jeudi 23 octobre 2008

Euro Ressources annonce les royalties du Troisième trimestre

Voici le texte du communiqué :

EURO ANNONCE LA PRODUCTION D'OR POUR LE TROISIÈME TRIMESTRE ET LES REDEVANCES RECORD DE ROSEBEL

PARIS, France, le 23 octobre 2008 : EURO Ressources S.A. (TSX : EUR) (Paris : EUR) annonce que, selon les informations communiquées par IAMGOLD
Corporation, la mine d'or de Rosebel a réalisé une production 86 955 onces au
titre du troisième trimestre 2008. Il s'agit d'une hausse de 10,7 % par rapport
aux 78 522 onces du trimestre précédent et d'une nouvelle progression au regard
des 76 002 onces du premier trimestre.James H. Dunnett, Directeur Général d'EURO
a déclaré : " Au troisième trimestre 2008, la production d'or de Rosebel a
presque égalé le niveau record de 93 264 onces réalisé au quatrième trimestre
2004, soit un taux de production annuel atteignant presque les 350 000 onces.
Cette hausse de la production est intervenue avant la date d'achèvement des
programmes d'optimisation et d'expansion de l'usine annoncée par IAMGOLD qui,
selon les prévisions de cette dernière, devaient permettre à la mine de produire
environ 305 000 onces d'or contre les 267 000 onces qu'elle avait anticipées
pour 2008. La production du site de Rosebel atteint 241 479 onces pour les neuf
premiers mois de 2008." EURO va enregistrer ce trimestre les plus importantes
recettes trimestrielles, à ce jour, au titre de la redevance de Rosebel,
s'élevant à 4,73 millions de dollars US, soit une hausse de 6,8 % par rapport
aux 4,43 millions de dollars US du précédent trimestre et de 74,5 % par rapport
aux 2,71 millions de dollars du troisième trimestre 2007. La part de production
d'or provenant de la roche dure a été ramenée à 33,6 % contre 40,2 % au deuxième
trimestre." Ce niveau de production aurifère semble être l'un des premiers
effets tangibles du 're-design innovant de la mine' et de l'augmentation de la
production évoqués par IAMGOLD dans ces récents communiqués et présentations.
Pour EURO, la progression ainsi réalisée par IAMGOLD par rapport à l'année
dernière est très encourageante et est de bon augure pour que le potentiel
annuel de production d'or de Rosebel de 400.000 onces de 2010 puisse se réaliser
plus tôt. "Comme annoncé précédemment, le conseil d'administration d'EURO a
recommandé à l'unanimité à ses actionnaires de ne pas apporter leurs titres à
l'offre publique non sollicitée d'IAMGOLD. Les administrateurs d'EURO ont
confirmé, à l'unanimité, ne pas avoir eux-mêmes l'intention d'apporter leurs
actions à l'offre d'IAMGOLD.Après avoir étudié l'offre d'IAMGOLD, le conseil
d'administration d'EURO a conclu que le prix proposé de 1,20 E par action
représentait une décote significative par rapport à la valeur des actions d'EURO
et que la croissance d'EURO en tant que société de redevance aurifère
indépendante permettrait à terme à ses actionnaires d'avoir une valorisation
plus importante de leurs actions. EURO continue également de travailler avec ses
conseillers financiers qui avancent dans leurs discussions concernant les
alternatives à l'offre d'IAMGOLD.Bien que le prix de l'or au titre du troisième
trimestre, 871,60 dollars US, soit plus bas que les records des deux premiers
trimestres, l'augmentation de la production au titre de ce trimestre permet
d'atteindre un montant de redevance record à percevoir de 4,73 millions de
dollars US. Du fait de la combinaison de l'évolution positive de la valorisation
à la juste valeur du faible reliquat des contrats de couverture du l'or d'EURO
et des gains réalisés sur la liquidation anticipée des contrats de couverture au
cours du trimestre EURO s'attend à annoncer un résultat record au titre de ce
trimestre.Au cours du troisième trimestre 2008, EURO a remboursé de manière
anticipée le hedge sur l'or au titre du premier trimestre 2009. Le solde de la
position du hedge sur l'or d'EURO qui s'élève à 17.100 onces, se compose de
trois tranches trimestrielles de 5.700 onces chacune au titre des deuxième,
troisième et quatrième trimestres de 2009. Au 30 septembre 2008, la juste valeur
négative de nos contrats de hedge était de 7.0 millions de dollars US (sur une
base de 861 dollars US l'once), contre 10,9 millions de dollars US au 30 juin
2008 (sur une base de 926 dollars US l'once).Dans son calcul du montant de la
redevance Rosebel due au titre du troisième trimestre 2008, IAMGOLD a déduit du
montant de la production servant de base au calcul de la redevance certains
paiements faits par Rosebel au gouvernement du Suriname. En s'appuyant sur une
méthode de " monétisation inversée ", adoptée depuis le troisième trimestre
2007, sans aucun fondement au titre de l'Accord de Participation Rosebel,
IAMGOLD a déduit environ 161 000 dollars US du paiement du troisième trimestre
2008. Comme nous l'avons indiqué précédemment, EURO a contesté l'action
d'IAMGOLD et des audiences se sont récemment tenues dans le cadre de la
procédure d'arbitrage. EURO estime que la procédure s'achèvera avant la fin de
l'année et continue à penser que son issue lui sera favorable.





