcequ'il sait que la situation est très grave et potentiellement catastrophique.

Peut-être qu'il n'a pas voulu le déclarer publiquement par sens des responsabilité, parceque , au fond, il ne souhaite pas vraiment que cette hausse, et les achats par le grand public se fasse, car cela signifierait une crise de grande ampleur. (c'est aussi un peu ce que je me dis parfois)


Voici la source :

BOSTON (Reuters) - Billionaire investor George Soros' hedge fund more than doubled its bet on the price of gold during the fourth quarter, a portion of the firm's total U.S.-listed equity holdings of $8.8 billion at the end of 2009.

The New York-based firm also disclosed in a filing on Tuesday with the U.S. Securities and Exchange Commission that it bought almost 95 million shares of Citigroup (C.N: Quote, Profile, Research) during the quarter, worth $313 million by the end of the year. Soros reported no holdings of the troubled bank's shares at the end of the third quarter.

Soros Fund Management owned 6.2 million shares of the SPDR Gold Trust, an exchange-traded fund that owns gold bullion, at the end of the year worth $663 million. That was up from 2.5 million shares at the end of the third quarter.

Soros and other noted investors like John Paulson have previously touted gold as a hedge against inflation, further economic turmoil or a decline in the value of the U.S. dollar. Last month at the World Economic Forum in Davos, Soros said "the ultimate asset bubble is gold," but he declined to say whether he was investing in the precious metal.

Soros' most recent SEC filing also revealed large bets on seed producer Monsanto (MON.N: Quote, Profile, Research) and Brazilian gas and oil giant Petroleo Brasileiro SA (PETR4.SA: Quote, Profile, Research) (PBR.N: Quote, Profile, Research), also known as Petrobras.

The firm held 3.9 million shares of Monsanto at the end of the fourth quarter, up from 1.1 million three months earlier.Soros also reported a stake of 7.7 million shares of Petrobras's U.S. ADRs, worth $369 million, and a slight increase from the 7.4 million receipts held at the end of the third quarter. Soros had another 5.9 million shares of nonvoting ADRs worth $249 million, virtually unchanged from his holding three months earlier.

Soros also reported raising his holdings in oil company Hess Corp (HES.N: Quote, Profile, Research) and telecommunications company AT&T Inc (T.N: Quote, Profile, Research) among others.According to the regulatory filing, Soros Fund Management raised its holding in carmaker Ford Motor Co (F.N: Quote, Profile, Research) to 10.9 million shares from 7.3 million shares at the end of the third quarter, when Soros started to accumulate his position.

Soros also raised his holdings of AT&T for the second straight quarter to 4.7 million shares at the end of the fourth quarter, from 4.2 million shares at the end of the third quarter.Large investors such as Soros are required to report holdings of U.S.-listed equities at the end of each quarter, but not short positions or holdings of other securities like bonds and over-the-counter derivatives contracts. Investors are also allowed to file some holdings on confidential reports if they are trading into or out of a position at the end of a quarter.

(Reporting by Aaron Pressman, Ros Krasny, Svea Herbst-Bayliss; Editing by Andre Grenon and Steve Orlofsky)

mardi 16 février 2010

Chronique hebdomadaire

La semaine commence plutôt bien pour le fonds que je gère.

Il me semble que la vente des derniers BX4 vendredi dernier vers 16h00, s'est avérée le bon choix.

Vu la séance d'hier (lundi) et celle d'aujourd'hui, je dirais que nous sommes maintenant en phase de rebond sur les marchés actions. Et ce rebond pourrait durer plusieurs jours voire plusieurs semaines, peut-être même jusqu'aux premières semaines du printemps.
Je ne prévois pas dans l'immédiat de reprendre position sur les BX4 même pour un trade de Court-terme.

Débarassées des BX4, mes positions actuelles restent l'ETF Base ressources ainsi que les actions aurifères. Il y a d'un coté les canadiennes et américaines cotées à New York, et que je détiens depuis assez longtemps pour certaines d'entre elles (que je détaillerai un autre jour), de l'autre coté il y a celles cotées à Paris, sur lesquelles j'ai repris position récemment (Auplata et Euro Ressources) , après avoir pris mes bénéfices fin Novembre lors de leur ascension "stratospérique".

Enfin il y a une ligne d'Harmony Gold (une sud-africaine qui est un "cas particulier", à plus d'un titre...).

Dans la configuration actuelle, je suis assez confiant dans mes positions car il semble bien que nous assistions à un "breakout" du cours de l'or mais aussi de l'indice des mines aurifères. (quant aux minières "généralistes" représentées dans l'ETF Base Ressources, elles prendront sans doute le même chemin).

Si l'on y réfléchit bien, ce n'est pas tellement étonnant car le scepticisme sur ces marchés était assez important lors de la dernière correction. (en gros depuis décembre).

D'un point de vue contrarien, c'est devenu très positif, et il devenait intéressant de renforcer.
Cependant il fallait avoir le coeur bien accroché et savoir géré son risque pour ne pas jetter l'éponge ces dernières semaines.

De ce point de vue, ma stratégie de "hedger" mes positions aurifères avec le BX4 a finalement porté ses fruits.

A un moment donné, cette stratégie me semblait diminuer les gains potentiels, mais en fait elle diminuait surtout les risques, ce qui pourrait s'avérer payant en fin de compte.

Comme je l'ai écrit plusieurs fois dans ce blog, la gestion de sa propre psychologie et donc du risque, est absolument primordiale en matière de spéculation.

La difficulté provient du fait qu'il faut à la fois avoir au moins une position de court-terme, de moyen-terme et de long-terme, sachant qu'elles peuvent (et doivent) être d'une direction différente. (on peut augmenter la graduation si l'on peut gérer encore davantage de complecité, mais 3 horizons d'investissement c'est déjà bien).

La plupart des spéculateurs débutants ont tendance à avoir un opinion binaire sur leurs positions : soit ils détiennent une action ou un actif, et dans ce cas ils le voient (ou veulent le voir) monter, soit ils ne détiennent pas un actif, et dans ce cas ils prévoient la baisse.

Lorsque l'on parvient à bien séparer ses positions court, moyen et long terme de façon complètement compartimentée, on augmente déjà considérable l'efficacité de sa gestion du risque et ses possibilités de gains.

Si en plus on arrive à prendre chacune de ces trois positions de façon totalement objective et sans à priori, je crois qu'on atteint le "Graal" du spéculateur.

Il faut bien se rendre compte que la spéculation ne devrait pas être la roulette ou le loto.
Ce n'est pas acheter un ticket, et ensuite prier pour que l'on ait décroché le bon numéro.

Si l'on fait cela on arrivera jamais à rien, spécialement si l'on y gagne.

Néanmoins, si l'on perd gros à ce jeu là il est possible que l'on apprenne au moins une ou deux choses sur la psychologie de l'investissement. Rien de tel que les déconvenues pour apprendre.

Derrière toute position il faut de solides convictions.
Sur les positions de long terme j'ai tendance à avoir des analyses fondamentales, basées sur l'analyse de la macro-économie, de la micro-économie (pour le secteur d'une société donnée), voire des tendances socio-économiques ou politiques .
(Par exemple, à Long terme je suis résolument baissier sur le marché immobilier, même si l'on a assisté à un rebond de court terme à l'automne dernier, et je suis haussier sur les matières premières)

Sur les positions de court-terme il faut, je pense, avoir absolument un système d'analyse technique que l'on doit suivre fidèlement, tout en préservant de la flexibilité (je sais , c'est bien la difficulté...). Mais surtout il faut oublier les analyses fondamentales que l'on a fait pour ses positions de long terme, ainsi que ses propres sentiments ou convictions dans ce sens.

Voilà une (modeste) esquisse de théorie de l'investissement..

vendredi 12 février 2010

La baisse de l'Euro arrange les européens

La baisse de l'Euro arrange les européens, (et les exportateurs allemands en particulier).

C'est pourquoi on ne se précipite pas trop pour sauver la Grèce (en plus il faut dire qu'ils l'ont quand même un peu mérité puisqu'ils ont truqué leurs chiffres).Mais lorsque l'Euro sera au niveau désiré, on verra que le sauvetage passera comme une lettre à la Poste.

La Grèce c'est quand même un petit pays à l'échelle de l'Union.

Mais c'est assez malin en fait, de laisser chuter l'euro qui était trop monté ces derniers temps.Les US font ça depuis des années.(depuis trop longtemps en fait).

Par contre lorsque l'on s'intéressera à la nouvelle vague des défauts de paiements aux Etats-Unis (autant des particuliers, que des entreprises et même des états), ce sera une autre paire de manche.

Ce sont surtout les US qui ont trop tiré sur la corde depuis des décennies.

Alex

PS : L'Espagne est quand même un gros problème en Europe, vu la bulle immobilière là bas. A suivre...

jeudi 11 février 2010

La vision d'un insider sur la catastrophe immobilière en cours

Cet interview d'Andy Miller par David Galland est très instructive sur l'état de l'immobilier aux Etats-Unis.

Ce qui est hallucinant, spécialement vu de France, c'est que :

1. l'immobilier a déjà énormément baissé aux US, mais qu'il ne semble pas donner de signes de rebond
2. l'activité de prêts hypothècaire a été en réalité entièrement nationalisée (intéressant, de la part d'un pays parangon du capitalisme)
3. ce secteur est soutenu à bout de bras par l'état, mais cela n'empêchera pas la prochaine vague de baisse.


J'ajoute que les valorisations sont déjà bien plus attractives que celles de la France (aussi bien par rapport au revenu disponible que par rapport aux revenus locatifs)

Qu'est ce que cela sera lorsque la baisse sera vraiment rentré dans les esprits en France !

