mardi 27 octobre 2009

Carte US des risques immobiliers




L'échelle montre le pourcentage des emprunts hypothécaires qui sont en retard de paiement ou déjà en train d'être saisi. Des pourcentages élevés sont en général un indice précurseur d'une nouvelle baisse des prix à venir. (puisque la saisie ou le risque de saisie, met sur le marché des biens à prix cassés)




Qui a dit que la crise immobilière était finie ?


La Californie et la Floride présentent déjà des rabais très important (de l'ordre de 30% parfois), bien plus attractifs qu'en France. Cependant il est encore sage d'attendre pour d'acheter une résidence secondaire là-bas.




jeudi 15 octobre 2009

Considérations automnales, Dow Jones 10 000, "Sell in May" y Tutti Quanti

Il y a un dicton boursier qui dit : "Ne confondez pas un marché haussier avec l'intelligence" ("Don't confuse brains with a bull market")

Cela signifie en gros, que lorsque tout, absolument tout monte, le fait de gagner de l’argent en bourse n’est pas forcément un exploit intellectuel.

C'est une phrase que je me suis répétée quelques fois ces derniers mois, alors que mon portefeuille boursier battait de nouveaux records.

En effet toutes mes positions en actions aurifères devenaient un peu trop gagnantes.(en particulier Euro Ressources mais pas seulement). En outre j'ai eu la chance, je dis bien la chance, car il faut absolument rester modeste, d'avoir complètement échappé au crash des aurifères de l'année dernière.

Mais après avoir vécu auparavant mon lot d'expériences successivement euphorisantes et déprimantes en bourse, et ayant atteint l'âge vénérable de 36 ans j'ai pris la résolution de ne jamais plus me laisser emporter par les émotions et le sentiment d'infaillibilité.
Je sais que cette résolution elle-même est peut-être présomptueuse, mais je crois avoir appris une ou deux choses depuis que j'investis et spécule en bourse.
Ainsi, fin Septembre, j'ai commencé à amputer une partie de mes gains sur les aurifères en prenant une position baissière sur le CAC 40. (perdante jusqu'à présent)
Cela a eu le grand avantage de tempérer l'euphorie qui risquait de me gagner.

Bien sûr, une autre façon plus académique de voir les choses, consiste à dire que j'ai "couvert" ("hedge") mes positions. Mais bizarrement, je commence à préfèrer la façon plus psychologique de voir les choses.
Car l'euphorie mes amis, est bien le plus grand ennemi du trader.

En tout cas la stratégie a fonctionné, puisque la perte latente sur ces positions baissières sur le CAC a augmenté jusqu'à amputer "légèrement" mes gains considérables. (Dow Jones 10000 cela vous dit quelque chose ?)

Et hop, un peu d'humilité et une saine dose de doute.

Mais pas trop, bien sûr.

Car finalement, et malgré les positions de court-terme qui peuvent changer, je garde le cap de mon appréciation long-terme de la situation, que j'ai privilégié depuis environ 2005-2006.

A mon avis la thèse des "inflationnistes" a été validée durant les 6 ou 7 derniers mois, qui se manifestera probablement par un parcours spectaculaire sur la période la plus défavorable de l'année ("Sell in May" vous vous souvenez ?)
Bien sûr, il peut encore y avoir une forte correction d'ici la fin Octobre (d'ailleurs mon "hedge" baissier est bien là pour ça aussi), mais il est fort peu probable que la période Mai-Octobre 2009 devienne négative.
A moyen terme cela signifie que la tendance baissière est invalidée, et peut raisonnablement parier que la période Novembre 2009-Mai 2010 sera également positive, quelque soient les aléas et les corrections qui pourraient survenir.