Mon commentaire :
C'est une excellent nouvelle !
Deux points à noter rapidement :

1 - D’après ces chiffres, la totalité du hedge sera éliminée avec les redevances du T4, comme promis depuis le début de l’année. 4,7 millions $ de revenus pour le seul T3, alors que le hedge restant représente 7 millions $. Cela signifie qu’il suffira donc de 2,3 millions au T4, toutes choses restant égales par ailleurs

2 – Le corollaire de ces chiffres est que la hausse de la production combinée avec la baisse du cours de l’or vont avoir un effet explosif pour les résultats comptables du T3 (effet comparable à ce qui s’est produit en Novembre 2006)Voili-voilou, en résumé.

Il va sans dire que je conserve mes actions EUR. La suite va être passionante…

Le cours de l'or en différentes devises

Contrairement à ce que l'on pourrait croire vu les récents plus bas sur l'once en dollar, le métail jaune se comporte très bien dans toutes les autres devises.


il y a quelques chose de très intéressant dans ce phénomène que James Turk analyse très bien ci-dessous :

En résumé, une nouvelle phase est en train de se former dans le marché haussier de l'or, qui n'est plus seulement "l'anti-dollar", mais un nouvel étalon monétaire en cours d'émergence.


Il ne faut pas se laisser confondre par les récentes actions concertées des banques centrales pour acheter du dollar. Il ne s'agit que d'un rideau de fumée.

Lorsque l'on voit ces graphiques ci-dessous on y voit plus clair.

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Gold's New Records

Gold closed last week and made new record highs this week against the Australian dollar, Canadian dollar, Indian rupee, South African rand and British pound. Here are gold's long-term charts against these currencies.

Gold did not close this week with a new record high against the euro or the US dollar. But gold remains in a clear uptrend against both of these currencies, as we can see from the following long-term charts (the price of gold in Deutschemarks is used until it was subsumed into the euro).

Gold was not the only thing making new records this past week. US government debt is soaring as it borrows money to pay for the bank bailouts concocted by it in recent weeks.

From September 30, 2007 to the end of this past fiscal year on September 30, 2008, total federal debt grew by $1.0 trillion, from 9,007,653,372,262.48 to $10,024,724,896,912.49, which is an 11.3% annual rate of growth. The federal debt as of October 16, 2008 is now $10,331,139,000,845.92. So in just 16 days since the end of the last fiscal year, the federal debt has grown by an astounding $331.1 billion, which is a 75.5% annual rate of growth. It has taken just 16 days to borrow one-third of what the government borrowed in all of last year.

The following chart is from Ed Steer, a regular contributor to "Casey's Daily Resource Plus" published by Casey Research (http://www.caseyresearch.com/). This chart of weekly T-bill issuance visually portrays this accelerated growth of federal debt.

The above chart shows T-bills only, and therefore excludes the growth of other federal debt instruments. Also, this $10.3 trillion debt total I refer to above excludes the federal government's unfunded liabilities. When these are added, the total obligations of the federal government are $110 trillion, or at least that's what they were estimated to be last May by Dallas Federal Reserve president Richard Fisher. The federal government's unfunded liabilities, and therefore its total obligations, have obviously grown further since then, and are now some unknown number greater than $110 trillion.

In short, the US federal government is staggering under the world's heaviest debt load. To meet its obligations and promises, the Federal Reserve will continue to create "unlimited" amounts of dollars.

That word - "unlimited" - is getting used frequently in the media these days. Bloomberg reported on October 13th that "policy makers offered banks unlimited dollar funding." The Wall Street Journal reported on October 14th that "The U.S. Federal Reserve agreed to provide unlimited dollars to three major European central banks." Then on October 15th Japan jumped into this dollar creation frenzy too, and according to Bloomberg: "The Bank of Japan said it will offer lenders as many dollars as they want." Bloomberg went on to say that dollars will be provided at fixed interest rates for an "unlimited amount", quoting from the actual BoJ announcement.

At this time of "unlimited" dollar creation we need to take to heart the words of Warren Buffett's father, Howard Buffett, while serving as a Congressman from Omaha. In a now famous speech in 1947, Rep. Howard Buffett said: "When the people's right to restrain public spending by demanding gold coin was taken away from them, the automatic flow of strength from the grass-roots to enforce economy in Washington was disconnected...The gold standard acted as a silent watchdog to prevent unlimited public spending." http://www.financialsense.com/editorials/turk/2008/0922.html

The gold standard is long gone so it no longer acts as a "silent watchdog to prevent unlimited public spending". Because it is no longer prevented, unlimited public spending is what we are now getting. In addition to the countless ways the federal government spends - or wastes, as many would no doubt add - the dollars flowing through its accounts, it is now spending unlimited dollars to bail out banks worldwide, a reality which I think makes clear the dollar's bleak future.

To achieve this unlimited public spending, central banks are creating an unlimited amount of dollars, which will in time mean that there is no limit as to how high the gold price will reach. The new record high in the gold price against the currencies mentioned above will soon be joined by new record highs in gold against the US dollar, euro and every other national currency around the globe.

While the gold standard - what Rep. Buffett called a "silent watchdog" - is gone, gold itself is a watchdog too, and not a silent one. Gold cannot "prevent unlimited public spending" like the gold standard, but a rising gold price - like a barking dog - can warn of danger.

For several years the Gold Anti-Trust Action Committee (www.gata.org) has diligently explained why and how central bankers under the direction of the US government - the henchmen of the nefarious 'gold cartel' - have been capping the gold price. Their solitary aim is to silence the gold "watchdog", in the hope of making people unaware of the danger of holding dollars. But the watchdog is now barking in many countries as the gold price reaches new records against those currencies.