Pour l'instant on est encore en pleine dénégation concernant l'immobilier hexagonal, sur le mode du proverbial nuage de Tchernobyl qui biensûr épargna la France en son temps. (pour diverses raisons que la corporation des agents immobiliers et notaires se fera une joie de vous donner) .

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An Insiders View of the U.S. Real Estate Train Wreck

The first time I spoke with real estate entrepreneur Andy Miller was in late 2007, when I asked him to serve on the faculty of a Casey Research Summit. And there was no one in the nation I wanted more than Andy to address the critical topic of real estate.

My interest in Andy was due to the fact that he has been singularly successful in pretty much all aspects of the real estate market, including financing and developing large projects - such as shopping centers, apartment communities, office buildings, and warehouses - from one end of the country to the other. His expertise has also allowed him to build an impressive business providing assistance to large financial institutions that need help in dealing with problem commercial real estate loans. As you might suspect, business is booming.

Back in 2007, however, what most intrigued me about Andy was that he had been almost alone among his peer group in foreseeing the coming end of the real estate bubble, and in liquidating essentially all of his considerable portfolio of projects near the top. There are people that think they know what's going on, and those who actually know - Andy very much belongs in the latter category.

In fact, he initially refused to speak at our event, only agreeing very reluctantly after I had hounded him for several months. The reason for his refusal, I later found out, was that he had spoken at several industry events before the real estate collapse and had been all but booed off the stage for his dire outlook.

The happy ending of this story is that Andy's speech at our Summit was a rousing success, and he enjoyed it so much that he has now spoken at several, and has kindly agreed to sit for periodic interviews to keep our readers up to date on the latest developments in this critical sector. So far, Andy's real estate forecasts continue to come true.

As you'll read in the following excerpt from my latest interview with Andy, who now spends considerable time each day helping the nation's biggest banks cope with growing stacks of problem loans, he remains deeply concerned about the outlook for real estate.
David Galland
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No one has been more right on the housing market in recent years. So, what's coming next? Some of the housing numbers in the last few months look a little less ugly. Could housing be getting ready to get well?

MILLER: I don't think so.
For all intents and purposes, the United States home mortgage market has been nationalized without anybody noticing. Last September, reportedly over 95% of all new loans for single-family homes in the U.S. were made with federal assistance, either through Fannie Mae and the implied guarantee, or Freddie Mac, or through the FHA.

If it's true that most of the financing in the single-family home market is being facilitated by government guarantees, that should make everybody very, very concerned. If government support goes away, and it will go away, where will that leave the home market? It leaves you with a catastrophe, because private lenders for single-family homes are nervous. Lenders that are still lending are reverting to 75% to 80% loan to value. But that doesn't help a homeowner whose property is worth less than the mortgage. So when the supply of government-facilitated loans dries up, it's going to put the home market in a very, very bad place.

Why am I so certain that the federal government will have to cut back on its lending? Because most of the financing is done via the bond market, through Ginnie Mae or other government agencies. And the numbers are so big that eventually the bond market is going to gag on the government-sponsored paper.

The public doesn't have any idea of the scale of the guarantees the government is taking on through Fannie, Freddie, and FHA. It's huge. If people understood what the federal government has done and subjected the taxpayers to, there would be a public outrage. But you can't get people to focus on it, and it's very esoteric, it's very hard to understand. But it's not something the bond market won't notice. The government can't keep doing what it has been doing to support mortgage lending without pushing interest rates way up.

Refinancings of single-family homes are very interest-rate sensitive. Consumers have their backs against the wall. They have too much debt. Refinancing their maturing mortgages or their adjustable-rate mortgages is very problematic if rates go up, but that's exactly where they're headed. So anyone who's comforted by current statistics on single-family homes should look beyond the data and into the dynamics of the market. What they'll find is very alarming.

On that topic, recent data I saw was that something like 24% of the loans FHA backed in 2007 are now in default, and for those generated in 2008, 20% are in default, and the FHA is out of money.

MILLER: Fannie Mae had a $19 billion loss for the third quarter of 2009, and they are now drawing on their facility with the U.S. Treasury. We have all forgotten that Fannie and Freddie are still being operated under a federal conservatorship. On Christmas Eve, the agency announced that they were going to remove all the caps on the agencies.

So what about commercial real estate?

MILLER: When I saw what was happening in the housing market, I liquidated all my multifamily apartments, shopping centers, and office buildings. I liquidated all my loan portfolios, and I'm happy I did.
Then it occurred to me in 2005 and 2006 that the commercial world had to follow suit. Why? Because it's a normal progression. Obviously, when single-family homes decline in value, multifamily apartments decline in value. And when consumers hit the wall with spending and debt, that's going to have an impact on retailers that pay for commercial space.

Furthermore, the financing for retail properties had gotten ludicrous. The conduits were making loans that they advertised as 80% of property value when they originated them, but in reality the loan-to-value ratios were well over 100%. And I say that to you with absolute, categorical certainty, because I was a seller and nobody knew the value of the properties that I was selling better than I did.

I had operated some of them for 20 years, so I knew exactly what they were bringing in. I knew what the operating expenses were, and I knew what the cap rates were. And, you know, the underwriting on the loan side and the purchasing side of these assets was completely insane. It was ludicrous. It did not reflect at all what the conduits thought they were doing. They were valuing the properties way too aggressively.

I became very bearish about the commercial business starting in late '05. In fact, I think I was in Argentina with Doug Casey, sitting on a veranda at one of the estancias, and he and I were lamenting what was going on in the real estate business, and I said there was going to be a huge adjustment in the commercial market.

Beyond the obvious, that the real estate market has taken pretty significant hits and some banks have been dragged under by their bad loans, what has really changed in real estate since the crash?

MILLER: I think the first thing that changed was that people learned that prices don't go up forever. Lenders also saw that underwriting guidelines for commercial real estate loans, especially in the securitization markets, were erroneous. They realized that some of their properties had been financed too aggressively, but still, I don't think even at the fall of Lehman, anybody was predicting a wholesale collapse in commercial real estate.

But they did see they should be more circumspect with loan underwritings. In fact, after the fall of Lehman, they completely stopped lending. I think they realized we had been living in fantasy land for 10 years. And that was the first change - a mental adjustment from Alice in Wonderland to reality.

Today it's clear that commercial properties are not performing and that values have gone down, although I've got to tell you, the denial is still widespread, particularly in the United States and on the part of lenders sitting on and servicing all these real estate portfolios. People still do not understand how grave this is.

Right now there are an awful lot of banks that do an awful lot of commercial real estate lending, and for about a year now you've been telling me that you saw the first and second quarter of 2010 as being particularly risky for commercial real estate. Why this year, and what do you see happening with these loans and the banks holding them?


MILLER: It's an educated guess, and it hasn't changed. I still think that it's second quarter 2010.
The current volume of defaults is already alarming. And the volume of commercial real estate defaults is growing every month. That can only keep going for so long, and then you hit a breaking point, which I believe will come sometime in 2010. When you hit that breaking point, unless there's some alternative in place, it's going to be a very hideous picture for the bond market and the banking system.

The reason I say second quarter 2010 is a guess is that the Treasury Department, the Federal Reserve, and the FDIC can influence how fast the crisis unfolds. I think they can have an impact on the severity of the crisis as well - not making it less severe but making it more severe. I will get to that in a minute. But they can influence the speed with which it all unfolds, and I'll give you an example.

In November, the FDIC circulated new guidelines for bank regulators to streamline and standardize the way banks are examined. One standout feature is that as long as a bank has evaluated the borrower and the asset behind a loan, if they are convinced the borrower can repay the loan, even if they go into a workout with the borrower, the bank does not have to reserve for the loan. The bank doesn't have to take any hit against its capital, so if the collateral all of a sudden sinks to 50% of the loan balance, the bank still does not have to take any sort of write-down. That obviously allows banks to just sit on weak assets instead of liquidating them or trying to raise more capital.

That's very significant. It means the FDIC and the Treasury Department have decided that rather than see 1,000 or 2,000 banks go under and then create another RTC to sift through all the bad assets, they'll let the banking system warehouse the bad assets. Their plan is to leave the assets in place, and then, when the market changes, let the banks deal with them. Now, that's horribly destructive.

Just to be clear on this, let's say I own an apartment building and I've been making my payments, but I'm having trouble and the value of the property has fallen by half. I go to the bank and say, "Look, I've got a problem," and the bank says, "Okay, let's work something out, and instead of you paying $10,000 a month, you pay us $5,000 a month and we'll shake hands and smile." Then, even though the property's value has dropped, as long as we keep smiling and I'm still making payments, then the bank won't have to reserve anything against the risk that I'll give the building back and it will be worth a whole lot less than the mortgage.


MILLER: I think what you just described is accurate. And it's exactly a Japanese-style solution. This is what Japan did in '89 and '90 because they didn't want their banking system to implode, so they made it easier for their banks to sit on bad assets without owning up to the losses.
And what's the result? Well, it leaves the status quo in place. The real problem with this is twofold. One is that it prolongs the problem - if a bank is allowed to sit on bad assets for three to five years, it's not going to sell them.
Why is that bad? Well, the money tied up in the loans the bank is sitting on is idle. It is not being used for anything productive.


Wouldn't banks know that ultimately the piper must be paid, and so they'd be trying to build cash - trying to build capital to deal with the problem when it comes home to roost?

MILLER: The more intelligent banks are doing exactly that, hoping they can weather the storm by building enough reserves, so when they do ultimately have to take the loss, it's digestible. But in commercial real estate generally, the longer you delay realizing a loss, the more severe it's going to be. I can tell you that because I'm out there servicing real estate all day long. Not facing the problems, and not writing down the values, and not allowing purchasers to come in and take these assets at discounted prices - all the foot-dragging allows the fundamental problem to get worse.