Ce scénario est cohérent avec l'idée selon laquelle les autorités ne laisseront pas une spirale déflationniste se développer. (c'est ma thèse depuis longtemps)
Il y a plusieurs arguments "massue" qui peuvent défendre ce point de vue, mais le plus puissant à mon avis est le rôle du dollar.
Il s'agit d'un argument géopolitique. (auquel j'ai jadis fait allusion en citant Emmanuel Todd "Après l'empire")

Oui, le dollar a du poids sur la scène économique internationale, ce n'est pas juste une unité de compte, et sa sortie de la scène ne se fera pas sans mal.
Les comparaisons avec la déflation japonaise sont sans objet: ces deux pays n'ont pas le même poids géopolitique, ni la même situation budgétaire.
Les comparaisons avec la dépression américaine des années 30 sont également sans objet, car les Etats-Unis ne sont plus sous un régime d'étalon or, et ne sont plus un pays net créditeur.

Dès lors les Etats-Unis d'aujourd'hui choisiront toujours le chemin de moindre résistance face à la crise actuelle : un pays aussi débiteur et qui a un tel poids géopolitique usera nécessairement de son influence jusqu'au bout, c'est à dire jusqu'au moment où le dollar aura perdu une grande partie de sa valeur face aux autres devises et aura perdu définitivement sa crédibilité.
Nous n'en sommes pas encore là, mais c'est bien le chemin qui a été pris cette année avec les plans de relance à gogo, les déficits abyssaux et la hausse absurde des marchés action.

L'autre argument que je trouve assez puissant est l'argument historique.
Lorsque l'on relit Fernand Braudel (en particulier le tome 2 de "Civilisation matérielle, économie et capitalisme"), on ne peut s'empêcher d'observer des parallèles entre les manipulation de la monnaie du temps des monarchies de l'ancien régime, et les marchés de capitaux d'aujourd'hui.
Aujourd'hui comme hier, les positions dominantes sont toujours exploitées pour davantage de profit, et le marché n'a jamais été le règne du libre échange et de l'équité.

De façon opérationnelle, que doit-on en déduire ?

Et bien oui, il faudra bien suivre et profiter du marché haussier en bourse, mais en sachant qu’il s’agit une tendance alimentée principalement par l’inflation monétaire qui se prépare.
Il faut donc être sélectif dans ses choix d’investissement et se concentrer à mon avis sur les matières premières et les métaux précieux. (via les trackers, ETF ou via les Futures)

Quant aux actions des sociétés du secteur, elles offrent les opportunités les plus alléchantes, mais à condition de bien analyser les fondamentaux, et surtout de na pas se tromper dans le timing

Il s’agit à tout pris de se prémunir contre les inévitables corrections qui ne manqueront pas d’arriver , ou bien de prévoir un horizon d’investissement suffisamment long et de se préparer psychologiquement à ces aléas.
A ce propos, je reparlerai prochainement de timing et d’opportunités sélectives.

mercredi 7 octobre 2009

Rumeurs, rumeurs...(Où l'on reparle encore de la relation Pétrole/Or.)

Apparemment, la raison avancée par certains pour expliquer la récente hausse de l'or est une rumeur concernant des discussions entre différents pays pour remplacer le dollar par un panier de monnaie, dont l'or (cf Article de Robert Fisk dans "The Independent")



C'est un peu un serpent de mer dans les milieux Goldeux (j'en ai parlé dans ce blog d'ailleurs) mais cela m'a vraiment étonné que cela soit repris dans les grands media cette fois-ci.



Il semble vraiment se passer quelque chose, mais quoi ?



Serait-ce une tentative d'intimidation pour dissuader les Etats-Unis de faire n'importe quoi avec leur monnaie pour relancer l'économie ? (les chinois ont déjà fait passer ce genre de message).

S'agit-il d'une rumeur lancée par quelques spéculateurs assez puissants pour monter une opération pareille et en profiter (on sait que certains fonds, dont celui de John Paulson, qui avait profité de la chute des subprimes, sont fortement positionnés sur les mines d'or).