Importantly, the debasement of the dollar is becoming so profound as central banks create "unlimited" amounts, the gold cartel will no longer be able to stop the watchdog from barking by capping the gold price. I expect new record highs in gold against the dollar and the euro by the end of this year.

mercredi 22 octobre 2008

Le Déficit US pourrait dépasser les 1000 Milliards de Dollars

Le rebond actuel du dollar est complètement bidon. Il s'agit tout simplement d'un mouvement contre la tendance principale, qui est l'erosion constante de la valeur du dollar depuis 1971.

Il est temps de charger en Call EUR/USD et en Put USD/JPY

Voici ce qu'on peut observer avec un peu d'attention : le déficit abyssal du gouvernement US.
Un nouveau record !
Et je ne parle même pas de la Balance des paiements... (ce sera pour la prochaine fois).

mardi 21 octobre 2008

Craintes de déflation : rien de nouveau...

En relisant les archives du remarquable site de Zeal LLC, je suis tombé sur un article assez ancien d'Adam Hamilton (Août 2003) mais qui reste complètement d'actualité, puisqu'il concerne les craintes de la déflation.

A l'époque Adam Hamilton mentionnait déjà le débat inflation vs deflation, et il fait même référence à un article encore plus vieux (décembre 2001) où il traitait du même sujet.

Comme je l'ai aussi écrit, il explique très bien qu'il n'y a pas eu de véritable déflation depuis les années 30. Or à cette époque on était sous le régime de l'étalon or, ce qui change tout.



En 2003 déjà on débattait donc déjà des risques de déflation et nous savons comment cela a fini : une expansion des crédits et une baisse des taux réels, jusqu'à aujourd'hui.

Par ailleurs l'article décrit aussi très bien et de façon presciente la crise du crédit qui était en préparation.

Voici un extrait de l'article concernant les prêts hypothécaires ("mortgages")

Mortgages, literally Old French for “Death Pledges”, are totally dependent on long rates established by the free bond markets. As you can see above, the appropriately black line for mortgage debt prices closely tracks the yields in long US Treasury Bonds. If the bond markets suspect inflation is coming and sell off, yields will soar higher and the mortgage refinancing game delaying the inevitable bust in the US economy will suddenly end. Provocatively this has already started since June!

This phenomenon is even more of a threat today since the majority of Americans refinancing their mortgages foolishly chose to fall into the deadly trap of accepting hyper-risky adjustable-rate mortgages. With mortgage rates near 45+ year lows the prudent course of action would be to lock in fixed rates at these anomalously low levels. But the greedy mortgage industry encouraged Americans to take on more crushing debt at variable rates instead. So as the bond markets sell off and long yields and hence mortgage rates soar, the majority of Americans will see huge increases in their monthly “death pledges”. There is nothing like debt to destroy prosperity and lead to poverty!




En résumé, voici ce qu'il écrit :

As I mentioned in my original essay on this topic, anything typically financed by debt is likely to see its prices plunge dramatically, like houses and cars, as the ongoing Great Bear bust continues to destroy the gross excesses of debt via higher long rates. Conversely, anything not typically “paid for” with debt including groceries and general living expenses is almost certain to rise in the coming years. We are staring down a brutal environment of widespread inflation marked by various sectors witnessing falling prices as debt leverage implodes.

While general deflation was possible in the early 1930s with a Gold Standard severely limiting monetary growth, it is all but impossible now in the Age of Fiat Paper when central bankers can print unlimited amounts of inherently worthless fiat currency which inevitably leads to steep rises in general price levels.

So what’s an investor to do?

Inflationary environments marked by rising long rates decimate bond portfolios and lead to horrible bear markets in equities. The US stock markets essentially traded sideways to lower for a decade in the 1970s until the early 1980s, the very inflationary time marked in the graphs above. Inflationary price rises spawned by fiat monetary excess are bad for all intangible paper assets, not a good omen for stocks or bonds.

The ultimate financial asset to own in times of excessive monetary growth and hence widespread inflation is gold. Both the Ancient Metal of Kings itself and stocks of quality unhedged gold-mining companies thrive in such ugly environments for the general stock and bond markets. We have already been blessed with 30%+ actual annual realized equity returns in recent years in the exciting gold-stock arena, the ultimate inflation hedge. And we ain’t seen nothin’ yet!



Lorsqu'on se rappelle que tout ceci a été écrit en 2003, à une époque où l'once d'or était aux alentours de 350$, on ne peut nier que l'analyse s'est avérée correcte.

De nouveau, je pense que ces craintes de déflation ne sont là que pour justifier de nouveaux efforts inflationnistes des autorité, jusqu'à de nouveaux excès qui se reflèteront inévitablement dans les cours de l'or.

Iamgold vs Euro Ressources : guerre de communication

On est en pleine guerre de communication !!!

A priori, il ne faut faire confiance à personne, ni à la direction d'Euro Ressources, ni à Société Générale (conseil d'Iamgold), mais encore moins à la direction d'Iamgold.

Une société comme Iamgold, qui se permet de réduire unilatéralement le montant des royalties, puis de faire de la rétention d'information concernant Rosebel, et enfin nous pondre (avec l'aide des loulous de la SG) une estimation d'EUR d'aussi mauvaise foi, après avoir coiffé le cours pendant des mois, et bien une société de cet acabi, dis-je, n'est pas digne de confiance.

Pour finir, j'ai de sérieuses raisons de penser que Iamgold (ou SG) fait pression sur Boursorama pour censurer tous les messages qui leur déplaisent sur le forum.