In the apartment business, people are under water, particularly if they got their loan through a conduit. When maintenance is required, a borrower with a property worth less than the loan is very reluctant to reach into his pocket. If you have a $10 million loan on a property now worth $5 million, you're clearly not making any cash flow. So what do you do when you need new roofs? Are you going to dig into your pocket and spend $600,000 on roofing? Not likely. Why would you do that?

Or a borrower who is sitting on a suburban office property - he's got two years left on the loan. He knows he has a loan-to-value problem. Well, a new tenant wants to lease from him, but it would cost $30 a square foot to put the tenant in. Is the borrower going to put the tenant in? I don't think so. So the problems get bigger.


Why would the owner bother going through a workout with the bank if he knows he's so deep underwater he's below snorkel depth?

MILLER: It's always in your interest to delay an inevitable default. For example, the minute you give the property back to the bank, you trigger a huge taxable gain. All of a sudden the forgiveness of debt on your loan becomes taxable income to you. Another reason is that many of these loans are either full recourse or part recourse. If you're a borrower who's guaranteed a loan, why would you want to hasten the call on your guarantee? You want to delay as long as possible because there's always a little hope that values will turn around. So there is no reason to hurry into a default. None.

So that's from the borrower's standpoint. But wouldn't the banks want to clear these loans off their balance sheets?

MILLER: No. The banks have a lot of incentive to delay the realization of the problem because if they liquidate the asset and the loss is realized, then they have to reserve the loss against their capital immediately. If they keep extending the loan under the rules present today, then they can delay a write-down and hope for better days. Remember, you suffer if the bank succumbs and turns around and liquidates that asset, then you really do have to take a write-down because then your capital is gone.


So here we are, we've got the federal government again, through its agencies and the FDIC, ready to support the commercial real estate market. They've taken one step, in allowing banks to use a very loose standard for loss reserves. What else can they do?

MILLER: Well, obviously nobody knows, but I can guess at what's coming by extrapolating from what the federal government has already done. I believe that the Treasury and the Federal Reserve now see that commercial real estate is a huge problem.

I think they're going to contrive something to help assist commercial real estate so that it doesn't hurt the banks that lent on commercial real estate. It'll resemble what they did with housing.

They created a nearly perfect political formula in dealing with housing, and they are going to follow that formula. The entire U.S. residential mortgage market has in effect been nationalized, but there wasn't any act of Congress, no screaming and shouting, no headlines in the Wall Street Journal or the New York Times about "Should we nationalize the home loan market in America." No. It happened right under our noses and with no hue and cry. That's a template for what they could do with the commercial loan market.

And how can they do that? By using federal guarantees much in the way they used federal guarantees for the FHA. FHA issues Ginnie Mae securities, which are sold to the public. Those proceeds are used to make the loans.

But it won't really be a solution. In fact, it will make the problems much more intense.


Don't these properties have to be allowed to go to their intrinsic value before the market can start working again?

MILLER: Yes. Of course, very few people agree with that, because if you let it all go today, there would be enormous losses and a tremendous amount of pain. We're going to have some really terrible, terrible years ahead of us because letting it all go is the only way to be done with the problem.


Do you think the U.S. will come out of this crisis? I mean, do you think the country, the institutions, the government, or the banking sector are going to look anything like they do today when this thing is over?

MILLER: I know this is going to make you laugh, but I'm actually an optimist about this. I'm not optimistic about the short run, and I'm not optimistic about the severity of the problem, but I'm totally optimistic as it relates to the United States of America.
This is a very resilient place. We have very resilient people. There is nothing like the American spirit. There is nothing like American ingenuity anywhere on Planet Earth, and while I certainly believe that we are headed for a catastrophe and a crisis, I also believe that ultimately we are going to come out better.

By David Galland, The Casey Report

mercredi 10 février 2010

PIGS européens vs PIGS américains

Les PIGS, vous savez bien maintenant, c'est : Portugal, Ireland, Greece, Spain.

Mais comme je l'écrivais l'autre jour il faut relativiser ces problèmes et les mettre en perspective. Je citais en particulier la Californie.

Il se trouve que Barry Ritholz de Big Picture (qui est une des meilleures sources disponibles sur le web selon moi), est du même avis :

Voici ce qu'il écrit , avec une point d'humour sur la fin (c'est vrai, pourquoi la Californie ne rejoindrait pas l'Union Européenne, pour être renflouée par l'Allemagne ? Moi je vote pour...):

Insolvent European vs American States

By Barry Ritholtz - February 10th, 2010, 9:33AM
While all the investing world seems to be utterly fixated on the outcome of Greece’s solvency woes, perhaps we need to step back and put this into perspective.
Portugal, Ireland, Italy Greece and Spain are in varied degrees of difficulty; but how significant are the PIIGS’ debts to the world’s economy? (If they require a workout, perhaps they can what we do. Give them lower rates and an extended term and/or a cramdown to their lenders).
In contrast, consider the distressed United States: How do our own economic “pigs” measure up? In terms of economic importance relative to the world, aren’t the bigger US States that are in deep distress more important (GDP sizewise)?
Consider the size of the budget issues and debt load in dollar and percentage terms for just these six states relative to their European cousins:
You Can’t Put Lipstick on These PIGS:
CaliforniaBudget gap (as a % of the total budget): 22%Gap: $22.2 billion
New YorkBudget gap (as a % of the total budget): 9.8%Gap: $5.5 billion
FloridaBudget gap (as a % of the total budget): 19.9%Gap: $5.1 billion
New JerseyBudget gap (as a % of the total budget): 7.7%Gap: $2.5 billion
ArizonaBudget gap (as a % of the total budget): 19.9%Gap: $2 billion
NevadaBudget gap (as a % of the total budget): 16%Gap: $1.2 billion
All data for fiscal year 2008Source Businessweek
All by itself, the insolvent nation-state of California is the 8th largest economy in the world. Its the size of France. According to the CIA Factbook, Greece is number 34. That is a lot of hyperventilating about a relatively small impact to global GDP. Italy is 11, Spain is 13, Portugal is 50, and Ireland is 56.
Additionally, in the US, we have 43 of the 50 states in some form of financial distress.
Perhaps the solution to California’s woes is for Arnold (who is from Austria) to have California join the EU. Then, they might qualify for a bailout from Germany . . .

Notations actuelles des Etats souverains
















mardi 9 février 2010

Pic de maturité des prêts ARM

Ce pic est prévu entre fin 210 et fin 2012, on sait dores et déjà que la Californie et la Floride seront en faillite,on sais très bien pourquoi la totalité des banques régionales feront faillite.


Vous connaissez déjà bien maintenant les subprimes, ces prêts accordés à des gens non solvables mais dont la plus value de leur maison devait permettre de rembourser sans problème les sommes empruntées.
Cette vague est terminée, les contribuables ont remboursé les banques imprudentes et les maisons sont vides.

Mais voilà, il faut apprendre un nouveau mot "les prêts ARM ou prêts Alt-A" (adjustable rate mortgage)
Ce sont des prêts accordés à des gens solvables mais qui permettent d'acheter une maison au dessus de ses moyens.


ARM :adjustable rate mortgage

Ce sont des prêts accordés à des gens solvables mais qui permettent d'acheter une maison au dessus de ses moyens.

Comment cela fonctionne ?

Contrairement aux prêts classique que nous connaissons et pour lesquels nous remboursons les intérêts et une partie du capital et qui s'achèvent lorsque tout le capital est remboursé, pour les prêts ARM vous avez beaucoup de flexibilité car vous pouvez ne rembourser que les intérêts et aucun capital et même parfois moins que la totalité des intérêts.
Plus on laisse passer le temps, plus les mensualités augmentent car l'échéance arrive et on toujours la totalité du capital à rembourser. C'est un cercle vicieux et il faut bien un jour rembourser sa maison. Or, si la valeur réelle de la maison est inférieure au remboursement du prêt, le plus avantageux est d'arrêter de payer et de donner gratuitement la maison à la banque. Certains prêts ont comme clause que le don de la maison a valeur de remboursement intégral. D'autres se sont rendus compte que les banques ont tellement de défaut de paiement qu'ils ne lancent plus de procédures de recouvrement et se contentent de récupérer le bien pour le mettre aux enchères. On prévoit un taux de défaut de remboursement de 15-20% dans un an. Et l'augmentation constante du chômage ne va pas arranger les choses

La bombe ARM
Le montant des prêts ARM est aussi élevé que celui des subprimes. Cela vient à peine de commencer, et nous aurons l'an prochain une nouvelle grande déferlante qui va durer 3 ans et mettra à genoux de nombreuses banques américaines. (Californie + Floride). Fin prévue en sept 2012



entre fin 2010 et fin 2012.....



Crise de l'immobilier, la suite...

Reportage dans Le Monde.fr :


Aux Etats-Unis, les "walk away" laissent leur maison... et leur dette aux banquiers


Fairfield, à 65 kilomètres de San Francisco (Californie), est l'un de ces lieux où les cadres californiens sont, depuis 2004, venus chercher qualité de vie et immobilier abordable. Dans cette ville nouvelle, ils se sont fait construire de belles maisons avec piscine, jardin et un garage pour trois véhicules. Beaucoup ont choisi de quitter leur appartement en ville pour acheter une de ces villas. Et pour financer ce rêve à 800 000 dollars (près de 600 000 euros), sûrs de faire, grâce à la hausse des prix de l'immobilier, une bonne affaire, ils ont emprunté sur 30 ans.
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Le prêt "sans recours", une particularité américaine

Dans plus de la moitié des Etats américains, les prêts hypothécaires sont, moyennant une surprime de 0,5 % à 0,7 %, "sans recours", c'est-à-dire non adossés aux revenus des emprunteurs. Impossible donc, pour les organismes de crédit, d'obtenir la saisie des comptes personnels pour recouvrer leur dû. Dans un récent rapport remis au ministère au logement américain, l'économiste Susan Woodward va jusqu'à se féliciter du fait que peu d'emprunteurs connaissent cette disposition. Sinon, explique-t-elle, ils seraient beaucoup plus nombreux à laisser leur appartement en plan pour chercher plus avantageux ailleurs... Le seul risque encouru par ces "déserteurs du crédit" est que leur défaillance les poursuive et les empêche d'obtenir un crédit ailleurs, et durant quelques années. En France, le prêt sans recours est juridiquement possible mais pas pratiqué, les banquiers accordant leur crédit en fonction de la solvabilité du client plus que de la valeur du bien financé.

