vendredi 31 décembre 2010

CAC 40 fatigué

Plus je regarde le graph du CAC40, et plus j'ai l'impression d'un graph "fatigué", maintenu en lévitation par une ficelle pas très épaisse.

Les indices américains peuvent à la rigueur donner l'impression d'être haussier, mais pas le CAC.

Il se rapproche bien plus de l'indice IBEX que de l'indice S&P 500.

On pourrait y voir un message. Alors que la France a été jusqu'à présent épargnée par les problèmes de dette souveraine, elle n'est pas très loin dans le viseur des marchés.

Par ailleurs je pense que même le S&P500 et l'ensemble des indices actions sont vulnérables pour une correction substantielle.

Ce n'est pas le moment de prendre le train en marche à mon avis.

Il se peut que l'on ait encore une phase de hausse en ce début janvier, mais le retournement pourrait intervenir plus vite que l'on croit.

Actuellement ma stratégie est d'accroitre ma position baissière sur les rebonds, comme celui d'aujourd'hui.

jeudi 30 décembre 2010

Un scénario parmi d'autres : Le Krach de la Chine.

Voici les éléments :

Krach de la Chine. Pourquoi ?

La lutte contre l'inflation provoque des mesures restrictives sur le crédit qui finissent par faire exploser la bulle immobilière et boursière chinoise, et provoque un krach , avec des faillites en cascades. (le 1929 chinois).


Conséquences :
  • Baisse du pétrole et des matières premières
  • nouvel effet "deleverage"
  • Baisse des bourses mondiales
  • Nouvelles faillites bancaires
  • Récession économique
  • Baisse de l'immobilier
  • Bonne Résistance, voire hausse de l'or
  • Hausse du dollar
Le scénario déflationniste / "risk off" par excellence, avec cependant une surperformance (relative) de l'or.

Ce serait 2008 mais peut-être en pire.

Selon une autre variante, on aurait une chute du dollar et de l'or du fait de l'absence d'achats de la Chine qui ont été de gros acheteurs d'or et de dollar au cours de la décennie écoulée.


Maintenant, dites-moi ce qui pourrait contredire ce scénario...

En tout cas un certain Jim Chanos, qui s'est illustré en vendant à découvert Enron, est en train de parier gros sur un krach de la Chine.




Voici le trade tel qu'il est expliqué par David Haas, suivi de la video de l'interview de Jim Chanos sur CNBC :

Chanos Expects to Cash in on His China Shorts During 2011


Here’s a recent interview with Jim Chanos on the critical state of the Chinese economic picture. Chanos typically makes his money short-selling overpriced markets and he’s “all over” China like stink on a pig; has been for well over a year.

Chanos believes 2011 will be his big year to begin cashing in on his China shorts. Here’s his reasoning:Should Chanos’ vision play out, global implications would include a massive spreading of deflation throughout commodities markets – since most are currently being supported mainly by Chinese demand and China-centric global speculation.

Therefore, major commodities-based economies such as Canada, Australia, New Zealand, most South American countries, and many others, would take a direct economic hit as well.

Obviously, a contracting/declining global economy hits energy demand, so OPEC would soon find itself to be awash in oil (again) and prices would quickly begin to adjust.

Wildcard! A new “global cooling” trend – should it continue – would add significant support to energy markets while dramatically increasing food prices due to hoarding and shortages.

As indicated by Chanos, many European countries – already in dire financial straits – would also be hit hard as they are heavy “net” exporters to China. In light of deepening “austerity”, local implications would be severe and Europe would become a social tinderbox. It seems unlikely to me that the Euro, and even the “EU” itself, would survive such a scenario.

U.S. financial interests would be hit indirectly (we’re not major exporters to China) by significant exposure to private and sovereign defaults emanating primarily from Europe. It’s hard to guess if there would be any willing “deep-pockets” buyers for new U.S. debt (other than the Fed) in this “SHTF” marketplace. Could this imply QE3…QE27…QE243?

With many nations becoming unwilling or fiscally incapable of cooperating in global “bailout” schemes, a powerful new wave of protectionist/separatist/isolationist pressures would likely be unleashed – presenting increasing resistance to further globalization efforts as nations and entire regions begin to suffer acute internal stresses and national leaders fight viciously for political control and survival.

In the extreme, capital flows would be restricted if not entirely stopped in some (or many) countries and new international hostilities would likely appear. Consider this scenario an “equal and opposite reaction” to many decades of globalist pressure and prima facie cooperation.

Question whether or not “globalization” is a natural evolutionary development and, if not, is it sustainable without devastating cost to both man and nature.

Overall, this scenario – kicked-off by a major slow-down in China – plays well with the long-wave deflationary theories I continue to support – as a massive overhang of globally-digitized “bubble-credit” continues to forcefully unwind in a somewhat unpredictable and virtually uncontrollable manner.