J'ai eu récemment un débat houleux (par téléphone) avec un représentant de Boursorama qui s'est avéré très révélateur.

Il a admis après quelques échanges que les sociétés cotées pouvaient très bien intervenir auprès des modérateurs de forum Boursorama si ils estimaient que les informations étaient selon eux des manipulations. Mais je crois que la notion de "manipulation" est très subjective.

Je crois que les messages que je publie depuis longtemps sur le forum, et que j'essaie toujours d'argumenter ont fini par gèner dans le contexte de l'OPA.

Désormais quasiment tous mes nouveaux messages sur le forum sont systématiquement retirés.

Quant au journaliste des Echos, je n'ai pas été contacté par lui directement (comme l'avait suggéré un membre du forum), mais je crois qu'il a bien fait son travail et comme tout bon journaliste il a utilisé plusieurs sources qui se recoupent avant d'écrire son article au sujet d'Euro Ressources.

Quant aux déclarations du CEO d'Iamgold, Mr Conway, (selon lesquelles Tocqueville ne refuserait pas l'OPA) , elles n'engagent que lui.

dimanche 19 octobre 2008

Le point sur les mines d'or


Avec de nouveaux plus bas récemment atteint sur l'indice HUI, je sais que l'inquiétude et la circonspection sont à l'ordre du jour parmi les investisseurs dans les mines d'or.

Voici comment j'analyse la situation actuelle :

Tout d'abord, un petit rappel : Le secteur des mines d'or est un secteur dont la capitalisation est microscopique par rapport à l'ensemble du marché action. L'ensemble des mines du monde entier représente une capitalisation inférieure à celle de Microsoft (qui pourtant a bien baissé depuis ses plus hauts). De plus les mines d'or font partie d'un segment, les matières premières qui est lui-même de petite taille par rapport aux autres marchés.

Résultat : une volatilité et des excès baissiers comme haussiers bien supérieurs à la moyenne. D'ailleurs on a déjà vu ça plusieurs fois par le passé dans ce trend haussier depuis 2001.

Si l'on rajoute à ça les circonstances exceptionelles que nous vivons actuellement sur les marchés et une correction "qui fait penser" à une tendance déflationniste, il n'est pas étonnant que le HUI soit victime collatérale.

Par ailleurs on est toujours dans une phase de rebond du dollar, qui est l'antithèse de l'or et qui ajoute à la confusion ambiante.

Dans ces périodes là, il ne faut pas confondre les tendances de long-terme avec les correction contre tendance.

Etant donné la volatilité du secteur des mines d'or, il faut encore en rajouter sur la prudence dans les positions que l'on prend, ou alors viser le long terme, et bien se renseigner sur les fondamentaux de la société où l'on investit.

C'est pourquoi l'investissement dans une société de royalties comme EUR, qui est une société de royalties et non une mine, est sécurisante lorsque l'on a bien étudié ses fondamentaux.

Si on l'a compare aux autres sociétés de royalties comme Royalgold ou Franco Nevada, Euro Ressources est encore très très bon marché.

Quant aux mines d'or, j'ai allégé il y a une semaine, et je m'abstiens de renforcer pour l'instant, mais je reste en embuscade. Il va y avoir des opportunités historiques très bientôt, et il ne faudrait pas les louper car les hausses de l'indice HUI sont en général aussi soudaines que les baisses peuvent être frustrantes.

Pour les jouer, le mieux est d'utiliser l'ETF GDX, ou bien de se concentrer sur Harmony Gold, Anglogold ou Barrick Gold.

Dernier argument fondamental, en faveur des mines : le Gold/Oil ratio continue de monter, ce qui signifie que les perspectives de rentabilité des mines sont en progression constante depuis quelques mois.
Malgré (ou à cause) de nouveaux excès baissiers possible à court terme, il va falloir se placer.

samedi 18 octobre 2008

"Le capitalisme touche à sa fin"

Etant un grand lecteur de Fernand Braudel, j'ai suivi avec intérêt les dernières déclarations de l'un de ses disciples, Immanuel Wallerstein.
Je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce qu'il dit et notamment avec le titre provocateur, mais dans le contexte actuel, il me semble plus que jamais intéressant de prendre un peu de recul et d'envisager les choses sur le long terme.

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« Ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à “faire système”. » Immanuel Wallerstein propose une interprètation de la période actuelle à la lumière de l’hypothèse des cycles de Kondratieff.

Immanuel Wallerstein s’entretient avec Antoine Reverchon, 11 octobre 2008

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre ("Douze propositions pour un autre monde possible"), en 2005, vous êtes considéré comme l’un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie des systèmes historiques et des civilisations de l’université de l’Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le "temps long" de l’histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l’histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l’homme à son environnement matériel, et, à l’intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d’histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s’endettent, massivement. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière partie d’une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l’économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd’hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Pourquoi ne s’agirait-il pas plutôt d’une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l’économie monde" créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?

Il y en a eu beaucoup dans l’histoire de l’humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d’un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes - pour l’environnement, pour les sociétés - qu’il a engendrées. Le seul bien, c’est celui qui permet d’obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s’effondrer l’emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C’est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s’étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?

La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d’un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d’entrée dans une phase A, lorsqu’un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu’il est techniquement possible pour retrouver l’équilibre, mais il est fort probable qu’ils n’y parviendront pas.

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu’il fallait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l’on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l’impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd’hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d’influencer l’avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s’imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l’économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l’Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d’un cycle politique, celui de l’hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l’Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l’Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l’on s’en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s’imposer. Mais j’ignore lequel.