Aujourd'hui, ces quartiers sont un désastre urbain, un désert. Les propriétaires insolvables ont déjà vu leur villa saisie ou sont menacés d'expropriation et les commerçants partent les uns après les autres. Pour les rares habitants qui restent, la situation est inextricable : leur villa ne vaut plus que 40 % ou 50 % du prix payé, ils n'ont pas commencé à rembourser le capital et n'entrevoient aucune perspective de revalorisation de leur bien. De plus en plus nombreux sont ceux qui "se tirent" - walk away, dit-on ici. Bien que solvables, ils cessent, en toute légalité, de rembourser leur emprunt. Que la banque se débrouille ! Le prêteur récupère la maison et les "propriétaires", eux, sont libérés de leur dette.

Des Fairfield, il y en a partout aux Etats-Unis. Au total, 11 millions de ménages, soit 23 % des emprunteurs immobiliers, sont actuellement under water (sous la ligne de flottaison), c'est-à-dire disposant d'un appartement dont la valeur est inférieure au montant emprunté. Cette proportion va jusqu'à 65 % en Californie, en Floride, au Nevada, en Arizona, dans le Michigan ou en Géorgie. Selon la société d'études immobilière First American CoreLogic, 2,2 millions de ménages ont vu la valeur de leur patrimoine chuter de plus de 50 % depuis l'achat.

En Californie, la pratique du short sale, c'est-à-dire la vente à perte, se répand : elle permet à un propriétaire de se libérer de sa dette en vendant à prix bradé, après accord de la banque. "A Los Angeles, 21 % des biens à vendre sont issus de saisies et 34 % sont en short sale, car les établissements bancaires ont compris l'intérêt de cette solution par rapport à la saisie", témoigne Alain Silverston, un agent immobilier français installé en Californie.

Il cite l'exemple des Donavan. Ils ont acquis, en 2008, une villa pour 590 000 dollars et la revendent 429 000 dollars, en partant vivre à quelques kilomètres de là, dans un logement loué 2 000 dollars, soit moins que les 3 800 dollars de leurs anciennes mensualités de remboursement. Une économie bienvenue car leurs revenus ont chuté, Mme Donovan ne travaillant plus qu'à mi-temps dans l'immobilier, son époux ne percevant plus les bonus et primes d'antan.

A peine le phénomène de walk away était-il apparu qu'Henry Paulson, le secrétaire au Trésor sous George Bush, traitait ses adeptes de "spéculateurs". Président de l'Association des banquiers du crédit immobilier (Mortgage Bankers Association), John Courson leur a, lui, récemment lancé un appel : "Pensez au mauvais exemple que vous donnez à votre famille, à vos enfants et vos amis." Et même Barack Obama leur a demandé de se montrer "responsables".

Les Donavan trouvent-ils leur évasion immorale ? La question les amuse : ils sont bien contents d'avoir feinté leur banquier. La proportion des emprunteurs qui cessent volontairement de payer leur crédit atteindrait 3 %, mais une étude LA Times-Real Estate Economy Watch de décembre 2009 révèle que 10 % des sondés sont tentés par cette option. Et l'argument du comportement antisocial ou immoral ne tient pas, surtout venant des banquiers, puisqu'eux-mêmes s'adonnent à cette pratique lorsqu'ils y trouvent leur intérêt !

Dans le New York Times du 10 janvier, Roger Lowenstein, propriétaire du fonds d'investissement éthique Sequoia, donnait l'exemple de la banque d'affaires Morgan Stanley qui avait acquis cinq immeubles de bureaux de haut standing à San Francisco lorsque le marché était au plus haut, et qui a cessé de les payer depuis l'effondrement immobilier. "Personne, à Wall Street, ne l'accuse d'immoralité", note-t-il. Le promoteur Tishman Speyer et le fonds BlackRock ont annoncé, fin janvier, ne pas pouvoir payer les 16 millions de dollars d'intérêts d'un prêt contracté, en 2006, pour acquérir 11 232 appartements à Manhattan, pour 5,4 milliards de dollars, et qui n'en valent plus, désormais, que 1,8...

Si la stratégie du walk away se répand, elle ne peut qu'amplifier la chute des prix et le nombre de propriétaires under water. Selon la Mortgage Bankers Association, 4,38 % des emprunteurs américains étaient, au troisième trimestre 2009, en procédure de saisie et 9,9 % avaient des retards de paiement, soit un total de 15 % d'emprunteurs en difficultés.
Sylvain Cypel avec Isabelle Rey-Lefebvre

Le début de la fin ?

L' article de Bill Baker qui suit, me parait intéressant car il explore un de mes thèmes favoris : la corrélation entre différentes classes d'actif et plus particulièrement entre le dollar et l'or.



Par ailleurs il touche une idée que j'avais envisagé dans quelques posts, à savoir que la hausse de l'or et la déflation pourraient très bien aller de pair, contrairement à une idée répandue.


La notion importante dans cet article est celle du "point d'inflection" qui correspond au moment lorsque la déflation se transforme en hyperinflation.

C'est à dire lorsque la valeur refuge n'est plus le dollar mais l'or.




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Beginning of the End by Bill Baker





Could the commodity and equity rallies have ended? Has a change been triggered by a resurgent dollar, meaning its purportedly strong negative correlation with gold and commodities continues to drive the process? But if so, would this also not signal the end of the reflation and carry trades? Would it not also mean that contractionary monetary forces may soon dominate? If that is the case, is other evidence that the correlation between gold and the dollar, which on average actually has been weak, might be shrinking to a benign level? Looking at the historical record, has this correlation been steady, or has it cycled up and down or faded away for extended periods?


Based upon theory and evidence, the Conservative Economist presents a case that the negative correlation of the dollar and gold has been a weak, on-and-off phenomenon, subject to degradation. This conclusion augments the theory presented in a companion essay published last week, For Whom the Gold Bell Tolls, which illustrates how central bank and fiscal interventions can be overwhelmed by an instinct to hoard. After credit booms, holders of capital distinguish between money and money substitutes, discounting the value of the latter while the former retains or increases in value.


Discounting is a form of inflation, but it differs from inflation associated with monetary expansion seen when leverage is increasing systemically, wherein all forms of money lose value equally, and demand for credit exceeds demand for money. If we are on the downside of a credit boom rather than still amid a continual rise, then we should expect such differentiation between gold and money substitutes to develop, and the correlation between the dollar and gold's price changes to diminish.


Not being willing to be responsible for poor decisions when managing someone else's capital, most on Wall Street are evidence-based investors. The most famous was Long-Term Capital Management (LTCM), which back-tested spread data and bet using massive leverage that standard deviations would rarely be exceeded, or not by much. Nassim Taleb shattered the orthodoxy of such risk modelers by discrediting the assumption of the normal distribution, instead preferring Gaussian models, which in nature are more typical. Despite setbacks such as LTCM or more recently, the statistical arbitrage category of hedge funds, money is still largely guided by normal distribution analyses. Such capital therefore is a reservoir that could be directed at new trends once they are apparent.


Austrian economists, of which I am unreservedly one, discount empiricism altogether but rely on theory (backed by historical analysis of human actions). This school of economics finds that fractional reserve lending promotes credit bubbles, which create horrific clusters of error by businessmen, and of course, investors - particularly those reliant upon usually "reliable" empirical data. With due respect to the shortcoming of making assertions based upon short-term data, this discussion nonetheless makes use of correlation data to reveal subtle changes to the tone of trading since the financial crisis walked on the world's stage in late 2008. These changes might act as guideposts at what may be another inflection point in the market and counter popular attribution of causes for the new trends.


From this Austrian's theoretical point of view, the bubble today rests not in the gold market, but in the buildup of credit, which in a fiat monetary system happens in tandem with an increase in the broadly measured money supply (M3) during the upswing. M3 includes many types of what an Austrian would call money substitutes, usually paper units created by banks through deposit lending, which begets more deposits. Moreover, since the world's currencies are pyramided atop the dollar as a reserve and dollars are created through this process, these currencies represent a derivative of a derivative of base money.


What does it mean if the world's major currencies weaken relative to the dollar? In any minor fluctuation it would merely indicate a global preference of businessmen to invest in the United States, or in dollar-denominated projects. When the internet craze was sizzling, money was drawn to Silicon Valley, which once required dollars when technology talent and manufacturing resided close to corporate headquarters. Now that signs of deleveraging have been abundant since 2008, the interpretation is that a rising dollar signals more demand for money itself, with electronic Federal Reserve Notes acting as an imposter for gold. Gold was once at the center of all things monetary, as confirmed by tales such as the Celtic leader Brennus demanding his weight in gold be paid by the inhabitants of Rome in exchange for being left to live after the city's sacking in 390 B.C, and its role was usurped only in recent times.


Armed only with theory, an Austrian economist doesn't know precisely when or if we have reached a turning point. Sometimes such flashes of insight are apparent solely from the preposterousness of contemporaneous explanations of economic happenings. An excerpt from my book, Endless Money, dealing with inflection points was recently published on the Daily Reckoning web site. And, in For Whom the Gold Bell Tolls, I explain that the third (and most powerful) phase of the gold market might begin once correlation-driven investors see the dollar's influence on gold wane.