As I read it, we’re still relatively “early” in this grand deflationary cycle. The entire “game” has been delayed by the deceptive and massively harmful “inflationary meddling” of a global band of politicos and central banks acting in concert in pitifully vain attempts to circumvent laws of nature and physics; what goes up must come down.

In my book, Rule #1 is “In the end, gravity wins.” All other rules follow.

As most readers know, the vested financial interests have carried this “ploy” off by exponentially increasing sovereign (national) debts that have served PRIMARILY to bail themselves and their cronies (private interests) out of losing speculative gambles (which created the whole mess in the first place) with real “cash money” taken directly from “taxpayers” via the creation of massive new PERMANENT sovereign debts.

These reckless and grossly irresponsible acts will serve to multiply the eventual damage to “real” people by the future – albeit delayed – collapse of large sectors of both global and local economies.

In this continuation of an age-old story; a few play, while most just pay. We’ll continue to pay…and pay…until we put a stop to it.

Meanwhile, NO job is safe, NO pension is safe, NO investment is safe. Assuming a deflationary environment exists, CASH continues to be KING until the storm passes.

Remember, depressions happen one household at a time. Why? Because, for an endless variety of reasons, depressions FORCE OTHER PEOPLE to hold tight to their money and this quickly travels through economies as the “multiplier effect” works to rapidly undermine households and vital small businesses through chain-reaction.

That’s why it’s called a “deflationary cycle” and, in order to be stopped, a cycle must generally be allowed to fully play itself out.

The sooner we learn to stand back and allow this to happen (See: Iceland Exits Recession), the less damage we’ll all sustain in our lives and the better off we’ll all be in the end.

The unfortunate fact is, there is simply no way to avoid the pain. Scary as it seems, we MUST step up and face the lashings. Just be sure to remember who brought us here.

For more interesting articles and commentary please visit: http://www.haasfinancial.com

    By David Haas Consultant



    Avec ma position actuelle (baissier sur les indices action), je suis en tout point d'accord avec l'analyse de Jim Chanos et le commentaire de David Haas, qui se trouve être une position "déflationniste".

Voici la video de l'interview de Chanos :



Indice S&P 500 depuis 1871, ajusté de l'inflation

Voici une des raisons pour lesquelles je reste baissier à moyen terme sur le marché action :



La période corrective depuis 2000 n'est sans doute pas terminée, si on compare aux autres marchés baissiers du siècle dernier.


dshort.com: S&P Composite: Secular Bull and Bear Markets

Le débat concernant l'immobilier US





A ma gauche, Reggie Middleton, blogger brillant et quasiment prophétique en ce qui a concerné la crise des subprimes (voir les archives de son Blog). Depuis, sa performance a pâti du rebond des marchés actions. Il dirige une petite boutique d'analystes, et écrit des posts provocateurs et iconoclastes souvent baissiers et catastrophistes. Il a commencé à être invité dans quelques talk show financiers, à la marge.

A ma droite , Bill Ackman , gérant de Hedge-Fund hyper-médiatique, souvent invité sur CNBC. C'est aussi un investisseur "activiste" dans le sens où il prend des positions importantes dans des sociétés pour pouvoir influencer leur management. Pendant la crise des subprimes, il a connu un très gros succès en pariant sur l'insolvabilité de MBIA (un assureur d'obligation). Il a aussi connu un très gros échec sur une de ses fonds en prenant une position dans Target (une chaine de supermarchés). Le fond a perdu 80% de sa valeur à un moment.


Reggie Middleton est baissier sur l'immobilier US depuis longtemps (je l'ai déjà cité plusieurs fois à partir de 2008). Mais il affirme que nous allons entrer dans une nouvelle phase de baisse. Voici sa dernière contribution sur son Boom Bust Blog

Quant à Bill Ackman, il vient de se distinguer en estimant que c'est le moment de repasser acheteur sur l'immobilier américain. Voici sa présentation récupérée par Business Insider.


J'ai été intrigué par la position de Bill Ackman. Ses qualités "contrariennes", et ses arguments fondamentaux méritent d'être étudiés. Cependant, je pense qu'il s'est positionné trop tôt sur ce marché. Il aura sans doute raison à terme, mais pas tout de suite.

Par ailleurs d'un point de vue global, la vision haussière n'est plus vraiment contrarienne si l'on considère l'optimisme de Wall Street depuis plusieurs mois.

Donc, je pense comme Middleton, que la tendance "lourde" est encore à la baisse sur l'immobilier et qu'elle n'a pas fini de déstabiliser les marchés financiers. Avec les sauvetages de 2009, les problèmes ont juste été cachés sous le tapis : les pertes ont été camouflées, les échéances ont été remises à plus tard, mais les fondamentaux n'ont pas changé. Il faut savoir qu'il s'agit de corriger une bulle de proportion historique.