Dans les deux cas, il me semble que le mouvement est bel et bien lancé, et d'un point de vue technique, il correspond de résistances importantes. (cf l'analyse de Clive Maund, qui après avoir été très sceptique a émis une alerte haussière)



Par ailleurs, l'analyse contrarienne reste en faveur de L'or (cf l'analyse de Mark Hulbert), puisque les newsletter ont encore réduit leur exposition à l'or, et le scepticisme règne toujours.



Pour ma part j'ai de nouveau renforcé mes positions sur les mines d'or et d'argent (Harmony Gold, Coeur d'Alene, Minefinders, Yamana Gold, Auplata et biensûr Euro Ressources).

J'ai aussi accru un peu ma position en BX4 pour "Hedger" un peu le risque de correction sur les marchés actions.

Inflation vs Deflation le débat (encore...)

Ces dernières semaines, le podcast « Financial Sense Newshour» a consacré quelques heures au débat « Inflation vs Deflation », et cela a évidemment attiré mon attention. Mais ce qui m’étonne le plus c’est que ce débat ne fasse son apparition que maintenant.

Je me souviens que l’année dernière, ou même avant, c’était déjà un des thèmes de prédilection de ce blog (où j’avais mentionné le blog d’un déflationniste : « Tropical Bear »)

Pourquoi ce retard pour traiter de ce débat et prendre en compte les deux faces de l’argument ? Peut-être est-ce parce que Financial Sense (qui par ailleurs est un site très richeen informations) est un site qui penche plutôt pour les investissements dans le pétrole, les matières premières et les métaux précieux.

Après avoir été méchamment secoué l’année dernière, ils sont sans doute devenus plus circonspect et veulent donner leurs chances aux arguments déflationnistes.

Personnellement, j’ai toujours penché pour la thèse « inflationniste », mais avec davantage de doutes que les « hardcore goldbugs » et les partisans de l’école autrichienne.
Ils peuvent avoir raison sur le long terme. Mais combien de temps l’investisseur d’age moyen est-il prêt à patienter : 10 ans, 20 ans ,30 ans? Sans doute pas.


L’année dernière je considère que j’ai eu de la chance d’avoir échappé au krach des minières et au krach « tout court » en possédant essentiellement des actions Euro Ressources (qui ont subi une OPA et dont le cours a été « gelé » pendant cette période)
.
Mais ce krach avait de quoi ébranler les plus fortes convictions inflationnistes.
Pareil pour le krach du pétrole qui est passé de 150 dollars à 30 dollars en quelques demaines…pareil pour le krach immobilier et du crédit qui, déjà rampant, a pris une nouvelle dimension: comment peut-on nier que cela a un impact très fortement déflationniste ?

Mais le débat « inflation vs deflation » est biaisé à mon avis.

De quoi parle-t-on exactement ? De la Masse Monétaire, de la quantité de crédit, de l’indice officiel de l’inflation, de l’inflation « perçue » ?

Est-ce que ce débat a réellement une signification ?

Plus j’avance dans ma « quête » financière, plus je respecte les arguments de l’analyste technique pur. Peu importe les raisons d’un mouvement, du moment que l’on suit la bonne tendance.
Toutes les théories prévoyant la déflation ou au contraire l’inflation

Il reste à mon avis nécessaire de connaître un maximum de données fondamentales sur un secteur donné ou sur l’économie pour investir. Mais c’est une erreur de s’attacher à une école de pensée et de perdre sa neutralité d’investisseur, qui permet de laisser filer les gains mais aussi de couper les pertes sans états d’âme.

Les deux qualités essentielles de l’investisseur restent pour moi la souplesse d’esprit puis la discipline.

Les partisans de ces deux thèses (Inflation et Deflation) opposées manquent souvent de la première qualité.

Quant à moi je reste un agnostique sur ce débat.
Je suivrai le marché haussier de l’or tant qu’il durera, mais je n’hésiterai pas à sortir le jour où tout le monde prévoiera la hausse alors que la baisse sera entamée.