Lack of clarity is a hallmark of inflection points, until after the fact, when fundamentals seem obvious. Almost overnight a strong consensus behind a falling dollar faded, and in contention for the next trend are a variety of opinions for the economic future: inflation, deflation, V-shaped recovery, double-dip. In the U.S. and Europe, where banks are "all loaned up," hoarding could generate demand for traditional, debt-free money (gold) in the face of deflating asset prices - particularly for real estate. But symptomatic of an earlier stage of fiat lending excess, developing nations such as those in the BRIC region have produced robust credit growth in the aftermath of the 2008 crisis, rekindling traditional inflationary depreciation of the value of money there. Monetarily one side wants to contract; the other expands, but in both cases governments have opened up the throttle.


When two weather fronts collide, who knows what kind of storm might develop. Quite a bit of stored energy rests within Wall Street's correlation models, so let's get a weather report:
The "X" pattern in Figure 1 below illustrates the falling dollar (in white) and the rising gold price (in orange) evident over the past seven years. If you are a trader and you think the dollar has bottomed, you rejoice in the news of deteriorating credit among the PIIG countries (Portugal, Ireland, Italy, & Greece), and bet against gold accordingly.



Figure 1: Trade Weighted Dollar & Gold, 1990-2010. Courtesy Bloomberg.




But in Figure 2 below one has to wonder about the strength of the inverse relationship, and whether it is stable over very long time periods. The correlation is weak to begin with, with an R2 (R2 is the correlation squared) being just 0.30 from 2002-2009, roughly when the "X" pattern was evident. But from the beginning of 2009 to the present, the correlation has deteriorated, producing an R2 of only 0.13.
The empirical data suggest an already weak causality may be slipping close to nil, and eyeballing the general trends of gold and the dollar prior to the internet bubble makes one wonder if we might drift back into a long period when other determinants of the gold price could surface that are more important.


Figure 2: Trade Weighted Dollar & Gold Regressions, 2002-2009 & 2009-2010. Courtesy Bloomberg.



In 2008, on the margin capital flowed in an increasingly bearish direction, and eventually the system collapsed. Recent willingness to bet on a strong dollar and weaker gold prices seems to repeat this sentiment. The interest-carry and reflation trades were strongly in vogue as long as the dollar was in freefall. Now that the dollar might rise, it is logical that base metal prices would be at risk.
But what if gold is detaching from the relationship, as suggested by the breakdown in correlation that began in 2009? What if during 2009 some of the correlation money had gone long base metals and equities, but carved out gold as less appealing in a recovery? With this lessening correlation and an emerging characteristic of being a safe haven against an unpredictable end result of unprecedented monetary and fiscal stimulus, whether it be inflation, deflation, or an inflationary depression, such realignment is logical. Although gold hit an air pocket in late 2008 during the credit crisis, it was the only asset to hit new highs after the dust settled, and oddly it was preferred by those who anticipated a deflationary collapse in the banking system or hyperinflation - opposite ends of the spectrum!
Recently some have argued that the credit problems of the PIIGS are inconsequential, because their economies when combined compare in size to a modest American state. This observation is just as true as the explanation that the sub-prime mortgage crisis would be contained because it was not large. However, both thoughts confuse cause and effect. Small troubled sectors don't cause unleveraged systems to implode. They are symptoms of a credit bubble beginning to unwind, which depending upon how large it had been inflated to begin with, would make those trifles just be the first of many to fail.
An outcome of gold regaining its sea legs and sprinting to new highs could be consistent with acceptance of drastically lower collateral values, which could not be papered over with idle bank reserves or the endorsement of historical cost over mark-to-market accounting.

Figure 3: Trade Weighted Dollar and Gold Correlation Time Series 2000-2010. Courtesy Bloomberg.



What could trigger this scenario? Again, the movement of correlation-driven money could. Notice in Figure 3 above that while on average correlation between gold and the dollar might be weak, in reality the average is made up of periods of strong negative correlation punctuated by sharp breakdowns when the relationship actually went into positive correlation, or mere spikes within negative territory. Note, too, that key moments like the green spike in late 2005, early 2009, and the three spikes in 2001-2002 preceded sharp rallies in gold. These moments undoubtedly are ones in which investors were forced to acknowledge new realities about the economy, financial markets, and gold's role in it.
It may be premature to say that the correlation may be headed into another green spike. It may even end its upward thrust somewhere below the zero correlation line. But either way, the reduction in correlation that started in 2010 in Figure 3 or the lower R2 evident in the regressions from Figure 2 might be telling us that gold's uniquely hitting new highs after the meltdown of 2008 may signal not a bubble in gold, but a spreading awareness that the real bubble is in credit, be it privately created or born from Keynesian stimulus. And if that is the case, this conclusion is so far from the mainstream that the massive amount of energy stored in correlation-based investment pools could dramatically recalibrate the relationship between the relatively minute gold market and the considerably larger stock of fiat currency.



William Baker, CFA is the author of "Endless Money: The Moral Hazards of Socialism" (John Wiley, 2010)



Disclosures: Long and short equities. Long gold, gold derivatives, and gold equities



vendredi 5 février 2010

Point de situation après Mini-krach

Je vais continuer de poster sur le forum même si mes posts sont systématiquement supprimé (dans tous les cas vous pouvez les consulter sur le blog)
Bon voilà la situation : mes BX4 (support répliquant le double de la baisse du CAC40) commencent à bien rapporter, mais dans le même temps mes actions aurifères ont sévèrement dévissé.Au final le bilan est neutre à positif, mais je compte bien le voir devenir davantage positif
En fait tout dépend du dosage.A un moment donné j'avais deux fois plus de BX4 que d'actions aurifères (pour tenir compte que mes actions aurifères sont relativement volatiles).Aujourd'hui, après prise de bénéfices, je n'ai que 2/3 de mes actions aurifères couvertes par une position en BX4 désormais.Donc je suis sorti un peu trop tôt des BX4.
Par ailleurs j'ai initié une nouvelle position en ETF d'actions minières (qui a l'avantage d'être éligible au PEA), mais sans doute un peu trop tôt également, puisque toutes les minières dévissent autant, sinon davantage que le reste des actions.A long terme, je pense que les aurifères tout comme le reste des minières vont surperformer les indices actions, mais à court terme, il faut serrer les fesses.

Pour l'instant je garde le reliquat de la position en BX4, comme assurance contre un krach plus catastrophique.

A plus long terme, ma position reste la même : l'or et les actions aurifères vont surperformer les marchés actions, du fait des pressions inflationnistes qui vont ressurgir tôt ou tard.
Je vais continuer à jouer la baisse des marchés actions et donc un scénario plutôt déflationniste, mais c'est purement temporaire (du trading court terme).

Je pense que les jours prochains vont être assez critiques pour l'évolution des marchés, mais il n'est pas exclu que l'on assiste à un violent rebond de l'euro et avec lui des marchés actions.
Pour l'instant je suis assez confiant dans la position européenne. Je ne pense pas que la Grèce ou même le Portugal ou l'Espagne, vont faire défaut sur leur dette.
Tous ceux qui ont parié contre l'EUro dès avant sa création ont toujours été perdant, et je pense que cela va continuer.
Au final, la pression va se retourner violemment contre le dollar, ce qui favorisera une nouvelle vague de hausse de l'or.
Il faut se souvenir que la situation de la Grèce n'est rien, comparée à la situation de certains états comme la Caifornie, qui pèsent bien plus lourd sur l'économie mondiale.

jeudi 4 février 2010

Actions aurifères vs Or physique


Steve Saville, qui m'a fourni ce graphique et qui l'analyse, en déduit que les actions aurifères n'offrent pas forcément de levier sur le prix de l'or.
Cela est vrai si l'on observe le tunnel entre 1980 et aujourd'hui.
Cela étant dit les évolutions à l'intérieur de ce tunnel permettent de faire des profits.
Pour ma part, je parie sur le retour vers la borne supérieure de ce tunnel. (l'épisode de l'automne 2008 apparait d'ors et déjà sur ce graphique comme une anomalie dont il fallait profiter)
Par ailleurs cet index prend uniquement en compte les grosses capitalisation du secteur aurifères, alors que les juniors permettent en général davantage de gains (avec des risques certes plus élevés)