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n’oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...

Immanuel Wallerstein est chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, ex-président de l’Association internationale de sociologie.

jeudi 16 octobre 2008

Euro Ressources : Echec de l'OPA d'Iamgold anticipé.

Le cours actuel reflète tout simplement que l'OPA est à ce jour nulle et non avenue. Elle a de fortes chances d'échouer à atteindre les 50% et donc d'être annulée, d'où le cours actuel: c'est tout à fait logique.

Voilà comment cela s'est passé :

Tout d'abord les membres (actifs et moins actifs) du forum ont parlé, et ils représentent d'après mes estimations entre 5 et 10% du capital. Ce n'est pas tout à fait négligeable.
Et ils ont dit non à l'offre de façon non équivoque, malgré les variations de ceux qui font des Aller/Retour.

Puis le conseil d'administration a parlé, et a dit non également à cette offre.

Nous ne pouvons pas savoir comment vont répondre le reste des actionnaires, mais il y a fort à parier qu'il reflèteront la même opinion que ceux qui se sont exprimé.

En face de cela, il n'y a que Birkenshaw qui s'est prononcé pour l'offre, pour un faible pourcentage de vote.

Si vous observez bien ce qui s'est passé jeudi et vendredi, la baisse du cours a coincidé avec l'annonce de la réponse négative du conseil d'administration.
C'est pourquoi il est clair à ce jour que le marché anticipe l'échec de l'OPA.
Notez que cela ne signifie pas qu'aucun actionnaire ne va apporter à l'OPA, mais que ce pourcentage n'atteindra pas les 50%.

Et le fait que l'OPA représente une plus-value de 17% par rapport au cours actuel ne change rien à cette situation.
Ceux qui refusent l'OPA le font sans-doute parcequ'ils anticipent un cours significativement plus haut à moyen terme (par exemple 1,90 euros/titre qui correspondrait à une estimation raisonnable de EUR, d'après le benchmark avec les autres sociétés de royalties).

Par ailleurs ils ont sans doute noté qu'en cas de réussite de l'OPA à 1,20 ils peuvent quand même apporter lors de la réouverture de l'offre réglementaire (comme je l'avais indiqué dans un post précédent).

En résumé, aujourd'hui, nous revenons à la case départ. Il n'y a pas d'OPA sérieuse, avec des chances de réussite, en l'état actuel.

Désormais, la balle est dans le camp d'Iamgold.
Est-ce qu'ils veulent REELLEMENT mettre la main sur Euro Ressources ?

Si c'est le cas, ils vont devoir ressortir leur carnet de chèque et remonter leur prix.

Je sais que cela doit être une décision difficile à prendre pour eux.

Comme je l'indiquais précédemment, leur OPA était un peu le "tout pour le tout" dans le contexte actuel des marchés.
Cela avait une chance de marcher étant donné la stagnation du cours des mois précédent, mais c'était limite étant donné le contexte extrêmement haussier de l'or.

Maintenant, ils sont au pied du mur, et ils vont tout tenter pour arriver à leurs fins, sans avoir à remonter leur offre.
Cela signifie intimidation, intox, et coups bas dans cette partie de poker à gros enjeux.

Un dernier mot : cela peut paraitre "parano", mais je suis persuadé que des employés de Iamgold ou Société Générale (leur conseil pour l'OPA) interviennent sur le forum Boursorama, et font supprimer des posts comme bon leur semble.

Plusieurs de mes posts qui étaient sans doute les plus informatifs sur l'attitude à tenir dans cette OPA ont été méthodiquement supprimé ces derniers jours.
(En particulier "Mon opinion à froid", "Partie de poker" et "OPA sur Euro Resources : TRES IMPORTANT")

Cela ne m'était jamais arrivé auparavant, car je n'ai pas l'habitude de polémiquer avec quiconque sur le forum.
Je ne pense donc pas avoir d'ennemis sur le forum.
Par contre je pense que répandre un rideau de fumée et supprimer des posts qui contiennent des arguments contre l'OPA est clairement un objectif de Iamgold et SG.

Face à cela, je ne vais pas perdre mon temps à porter plainte envers Boursorama, puisqu'ils sont une partie du problème eux-mêmes (et par ailleurs ils appartiennent à SG).

Par contre tous les posts censurés peuvent être retrouvés sur mon blog (http://alex-kerala.blogspot.com/), il suffit de cliquer en haut de la page sur le lien/tag "Euro Ressources".

J'attends avec impatience vos commentaires que vous pouvez poster sur le blog.
Je répondrai à toutes vos questions sur le blog en priorité désormais.
Boursorama a perdu ma confiance.

Par ailleurs, je vous encourage à répandre autour de vous la nouvelle que l'OPA d'Iamgold sur Euro Ressources est en train d'échouer et qu'il va sans doute y avoir d'autres développements.
Cela devient TRES intéressant de se placer, à la fois pour la protection de ses économies (revenus indexés sur l'or) et à la fois pour l'aspect "value" que représente EUR, qui est encore clairement sous-évaluée et va bientôt distribuer des dividendes, même si le cours de l'or stagne.
N'oubliez pas que les dividendes vont devenir une rareté sur le marché action dans les mois qui viennent...

L'enfer de la crise

mercredi 15 octobre 2008

Jouer le rebond des indices actions ?

Vendredi, j'ai reçu quelques signaux "contrariens" qui m'indiquaient que la panique était à son paroxysme et qu'il était donc peut-être temps de jouer le rebond, au moins temporaire.