C'est d'ailleurs la clé du marché dans son ensemble, et une raison pour lesquelles les forces déflationnistes sont parfois plus fortes que la capacité d'inflation des banques centrales. (cf débat Inflation vs Déflation)

Concernant l'immobilier en Europe et en particulier la France, je suis d'avis que l'on a connu un "Double top" avec le rebond observé en 2009-2010. La nouvelle phase de baisse est en train de commencer. Elle va probablement coincider avec la réduction du régime de faveur fiscal début 2011.

mercredi 22 décembre 2010

Comment les banques font les poches des fonds de pension

Une démonstration implacable par David Einhorn du jeu des banques et des investisseurs avisés (Warren Buffet par exemple) vis à vis des agences de crédit.

Au fond, ce qu'il dit c'est que ces entités défendent l'existence des agences de crédit (malgré leurs imperfections notoires) parce que cela leur permet de prendre des positions d'arbitrage qui profitent de la différence entre leurs propres analyse et les notations des agences.

Sachant que les fonds de pension se positionnent uniquement en fonction des notations d'agence, il est facile pour les investisseurs plus avisés d'arbitrer contre eux et donc de leur faire les poches.

Exemple : la Turquie est notée au même niveau que la Grêce (BB+) alors que son niveau d'endettement est moindre et qu'elle n'a jamais fait défaut.

Si l'on s'en tenait au marché des CDS , elle serait notée AA.

Donc il est intéressant pour les spéculateurs d'arbitrer contre l'avis des agences de notation et les positions des investisseurs institutionnels et fonds de pension.

Encore un autre exemple de méthode pour parasiter le système.

Je ne fais pas vraiment un jugement de valeur dans ce constat.
Le "smart money" se paie sur le dos du "dumb money", rien de nouveau sous le soleil.

Par contre cela confirme une fois de plus l'inutilité pour le bien commun des agences de notation.

David Einhorn: Big Banks Pickpocket Pension Funds - Insider Monkey

dimanche 19 décembre 2010

Indicateurs Contrariens : La Totale !

La théorie contrarienne est une de mes méthodes d'analyse favorite, et qui m'a prouvé maintes fois son utilité par rapport à d'autres méthodes.


Voici cinq indicateurs contrariens qui ont émis un signal récemment, et que l'on désigne habituellement comme "Extreme Bullishness" (Optimisme Extrême).


1. Investisseurs Particuliers :

2. Conseils financiers des rédacteurs de newsletters :

3. Index VIX de la volatilité :



4. Recommandations des analyses des banques d'investissement :

5. Et enfin..."last but not least" les Mass Media avec la une de ce week-end:


On pourrait aussi ajouter Mark Zuckerberg élu homme de l'année d'après Time (ce que, comme Barry Ritholtz je désapprouve et auquel j'aurais préféré Julian Assange).

En tout cas cela ne présage rien de bon pour le cours de l'action Facebook (si elle était cotée) et par extension, le cours des actions technologique (pour rappel, Jeff Bezos, PDG d'Amazon, a été élu homme de l'année en 2000)


Un petit bilan de fin d'année (2010)

Le "Reflation trade " a fonctionné à plein cette année, ce qui signifie que les matières premières et le complexe métaux précieux ont connu une année exceptionnelle.

Les marchés actions quant à eux ont connu des fortunes diverses. L'Europe a sous-performé les Etats-Unis, en particulier les PIGS

Il me semble que le soutien des marchés via QE1 en 2009 puis QE2 a fonctionné jusqu'à présent.
Mais il n'a fonctionné que sur un périmètre limité : la bourse.

Il n'a pas réussi à maintenir bas les taux d'intérêt à long terme, et à faire baisser le dollar de façon durable.

Le point bas pour le dollar index a été atteint début 2008, juste au dessus de 70, et malgré un retour à 75, fin Novembre 2009, et ce niveau n'a plus jamais été atteint, jusqu'à présent.

Ce qui signifie que les forces de la déflation sont encore en action.

C'est évidemment en Europe qu'elles se sont le plus manifesté, au travers des crises des PIGS, puisque les pays périphérique qui connaissent une vraie déflation.

A plus long terme je continue de croire au scénario inflationniste, qui verront tous les prix augmenter.

Mais avant cela, on aura probablement une nouvelle "panique" déflationniste avec un nouveau krach boursier et une nouvelle baisse du prix de tous les actifs.

En bref, je pense que l'on est toujours dans un rebond contre-cyclique qui est en cours d'essouflement.

D'un point de vue contrarien, l'optimisme actuel sur les marchés, qui est basé sur l'idée que la politique de la Fed assure contre la plupart des risques, est un signal qu'il faut vendre.

Le niveau des ventes des "insiders" est aussi un autre indice qui plaide pour la baisse à venir.

Comme je l'ai indiqué plusieurs fois cette année, j'étais positionné en actions aurifères cette année, mais j'étais aussi assez méfiant par rapport à l'évolution des marchés actions.

Cette positions "hedgée", assez prudente a eu un coût qui me parait trop élevé, et que je regrette parfois, mais je termine l'année avec une performance de 12%.