Crise : Scénario pour 2010

Crise : Scénario pour 2010, par Jean Claude Werrebrouck

Au seuil d’une année nouvelle il est inutile de rappeler les causes ultimes de la grande crise qui se déploie partout dans le monde : une mondialisation, sans projet ni sens, a développé de grands déséquilibres entre pays, déséquilibres à la fois créés, gommés, et aggravés par la finance. Le fordisme des 30 Glorieuses a laissé la place à un modèle où une épargne et une production excessives en un point du monde comble et creuse à la fois des revenus et une production insuffisants en d’autres points. Le compromis fordien laisse la place à ce que certains appellent le « modèle Wall Street ». Avant, parait-il, de passer au « modèle Wall-Mart ». Et s’il est probablement abusif de parler de modèle au vu de l’inventaire de la réalité, il est bien sûr impensable de parler de « compromis Wall Street ».
C’est que le modèle ne peut fonctionner que sur la base d’un endettement sans cesse croissant et donc forcément limité. Le déclenchement de la crise exprime le dépassement du seuil de soutenabilité de la dette. En 2008 mais surtout en 2009, parce que l’endettement privé est devenu insoutenable, notamment aux USA, la crise financière qui s’en est suivie a pu être contenue par la montée au front des Etats. La demande globale, partout dans le monde s’effritant voire s’effondrant, fût réanimée par des déficits budgétaires massifs (5000 milliards de dollars à l’échelle mondiale). Les perfusions les plus gigantesques furent entreprises aux USA et en Chine. Les entrepreneurs politiques de tous pays n’avaient d’autre choix que cette aussi gigantesque fuite en avant. Et aussi fuite en avant intellectuelle, car quel sens donner à l’action d’entrepreneurs politiques- dits libéraux -obligeant Keynes à plonger dans la tempête pour sauver Hayek ?
Au seuil de l’année 2010 il apparait que l’insoutenabilité de la dette privée est toujours présente, mais accompagnée par les menaces de l’insoutenabilité de la dette des Trésors Publics. L’examen de la multitude d’indicateurs, et il est aisé de se les procurer, révèle que la demande globale n’est toujours pas capable d’équilibrer l’offre globale sans crédits supplémentaires …qui ne peuvent naître en situation d’endettement excessif. D’où le maintien des perfusions même à échelle plus modeste. D’où le vote du 24 décembre 2009 du sénat US qui ajoute 90 milliards de dollars au plafond de la dette US, le comblement sans limite des pertes de Fannie Mae et Freddie Mac jusqu’en 2012, la mise en activité d’unités de production industrielle surdimensionnées en Chine, la construction frénétique de logements, de voitures, qui ne peuvent être vendues sans subventionnements disproportionnés, etc.
Les entrepreneurs politiques – au-delà des discours, et interprétations ou avertissements des financiers, des banquiers, de la presse dite spécialisée, etc… discours et interprétations qui tomberont progressivement dans le comique et le dérisoire – seront obligés en 2010 d’aggraver les déficits et dettes publiques. Les prévisions de vente de dette souveraine, (plus de 2000 milliards de dollars pour le trésor US en 2010 et déjà 1945 milliards en 2009), minorées parfois pour ne pas effrayer les marchés, comme celles de l’Agence France Trésor, ne sont pas en congruence avec les capacités de remboursement. D’où la question déjà évoquée de la répudiation de la dette. (cf « le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats »).
C’est ainsi que le mode de la répudiation de la dette sera la question centrale des années 2010 et 2011. Et pour comprendre ce qui pourrait advenir, il est fondamental d’effectuer un bref retour historique sur le fonctionnement des Etats.
Les Etats et la monnaie
Considérons comme acquis la fondation historique de ces derniers sur la violence. L’Etat repose historiquement sur la monopolisation de l’extériorité, qui caractérise tout groupe humain, par des acteurs soucieux d’utiliser le levier correspondant à des fins privées. Les libertariens comme les marxistes diront plus tard qu’il s’agissait et qu’il s’agit toujours d’utiliser la contrainte publique à des fins privées. Seuls les paradigmes ultra-libéraux et marxistes sont relativement capables d’interpréter assez correctement les travaux des ethnologues et donner une vision assez convenable de la naissance de l’Etat. Il en va autrement des néo-classiques et des keynésiens, qui glissent ce dernier dans leur modèle, mais ne peuvent rendre compte des conditions de sa naissance, voire même ne cherchent pas à en rendre compte. Or la chose est capitale pour comprendre la finance, sa gestion et sa ou ses crises. Et parce que ces deux écoles ne disent mot de l’essence de l’Etat, ils ne peuvent énoncer une théorie monétaire très satisfaisante.
Lorsque l’Etat est né mais qu’il n’est pas encore Etat de droit, l’utilisation de la contrainte publique à des fins privées concerne massivement l’accaparement de ressources privées à des fins privées, notamment guerrières.
Concrètement il s’agit d’effectuer des prélèvements pour financer des guerres toujours ruineuses. Des prélèvements qui seront des impôts, des pillages (même Napoléon dira que c’est la guerre qui doit nourrir la guerre, d’où la création administrative d’un « volet extraordinaire » de ressources budgétaires issues du pillage des territoires conquis) des emprunts obligatoires ou non, de la dilution de métal précieux dans les monnaies métalliques, des papiers dépourvus de valeur ou dont on organise la dévalorisation. Il s’agit au fond de renoncer à l’échange volontaire de la théorie des marchés.
Les Etats dans leur version brutale, et les individus qui en tiennent les leviers, utilisent la violence prédatrice en s’invitant dans l’espace monétaire pour le faire fonctionner, au moins partiellement, comme machine prédatrice. Mais précisément apparait ici la contradiction fondamentale. Celle du loup dont l’intérêt est que les moutons soient gras : il faut autant que possible, surtout si l’avenir est le passage à l’Etat de droit, respecter les contrats qui existent dans la sphère privée tout en les violant.
Parce que Rome est apparemment moins habile qu’Athènes dans ce difficile exercice, le Denarius ne jouira pas du prestige de la Drachme, et il est vrai que les ruptures de contrat envisagées par Néron et surtout Septimus Severus, ruptures sous forme de dilution – politiquement décidée – de métal précieux, développeront déjà les premières apparitions de la loi de Gresham. Il s’agit déjà d’un problème de dette publique et de tentative de sa répudiation.
En raison même de la nature du fait étatique, les ruptures de contrat, souvent violentes, et toujours très consciemment décidées par les détenteurs du pouvoir, resteront très nombreuses jusqu’au seuil de l’avènement de l’Etat de droit. Durant l’ensemble de cette très longue période, les Trésors fonctionnent à la fois comme Trésor et comme banque centrale, une banque centrale qui n’existe pas et qui naitra dans le premier Etat de droit, c’est-à-dire la Grande Bretagne avec la création en 1694 de la Banque d’Angleterre.
Jusque là on peut considérer qu’effectivement « battre monnaie est un attribut de la souveraineté », ce qu’il faut entendre – plus correctement – comme violence monétaire de groupes privés (les détenteurs du pouvoir) à l’encontre d’autres groupes privés (les sujets). L’émission de ressources monétaires au profit des détenteurs du pouvoir passe par le seigneuriage, la dilution, plus tard l’émission d’assignats dont on organise la dévalorisation y compris par la voie légale. Ce sont bien les Trésors publics qui produisent par violence les ressources tant attendues. Ainsi l’assignat créé le 19 décembre 1790 repose sur des biens confisqués (les biens de Clergé). Il s’agit de papiers imprimés par l’administration que l’on « achète » à l’Etat contre de la monnaie classique qui viendra résorber le déficit public.
Cet achat est obligatoire pour ceux des acteurs qui souhaitent acquérir des biens confisqués, lesquels ne se négocient qu’en assignats. Il s’agit donc au fond d’une sorte de modernes bons du trésor puisqu’émis par le trésor, ce qu’on appelle aujourd’hui de la dette souveraine, sauf que l’Etat n’a pas à les rembourser, puisque le dit remboursement se fera sur la base d’actifs spoliés issus de la violence étatique. Et comme cette première forme de violence est insuffisante pour couvrir les charges publiques, il suffira de remettre en circulation des assignats ayant déjà apporté leur tribut aux détenteurs du pouvoir et aux groupes qui le soutiennent. Concrètement les assignats issus de la vente réelle de biens du clergé ne seront plus détruits (on faisait semblant de respecter un contrat qui pourtant repose sur un sous-jacent mal acquis) et seront remis en circulation : on ne fait plus semblant et après avoir spolié le clergé on se met à spolier les acquéreurs d’assignats. Si maintenant la machine s’emballe et que nait une méfiance mimétique, alors il suffira aux détenteurs du pouvoir d’imposer l’assignat comme instrument de circulation. Avec toute la violence nécessaire : le seul fait pour un commerçant de refuser l’assignat comme moyen de paiement est passible de la peine de mort (décret du 8 septembre 1794). Aujourd’hui, les Etats Unis vont-ils couper la tête des chinois ? C’est la loi du 30 septembre 1797 qui organisera avec brutalité la dernière répudiation active de la dette souveraine française. Après bien des gesticulations, dont l’affranchissement par l’Etat du paiement annuel des arrérages (ce qui fût désigné par le terme de « mobilisation de la dette ») et même la naissance acrobatique d’un premier marché secondaire de la dette, il est décidé que le capital sera aux deux-tiers répudié. Ce que l’histoire appellera la « banqueroute des deux-tiers ».
Les Etats de Droit et la monnaie
L’irruption de l’Etat de droit devait modifier largement les moyens d’action de ceux qui devaient devenir des entrepreneurs politiques sur des marchés démocratiques. C’est qu’en démocratie, les marchés politiques sont instables, ce qui signifie qu’en théorie tous les groupes constitutifs de la société peuvent être amenés à utiliser la contrainte publique à des fins privées. La démocratie permet, à tour de rôle, aux moutons de devenir eux-mêmes des loups et inversement. Ce qui signifie par conséquent une main moins lourde de la part de ceux qui désirent utiliser la contrainte publique à leur avantage. La gestion de la dette publique devra donc être revue et corrigée : moins de violence affichée et recours caché aux forces du marché pour la répudiation.