De quels signaux s'agissaient-il ?
Eh bien tout simplement, la crainte concernant la bourse touchait maintenant l'ensemble de la population sans exception et cétait devenu un sujet de conversation incontournable même avec des gens étant très peu concernés habituellement.

Je n'ai pas joué le rebond personnellement mais j'ai quand même fait une note "mentale" pour vérifier plus tard la validité de cette thèse.
Il s'avère qu'elle était juste, puisque le rebond Lundi et Mardi a été puissant

Maintenant avec la rechute d'aujourd'hui, on va retester les plus bas, ce qui est fréquent.

Est-ce que cela va tenir ?

Il faudra bien observer la psychologie des foules.

vendredi 10 octobre 2008

jeudi 9 octobre 2008

Lutte des classes à Wall Street


Remarquable article du philosophe Slavoj Zizek dans Le Monde de ce soir.

Slavoj Zizek, c'est un philosophe slovène passionnant, que l'on qualifie de post-Marxist et qui s'intéresse notamment à la culture populaire et aussi à notre époque dépolitisée.

Cet article m'a rappelé une des raisons pour lesquelles je m'intéresse autant à l'étude des marchés.

Ce qui me passionne dans l'étude des marchés financiers c'est, outre la formidable stimulation intellectuelle qu'elle génère, sa dimension philosophique.

Après avoir étudié l'histoire du capitalisme, et partant d'un point de vue libéral, j'étais arrivé à la conclusion, en suivant Fernand Braudel ("Civilisation matérielle, Economie et Capitalisme 15ème-18ème siècle), que tout est raport de force politique, même dans l'économie de marché. Mais pour le critiquer correctement, il faut d'abord le connaitre et le comprendre à fond. Ensuite on peut en déduire les conclusions politiques.

Slavoj Zizek explique aussi très bien cela dans l'article ci-dessous :
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Lutte des classes à Wall Street
par Slavoj Zizek

La première chose qui saute aux yeux lorsqu'on observe les réactions actuelles à l'effondrement financier, c'est que... personne ne sait vraiment ce qu'il faut faire. Cela provient du fait que l'incertitude fait partie du jeu ; la manière dont le marché va réagir dépend non seulement de la confiance que les acteurs accorderont aux interventions gouvernementales, mais aussi, et plus encore, du degré de confiance qu'ils pensent pouvoir prêter aux autres acteurs : on ne peut prendre en compte les effets de ses propres interventions. Nous sommes ainsi contraints de faire des choix sans disposer du savoir qui nous permettrait de faire un choix éclairé, ou, comme le dit John Gray : "Nous sommes contraints de vivre comme si nous étions libres."

Mais puisqu'on ne cesse de nous répéter que la confiance et la croyance sont déterminantes, nous devrions aussi nous demander dans quelle mesure le fait que l'administration américaine ait, dans la panique, rehaussé les enjeux, n'a pas aggravé le danger qu'elle tente de conjurer. Il est aisé de remarquer la similarité du langage utilisé par le président Bush dans son allocution au peuple américain après le 11-Septembre et dans celle qui a suivi l'effondrement financier : on dirait deux versions du même discours.

En ces deux occasions, il a évoqué la menace qui pesait sur l'"American way of life" lui-même et la nécessité de réagir de manière rapide et décisive afin d'y faire face. A deux reprises, il en a appelé à l'abandon provisoire des valeurs américaines (les garanties concernant les libertés individuelles, le capitalisme de marché) pour sauver ces mêmes valeurs. Ce paradoxe est-il inévitable ?

La pression visant "à faire quelque chose" s'apparente ici à la compulsion superstitieuse à faire un geste lorsque nous observons un processus sur lequel nous n'avons aucune influence véritable. Il arrive aussi parfois que nous agissions pour ne pas avoir à parler et à penser à ce que nous faisons. Par exemple, pour répondre rapidement à un problème, en débloquant 700 milliards de dollars au lieu de se demander comment il est apparu.

Revenons au 15 juillet dernier, quand le sénateur républicain Jim Bunning attaquait le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke, en affirmant que sa proposition prouvait que "le socialisme est bel et bien vivant en Amérique" : "La Fed veut désormais être le régulateur de risque systémique. Mais la Fed est le risque systémique. Accroître le pouvoir de la Fed revient à donner au gamin qui a brisé votre fenêtre en jouant au base-ball dans la rue une batte plus grande, et à considérer que cela résoudra le problème."

Bunning a été le premier à exposer publiquement les grandes lignes du raisonnement justifiant la révolte du Parti républicain contre le plan de sauvetage fédéral. Ce raisonnement mérite que nous y regardions de plus près. Nous pouvons ainsi remarquer que la résistance au plan de sauvetage a été formulée en termes de "lutte des classes" : la Bourse, Wall Street, contre la rue, Main Street. Pourquoi devrions-nous aider les responsables de la crise ("Wall Street"), et laisser les simples emprunteurs (dans "Main Street") payer le prix fort ? N'est-ce pas là un parfait exemple de ce que la théorie économique appelle le "risque moral" ? Ce dernier se définit comme "le risque que quelqu'un agisse de manière immorale parce qu'il se sait protégé par les assurances, les lois ou d'autres institutions contre les préjudices que son comportement pourrait sinon engendrer". Autrement dit, si je suis assuré contre les incendies, je prendrai moins de précautions contre le feu (ou, à l'extrême, je mettrai même le feu aux bâtiments que j'ai assurés mais qui génèrent des pertes). La même chose vaut pour les grandes banques : ne sont-elles pas protégées contre les grosses pertes tout en étant capables de conserver leurs profits ? Nous ne serons pas surpris d'apprendre que Michael Moore a déjà écrit une lettre publique dans laquelle il dénonce le plan de sauvetage comme le pillage du siècle. Ce chevauchement inattendu de la gauche et des républicains conservateurs devrait nous donner matière à penser.

Ils ont en commun leur mépris pour les grands spéculateurs et PDG qui tirent profit des décisions hasardeuses mais sont protégés des faillites par les parachutes dorés. N'en va-t-il pas de même pour la faillite d'Enron en janvier 2002, que l'on peut interpréter comme une sorte de commentaire ironique sur l'idée de société du risque ? Les milliers de salariés qui ont perdu leur emploi et leurs économies ont été assurément exposés à un risque, mais sans avoir vraiment d'autre choix. Ceux qui, au contraire, avaient non seulement une réelle connaissance des risques, mais aussi la possibilité d'intervenir dans la situation (les dirigeants), ont minimisé leurs risques en encaissant leurs actions et leurs options avant la faillite. S'il est donc vrai que nous vivons dans une société de choix risqués, certains (les patrons de Wall Street) opèrent les choix, tandis que les autres (les gens ordinaires payant des hypothèques) assument les risques...

Donc le plan de sauvetage est-il réellement une mesure "socialiste", l'aube du socialisme d'Etat aux Etats-Unis ? Si tel est le cas, c'est en un sens bien singulier : une mesure "socialiste" dont le but premier n'est pas de venir en aide aux pauvres, mais aux riches, non pas à ceux qui empruntent, mais à ceux qui prêtent. L'ironie suprême réside ainsi dans le fait que la "socialisation" du système bancaire est acceptable lorsqu'elle sert à sauver le capitalisme : le socialisme est néfaste - sauf lorsqu'il permet de stabiliser le capitalisme.

Et si, cependant, un "risque moral" était inscrit dans la structure fondamentale même du capitalisme ? Autrement dit, le problème résulte du fait qu'il est impossible de les séparer : dans le système capitaliste, le bien-être dans Main Street est subordonné à la prospérité de Wall Street. Ainsi, alors que les populistes républicains qui s'opposent au plan de sauvetage agissent mal pour de bonnes raisons, les partisans du renflouement agissent bien pour de mauvaises raisons. Pour le dire dans les termes plus raffinés de la logique propositionnelle, leur relation est non transitive : bien que ce qui est bon pour Wall Street ne le soit pas nécessairement pour Main Street, Main Street ne peut prospérer si Wall Street va mal. Et cette asymétrie donne un avantage a priori à Wall Street.

Tout cela montre clairement qu'il n'existe pas de marché neutre : dans chaque situation particulière, les coordonnées de l'interaction marchande sont toujours régulées par les décisions politiques. Le vrai dilemme n'est donc pas de savoir si l'Etat doit intervenir ou pas, mais sous quelle forme il doit le faire. Et nous sommes ici confrontés à la politique véritable : la lutte pour définir les coordonnées "apolitiques" fondamentales de nos vies. Tous les problèmes politiques sont en un sens non partisans, ils se rapportent à la question : "Quelle est la nature de notre pays ?"

Ainsi, c'est précisément le débat sur le plan de sauvetage qui constitue un vrai problème politique concernant les décisions à prendre sur les éléments fondamentaux de notre vie sociale et économique, allant même jusqu'à mobiliser le fantôme de la lutte des classes (Wall Street ou les créanciers hypothécaires ? Intervention de l'Etat ou pas ?) Nous ne trouverons aucune position éclairée "objective" qu'il nous suffirait simplement d'appliquer ici ; nous devons prendre parti politiquement.

Quelle est la solution ? Le grand philosophe idéaliste allemand Emmanuel Kant répondit à la devise conservatrice : "Ne pensez pas, obéissez !", non pas par "N'obéissez pas, pensez !", mais par "Obéissez, mais pensez !" Lorsque nous sommes soumis à un chantage tel que le plan de sauvetage, nous devons garder à l'esprit qu'il s'agit d'un chantage, et nous efforcer alors de résister à la tentation populiste de donner expression à notre colère et ainsi de nous asséner des coups. Au lieu de céder à une telle expression impuissante, nous devrions maîtriser notre colère pour la transformer en une ferme résolution de penser, de réfléchir d'une manière réellement radicale, de se demander quelle est cette société que nous sommes en train de quitter qui rend possible ce genre de chantage.

(Traduit de l'anglais par Christine Vivier.)

OPA sur Euro Ressources : Partie de poker

Certains disent que lors d'une OPA, les analyses graphiques n'ont plus cours...
Je ne souscris pas à cette opinion

Les analyses graphiques ont TOUJOURS cours. Elles sont comparables à la loi naturelle.

A court terme, on peut croire qu'une OPA bloque le cours d'une action, mais sur le plus long terme, le cours d'une action fait ce qu'il est censé faire, OPA ou pas.
Il le fait juste suivant un rythme différent.

Ce n'est pas un hasard si l'offre s'est faite à 1.20 euro, juste en dessous d'une résistance majeure. Iamgold sait que si cela doit se faire, ce sera à ce cours.
Sinon elle devra payer beaucoup plus cher et ne sera même pas sûr de réussir, justement du fait de cette résistance importante.
Iamgold est engagé dans une partie de poker, où le temps qui passe et la tenacité de chacun sont des paramètres essentiels.