Tout d’abord, l’expérience de la Grande Bretagne fera école : la présence d’une banque centrale ayant le monopole de l’émission monétaire diminue la prime de risque, et c’est la raison pour laquelle la dette souveraine britannique sera durablement moins couteuse. Les Trésors de la plupart des pays vont donc s’équiper d’une banque centrale qui, dans nombre de cas, va devenir la banque du Trésor. La Banque centrale sera ainsi amenée à gérer par voie conventionnelle avec le Trésor le compte de ce dernier. Evidemment des opérations de crédit peuvent être envisagées : avances simples, crédits à plus long terme, mais tout simplement achats de bons du trésor, ce qu’on va en France appeler « planchers de bons du trésor » jusqu’aux débuts des années 1970, et qui signifiait l’obligation de la part de la banque centrale, mais aussi des autres banques, d’acheter un minimum de bons du trésor. Minimum évidemment politiquement décidé. Les facilités correspondantes peuvent aussi être acquises sur le système bancaire et tous les agents économiques. Il s’agira encore de bons, par exemple ceux de la défense nationale ou d’emprunts, volontaires le plus souvent, obligatoires parfois. En période difficile, guerre, changement de régimes et donc d’entrepreneurs politiques, l’émission de dette souveraine se fait sur des bases moins indolores : cours forcé des billets en 1914, avances illimitées de l’institut d’émission, emprunts obligatoires sur la base de taux organisateurs de la spoliation (Vichy) etc. Mais le 19ième et surtout le 20ième siècle seront plus cléments en la matière et la dette souveraine ne dépassera que fort rarement le seuil de l’insoutenabilité.
L’Etat de droit respecte mieux les contrats que son ancêtre. Surtout les entrepreneurs politiques et leurs mandants peuvent se cacher derrière des processus inflationnistes, qui annulent la dette souveraine, sans passer par la violence de sa répudiation officielle. Surtout enfin, ces mêmes entrepreneurs bénéficient d’une croissance encore jamais rencontrée dans l’histoire de l’humanité. La dette est ainsi mangée par les deux bouts : inflation d’une part, croissance d’autre part. Keynes le voulait, les Etats l’ont fait : les groupes rentiers disparaissent sans le recours à la violence de l’Etat dans sa version brutale. C’est, en idées, le temps de la sociale démocratie et, en théorie, celui du Fordisme triomphant, le fameux compromis fordien. Compromis large, avec utilisation massive de la contrainte publique au profit de classes moyennes de plus en plus nombreuses faisant émerger un Etat providence redistribuant souvent massivement des prélèvements à l’intérieur même de ces classes moyennes, mais laissant le groupe des rentiers en voie de marginalisation.
Mais l’histoire ne s’arrête pas, et des groupes, en quête d’un élargissement de marchés devenus trop provinciaux, vont au nom de l’universalisme des droits, au nom de la liberté, et donc au nom de la liberté d’échanger, exiger des entrepreneurs politiques l’affaissement des nations et le triomphe du marché. C’est aussi le triomphe de la finance, puisqu’il faudra bien au nom du respect des contrats couvrir les risques d’un marché mondialisé : taux de change, taux d’intérêts, marché des futures, risques fournisseurs et risques pays, etc. Sans Finance, et donc sans les entrepreneurs politiques chargés de la promouvoir, pas de réelle mondialisation. Il est essentiel que les entrepreneurs politiques abandonnent leurs outils traditionnels dans le champ de la finance et de la monnaie. Il faut donc interdire – avec radicalité- leurs activités prédatrices traditionnelles, fussent-elles devenues plus douces.
La perte du pouvoir monétaire
Cela s’appellera indépendance des banques centrales et lutte contre l’inflation. Mais auparavant, en France, la loi du 3 Janvier 1973 viendra déjà quasiment interdire toute possibilité d’abondement du compte du trésor à la banque centrale. Comme si une entreprise solide et réputée, ou un particulier aisé se voyait refuser un crédit par son banquier traditionnel. Changement de statut inouï : Le loup qui avait intérêt à ce que les moutons soient gras et à cet effet avait construit cette belle bergerie qu’est l’Etat Providence, devient subitement mouton. Quelques années plus tard, en 1993, les nouveaux statuts de la Banque de France, en conformité avec ce qui va devenir le système européen de banques centrales, confirmeront une interdiction radicale. Interdiction qui se reportera évidemment sur la Banque centrale européenne. Le loup est devenu le mouton.
Les Trésors n’ont ainsi plus accès au pouvoir monétaire qui, de tous temps, menaçait les rentiers. Le champ monétaire ainsi dégagé devait autoriser un nouveau développement de ce groupe en voie de disparition dans le compromis Fordien. En même temps le pouvoir monétaire est transféré à la finance. Et les groupes correspondants ont beaucoup œuvré pour orienter les choix des entrepreneurs politiques. Depuis les accords de la Jamaïque du 8 Janvier 1976, qui vont ouvrir l’immense marché de la régulation des changes flottants au détriment de la souveraineté des Etats, jusqu’aux G20, et la nouvelle régulation financière qui n’en finit pas d’accoucher, le fil conducteur est le même depuis 35 ans. Et il est difficile pour les participants de ces grandes conférences de nier que l’enjeu en est à chaque fois – au-delà des apparences techniciennes – l’utilisation de la, ou des contraintes publiques à des fins privées.
En 2010 le transfert de la montagne de dette sur les Trésors repose la question éternelle de la répudiation par un acteur qui reste d’essence prédatrice, qui était depuis la nuit des temps pourvu d’une formidable mâchoire, mais que la mondialisation a édenté.
Toutefois les entrepreneurs politique n’ont pas disparu et continuent à travailler pour les groupes qu’ils représentent tout en travaillant pour eux-mêmes. Ce qui va les amener à retourner leurs armes et trouver alliances avec les groupes victimes de la grande crise. C’est qu’en 2010, une masse croissante d’individus va constater que la crise n’est pas finie, et qu’elle s’est simplement enrichie de victimes nouvelles : Les Etats.
Déjà aux USA un mouvement se constitue pour s’inquiéter de l’énormité de la dette souveraine. Des Etats à l’intérieur de la confédération sont au bord de la cessation de paiement. Il en est de même en Europe. Surtout il n’est pas impossible que l’on apprenne dans le grand public ce que tout banquier sait parfaitement : le grand prédateur devenu trop gentil, est lui-même pillé par les banques qu’il vient de sauver. En achetant des bons du Trésor on se constitue un actif construit sur une matière première à coût d’acquisition presque nul (cf « Taxer les bonus, ou l’art de l’immobilisme »). Comme si les maçons construisaient des murs, sans devoir payer les briques et le ciment. C’est que la création monétaire est aujourd’hui en d’autres mains. Il sera – malgré le technicisme des discours et l’opacité des bilans – de moins en moins difficile en 2010 de faire comprendre aux victimes déboussolées de la crise, qu’ils paient 2 fois : une fois comme victime de la crise économique, une autre fois comme contribuable devant payer « la valeur ajoutée des banques ».
Quel scénario de déploiement de la crise pour la période à venir ?
La difficile répudiation douce de la dette. En premier lieu, les banques centrales continueront à injecter massivement des fonds à coût approximativement nul au profit du système bancaire. Les choses peuvent durer longtemps, car le crédit ne peut redémarrer alors que la cause (intermédiaire et non pas ultime) de la crise est un excès d’endettement. On ne guérit pas un drogué en lui demandant d’accroitre sa consommation de stupéfiants. Ne dit-on pas que le rythme des prêts à l’économie ne cesse de baisser, en particulier aux USA avec une chute de 11% en octobre dernier, dont 18% pour le seul Citigroup ?
Et les choses vont durer, car les banques commencent à subir les « effets de second tour » qui se manifestent par une augmentation des défauts partout dans le monde, y compris en Chine. La base monétaire continuera donc son ascension. Mais toujours sans risque inflationniste immédiat. Nous ne sommes pas dans un monde connaissant une pénurie de marchandises associées à un pouvoir d’achat non négligeable. Durant la première guerre mondiale il y eut augmentation gigantesque de la base monétaire distribuée, d’abord par la banque centrale, ensuite par le Trésor. Il y avait donc un pouvoir d’achat, en face duquel les marchandises échangeables se contractaient puisque, pour raisons militaires, une bonne partie du PIB n’était pas constitué de marchandises échangeables. La situation était donc directement inflationniste. Nous sommes presque dans une situation inversée : l’augmentation considérable de la masse monétaire n’est pas pouvoir d’achat, et les marchandises échangeables ne font pas défaut. Simplement la surliquidité bancaire actuelle continuera à développer des bulles d’actifs toujours dangereuses. Aussi bien en Occident qu’en Asie.
Au-delà, la situation restera donc de tendance déflationniste sur l’ensemble de l’année 2010. Il n’est pas sûr que la surliquidité permettrait de supporter une éventuelle nouvelle crise financière dans la crise économique. Ne dit-on pas qu’à la fin de cette année il y aura 21millions de ménages américains endettés pour un montant supérieur à la valeur de logement ? La BCE ne vient-elle pas d’annoncer, pour 2010, 187 milliards d’euros de dépréciations nouvelles d’actifs financiers ? Mais cette crise potentielle serait autrement gérée : les Etats épuisés ne pourront plus sauver le système bancaire, et l’essentiel de l’effort éventuel sera reporté sur les seules banques centrales. Cela pouvait être le choix de septembre- octobre 2008. Et si tel ne fût pas le cas, c’est en raison du malthusianisme aujourd’hui disparu des banques centrales. Probablement aussi en raison de 35 années de réglementation financière ayant eu pour effet, d’éloigner les Etats du grand banquet de la finance. Choix extraordinairement coûteux qui ne pourra, le cas échéant, être reproduit en 2010. L’apparition d’une nouvelle crise financière à l’intérieur de la crise économique, serait probablement favorable à l’accélération d’un processus de rapprochement entre Banques centrales et Trésor comme ci-dessous imaginé.
Les voies souterraines du desserrement de l’Etau monétaire et financier
En second lieu, l’année 2010 verra probablement augmenter le stock de dette souveraine mondiale qui dépassera en fin d’année très largement le cap des 50 000 milliards de dollars (49500 en fin 2009). Le risque d’un krach obligataire sera multiplié en raison des maillons faibles qui déjà subissent un spread de taux important (prés de 3% entre le taux allemand et le taux grec en fin 2009). La grande question qui émergera est celle du rapprochement des banques centrales avec les Trésors : est-il possible pour les entrepreneurs politiques de casser le développement de la rente financière et d’en revenir à une situation où prévalait l’euthanasie des rentiers ? La question se posera régulièrement en 2010 avec l’élargissement du cercle de ceux qui réaliseront qu’au nom du désarmement financier des Etats, (indépendance des banques centrales) un puissant marché secondaire de la dette souveraine s’est créée au grand avantage des banques, et au grand désavantage des Etats. Le nombre de ceux qui partout dans le monde, exigeront la fin des rentiers ira croissant et les entrepreneurs politiques seront progressivement amenés à réexaminer et leurs convictions, et leurs bases électorales. Et c’est bien ce que l’on constate depuis l’automne 2009 dans les débats qui agitent le congrès américain : volonté d’en découdre avec la FED et ses opacités, menaces de démantèlement des méga banques contre la toute puissante et très écoutée « American Bankers Association » etc.
Il sera très difficile en 2010 – sauf peut-être emballement de la crise- de revenir sur 35 années de législation nationale et internationale qui ont consacré la victoire de la finance et de la rente. L’idée étant pourtant de revenir à une situation où les Trésors seront capables de répudier la dette, comme ils le faisaient si bien, avant la naissance des Etats de droit. Nous retrouvons ici toute l’ambiguïté des Etats garants du respect des contrats qu’ils cherchent pourtant à violer. Dans ce contexte, le scénario de l’implosion de l’Euro serait un boulevard pour précipiter un rapprochement musclé des banques centrales et des Etats, les premières ne devenant que les gestionnaires obéissants des Trésors, comme au « bon vieux temps ». Un tel scénario vaudrait évanouissement de la dette souveraine au profit de nouvelles aventures. Crise dans la crise (point 1) et prise de conscience du siphonage des Trésors (point 2) seraient une conjonction éminemment favorable au réarmement des Etats et la répudiation de la dette. La réalité 2010 sera une situation intermédiaire entre cette conjonction et ses effets considérables, et le maintien du statut quo, donc celui du maintien de la présente fuite en avant.
On peut pourtant imaginer un exemple de situation intermédiaire annonciatrice de répudiation de la dette par rapprochement des Banques centrales et des trésors en 2010. Les agences des Trésors chargées de la commercialisation de la dette souveraine (AFT pour le Trésor français) peuvent progressivement renoncer aux adjudications compétitives (respect du marché) et imposer des taux proches de zéro (violence réglementaire). Situation qui nous rapprocherait de l’époque où l’Etat, disposant d’une solide mâchoire, pouvait s’affranchir du « paiement annuel des arrérages ». Bien sûr il ne saurait s’agir d’inviter la banque centrale dans le club très fermé des banques SVT (spécialistes en valeurs du Trésor) ce qui est encore, bien sûr, juridiquement interdit aujourd’hui. Mais si le Trésor est édenté, on peut lui adjoindre des prothèses, le club des SVT étant fermement invité, à faire des propositions d’achat à des prix très proches du coût d’accès à la matière première pratiqué par la banque centrale , qui précisément fournit cette matière première à taux proche de zéro. Voilà qui ressemble au contrôle des marges dans la grande Distribution. Cela suppose une certaine autorité sur les banques centrales.
Et si bien sûr les banques étrangères quittent le club pour d’autres lieux plus rémunérateurs, il n’y a pas à craindre d’assèchement de la liquidité, les robinets des banques centrales restant ouverts pour les banques nationales. En clair si HSBC quitte le club rattaché à l’AFT, il est toujours possible d’élargir la part de marché de BNP PARIBAS qui elle aussi fait partie des SVT françaises. Il serait même possible d’envisager la composition d’un club des « Etats nouvellement prothèsés », faisant face aux clubs des SVT, et bien décidés à mettre fin à la « fausse valeur ajoutée » des banques qui développent encore aujourd’hui l’insoutenabilité des dettes souveraines. Il n’est donc pas impossible de voir apparaitre en 2010 ce club des « Etats prothésés », club sans doute plus porteur que le G20.
Le schéma proposé ci dessus n’est qu’une piste possible, parmi les dispositifs qui se mettront progressivement en place en 2010 sous la conduite d’entrepreneurs politiques qui – poussés par les victimes de la rente financière – ne pourront plus très longtemps se contenter de la fuite en avant.
Vers la guerre monétaire ?
En troisième lieu, les inéluctables tentatives de rapprochement des Trésors et des banques centrales seront en 2010 porteuses de troubles monétaires internationaux de grande ampleur, et ce dans un contexte déjà fort complexe. Les contraintes du Trésor américain, et déjà les modalités du financement de sa dette, continuent de peser sur le cours du dollar. C’est que d’une certaine façon, ce dernier est émis dans les mêmes conditions que les assignats. Avec toutefois une différence : les assignats étaient en principe gagés sur une richesse réelle, comme les premières coupures fiduciaires l’étaient sur l’or, ce qui n’est pas le cas du dollar de l’époque du « Quantitative Easing ».
Cette baisse est porteuse de deux effets vis-à-vis de la nouvelle seconde économie mondiale (La Chine). En premier lieu les chinois continueront en 2010 à protester contre l’obligation qui leur sera faite de maintenir des réserves en monnaie fondante. A l’inverse des citoyens français de 1794 ils ne sont pas réellement obligés d’accepter des assignats et tenteront de diversifier leurs placements. En termes plus crus, ils partageront le poids de la monnaie fondante avec d’autres acteurs intéressés par les investissements chinois sur leur territoire : Afrique, Amérique Latine, etc. Autre façon d’échapper à ce qu’ils croient être des assignats : le lancement en 2010, en Asie, de la plus grande zone de libre échange du monde, avec création en mars 2010 d’un fonds d’urgence de devises, et la tentative de populariser le Yuan comme monnaie internationale. Opération difficile ne se déployant que dans la durée. En 2010 le Yuan restera une monnaie inconvertible, mais, si la Chine ne connait pas de catastrophe, l’avenir du yuan comme monnaie de réserve, n’est pas impossible.
En retour, les USA seront de moins en moins disposés à voir leur demande globale siphonnée par une monnaie de combat. Même si le déséquilibre commercial des USA est divisé par deux en 2009, il représentera encore 4% de PIB. Accroché au dollar le yuan fluctue au rythme de la devise américaine, ce qui signifie qu’en cas de baisse du dollar, toutes les autres monnaies sont victimes d’un yuan trop faible. En particulier l’euro qui voit le yuan se déprécier de 17% depuis mars 2009 et le Yen qui le voit se déprécier de 11% pour la même période. Cela signifie que tous les pays dont la monnaie n’est pas rattachée au dollar, peuvent en théorie adopter le point de vue des USA. Le risque d’entrer dans une guerre des monnaies est donc relativement important. Déjà des propos équivalents à ceux tenus dans les années 30 à propos des dévaluations massives de l’époque refont surface : « La Chine exporte son chômage », « il faut compenser l’agressivité monétaire chinoise par des taxations douanières » etc. En 2009, déjà très consciente de ce risque, la Chine a décidé dans la précipitation de se diriger vers l’auto centrage, par le biais de son gigantesque plan de relance économique. D’où un premier résultat : la chute de la contribution négative des échanges extérieurs à la croissance a pu être compensée par 12% de PIB de la demande intérieure. Résultat spectaculaire.
Insuffisant, diront les Occidentaux et nombre d’autres Etats qui vont exiger en 2010, de façon de plus en plus pressante, une réévaluation du yuan. Sans se rendre compte que la chine, est aussi dans une fuite en avant tout aussi dangereuse. Société aujourd’hui tout aussi inondée par l’économicité que le monde occidental, son Etat, à peine de graves déconvenues, se doit de produire 24 millions d’emplois chaque année. La relance fût classiquement keynésienne avec surtout des investissements pharaoniques d’infrastructures et la naissance de surcapacités industrielles, par obligation de la part de ses dirigeants d’accepter des crédits bancaires massifs, décidés par un Etat qui lui, n’est pas encore Etat de droit et dispose d’une belle dentition. Mais qui est aussi dans une fuite en avant dangereuse et inquiétante. La base monétaire s’étant accrue de 30% en 2009, les bulles en formation sont nombreuses, notamment dans l’immobilier. La croissance chinoise peut-elle s’effondrer en 2010 en raison même de cette fuite en avant ? Il est impossible de répondre à une telle question. Le risque étant toutefois, que la volonté de maintenir un Yuan sous évalué pour des raisons de politique interne, entraine un réarmement douanier ailleurs dans le monde, accélérant le processus de dé mondialisation déjà bien avancé.
Les 3 points sus-évoqués (difficile répudiation douce de la dette souveraine par une inflation qui restera absente en 2010 ; tentatives de répudiation par reprise plus ou moins souterraine du pouvoir monétaire, et donc desserrement de l’étau monétaire ; conséquences de la tentative de reprise du pouvoir monétaire sur les taux de change et la situation internationale) constituent la colonne vertébrale du déploiement de la crise au cours de l’année 2010. Son centre de gravité étant le réarmement des Etats face à l’endettement public.
La prise de distance toujours croissante entre les Trésors et les banques centrales a autorisé la mondialisation, et les déséquilibres que cette dernière a elle-même engendrée, par rupture de la cohérence fordienne. En 2010, le rapprochement pour cause de la répudiation de la dette, de ce qui était séparé, marquera la confirmation du processus de dé-mondialisation.
C’est à partir de ces lignes de force essentielles que pourront se comprendre les phénomènes qui vont accompagner la trajectoire de la crise : puissance de la croissance, ou hélas, plus probablement de la dépression, importance du chômage, niveau d’agitation des marchés politiques, niveau d’agitation des instances médiatiques chargées de l’interprétation du déroulé des évènements, rapports de forces autour des tables de négociation internationales ; etc.

lundi 1 février 2010

Analyse de la semaine

Analyse de la semaine :

Le repli sur les marchés actions a été sensible sur les derniers jours de cotation, et le repli sur les actions aurifères a été encore plus sévère.

Ce repli est également accompagné par une chute brutale de la plupart des matières premières, pétrole en tête.

Vu de loin cela ressemble à s’y méprendre aux prémices du krach d’Octobre 2008.

Mais je fais aujourd’hui le pari que la même situation ne se reproduira pas deux fois.

Fondamentalement et techniquement, le marché haussier de l’or est intact.

Certes les indices comme XAU et HUI donnent des signaux techniques très inquiétant, mais il s’agit de marché trop petits et trop facilement manipulables pour être suivis de trop près.