Je crois qu'il est évident que Iamgold a joué avec le cours d'Euro Ressources durant de long mois, presque un an en fait, avant de lancer son OPA.
Sachant qu'elle était le seul gros acteur à s'y intéresser, elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Vu la Bérézina dans le secteur des actions aurifères, elle ne craignait pas trop l'afflux d'investisseurs.
Elle était le "Market Maker" de facto. Mais un market-maker très intéressé.

Son objectif était à la fois de râfler un bon paquet d'actions et en même temps d'empêcher le cours de monter.

Je pense que cela a été très facile, sachant qu'elle maitrisait en plus les informations essentielles sur Rosebel (comme le dernier communiqué d'Euro Ressources le fait remarquer).
Et surtout je le répète, qu'elle était le seul acteur intéressé.

Mais je crois que cette assurance et cette facilité ont fini par lui nuire.

Je pense en effet qu'Iamgold a trop tardé, par excès d'assurance.

Si elle avait lancé cette OPA avant l'été, cela aurait été déjà plié.

Mais elle a attendu beaucoup trop tard.

Suivant attentivement les origines de la crise financière actuelle ainsi que le marché de l'or, et notamment sa saisonnalité, on pouvait anticiper que l'automne serait explosif.
Beaucoup de Goldbugs l'ont anticipé à moyen terme.
On peut se planter à court terme, mais si l'on fait bien son travail, on sait reconnaitre les grandes lignes.

Du fait de son OPA tardive, qui a été en outre retardé par l'obtention du visa de l'AMF, Iamgold est loin d'avoir un succès garanti.

Euro Ressources suivra son destin naturel, OPA ou pas, et pour des raisons à la fois fondamentales et techniques.
Passés les 1.23, il n'y a plus beaucoup de résistances, et au niveau fondamental, nous savons qu'elle vaut au moins 2 euros avec le cours de l'or actuel.

Il suffit que le marché action rebondisse un peu et que le bruit circule, et nous pourrions bien avoir (enfin) un afflux d'investiseurs sur EUR.
Sans compter que le marasme du secteur aurifère finira bien par laisser la place à une nouvelle flambée speculative, au moment le moins attendu.
Il est impossible que les actions aurifères restent trop longtemps sous-évaluée par rapport au cours de l'or.

De plus tous ceux qui étaient susceptibles de vendre l'ont sans doute déjà fait. Ceux qui restent sont près pour le voyage au long cours.

Il faudra être patient et ne pas céder, car il y aura encore beaucoup d'aléas dans cette histoire.
Mais il faut savoir reconnaitre une belle tendance long terme lorsqu'on en voit une, et ne pas se laisser troubler par le "bruit".
Même l'OPA n'est que du bruit à mon avis.

De la part d'Iamgold, c'est "too little, too late" comme on dit chez les anglais. Mais lorsque l'on s'est engagé c'est difficile de faire marche arrière.
Dès lors, la surenchère est très probable.

Je préfère être actionnaire d'EUR dans cette situation. La sécurité et le potentiel de hausse, c'est pour nous.
Et c'est rare dans le contexte actuel.

Depuis plusieurs mois EUR est ma seule ligne de long terme (je trade aussi un peu Harmony Gold mais dans des proportions moindres).
Je m'en porte plutôt bien actuellement.

jeudi 2 octobre 2008

Les discours sur la déflation abondent


A l'occasion d'un nouveau crash conjugué : Indices actions/Métaux précieux, les partisans de la déflation se font plus présent, notamment, Labadie (Tropical Bear).

Après avoir consacré quelques posts sur ce blog au débat "déflation contre inflation", je pense maintenant que ce débat est sans objet. Souvent ceux qui parlent de déflation (comme labadie) parlent en réalité d'une déflation des actifs financiers, ce qui est une chose différente de la véritable déflation.

Il faut comprendre que la seule véritable déflation s'est produite pendant la Grande Dépression des années 30. Il s'agissait d'une spirale déflationniste qui était due à l'incapacité des autorités et des gouvernement à "inflater", en grande partie parce que le pays était dans le carcan d'un "Gold Standard".
La seule dévaluation du dollar par rapport à l'or a été celle de 1933 (-30% par rapport à l'or). Mais cela a été tardif, et probablement insuffisant, et seule la deuxième guerre mondiale a relancé l'économie.

Il s'agit du seul véritable exemple au cours du siècle dernier de spirale déflationniste. (Les autres exemple datent du 19ème siècle, où de la même façon, il y avait un gold standard).

La véritable déflation (de la masse monétaire) est un des maux que peut entrainer le gold standard, mais ce n'est sûrement pas le mal actuel, car nous sommes bien loin aujourd'hui d'un système où le Gold Standard règne. Bien au contraire.

Ce que nous avons est une déflation des actifs financiers, ce qui est différent, et qui peut tout à fait se produire EN MEME TEMPS, qu'une inflation du prix des matières premières.

Ce que nous avons aujourd'hui, c'est la "crainte de la déflation", et non la déflation.
Par ailleurs cette crainte de la déflation permet "politiquement" de lancer des actions étatiques inflationnistes à moyen terme.

La baisse des indices du mois de Septembre et même depuis le début de l'année est plus effrayante que significative d'un point de vue macroéconomique.
Cela fait plus penser à 2002 qu'à 1929.

Souvenez-vous que même la panique de 1987 n'a pas enrayé le gonflement de la bulle financière au cours des vingts années suivantes.

Il ne faut pas déduire une tendance à partir d'un seul mois.

Les indices finiront par rebondir tôt ou tard (fin d'année) mais dans une monnaie dépréciée. (comme en 2003-2007).