jeudi 26 juin 2008

Inflation contre Déflation

Octobre 1929, le retour ?


Si je suis assez confiant que les Métaux Précieux (Or et Argent à égalité) vont sur-performer les actions et les obligations pendant encore plusieurs années, la seule question que l'on ne peut ignorer concerne l'éventualité d'une déflation ou au contraire d'une hyper-inflation.

Il faut savoir que dans les deux cas, l'Or serait supérieur aux actions, ce qui veut dire que si l'on emploie une stratégie hausière sur l'Or et baissière sur les actions, on sera probablement gagnant.

Cependant, si l'on se contente de miser seulement sur l'Or, il faut savoir que les espèces monétaires seraient un meilleur choix en cas de déflation. Dans le cas de l'hyper-inflation, c'est tout le contraire.

Pour la majorité des investisseurs particuliers, qui de toute façon vont très peu spéculer sur les marchés actions, c'est donc une question cruciale, la seule question dont la réponse peut faire la différence entre ruine et prospérité.

Personnellement, je penche plutôt vers le scenario inflationniste, plutôt que déflationniste, comme je l'ai plusieurs fois laissé entendre depuis au moins 2 ans (Entre la récession et l'inflation)

Cependant, il y a pas mal d'analystes que je respecte et qui ont fait une analyse raisonnable de la situation des marchés, mais qui par contre penchent pour la déflation.

En particulier ceux qui ont étudié de près les phénomènes de bulle et de dénégation généralisée des masses, et qui ont prévu l'explosion de la bulle immobilière.

Aux yeux des déflationnistes "extrêmes", on est encore qu'au tout début d'un processus qui va entrainer non seulement les pays développés, mais aussi les pays émergents dans la crise déflationnistes, qui va entrainer la baisse non seulement des actions, mais aussi des matières premières. Cela nous promettrait une dépression comparable à celle des années 30 si l'on croit à ce scenario et à vrai dire, pourquoi pas, si s'enchainaient une série de chocs psychologiques impossible à parer par les banques centrales.

Cependant, il y a une différence essentielle entre les déflations historiques et la situation actuelle.

Jusqu'en 1971, les monnaies de réserves étaient ancrées à l'or, ce qui limitait nécessairement la marge de manoeuvre des banques centrales.

Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, donc on pourrait aller jusqu'à dire que la déflation est mécaniquement impossible dans le système actuel.

Une fois les liquidités émises, elles ne peuvent plus être reprises sans conséquences graves comparables au scenario des déflationnistes. Les banques centrales en sont conscientes et ne le feront jamais.

Donc les liquidités monétaires, c'est un peu comme le dentifrice que l'on ne peut remettre dans le tube.

Même si les liquidités désertent une classe d'actif, elles vont se placer ailleurs, suivant un système de vases communiquant. La hausse des matières premières s'explique très bien de cette façon. Les liquidités ont fui l'immobilier pour aller se parquer ailleurs.

Les bulles gonflent puis explosent, mais continuent de se succéder. La masse monétaire en circulation ne diminue pas.

Le seul moyen d'avoir de risquer une déflation ce serait de restreindre énormément la masse monétaire en asséchant les liquidités et en provoquant une dépression, puis de rétablir l'étalon or. Tout cela, on en est très loin.

Voilà pourquoi je m'oppose à ceux qui croient au krach incontrôlable et à la déflation.
Je pense qu'ils ont bien analysé les symptômes de la maladie, c'est à dire le problème des bulles spéculatives, mais ne sont pas allés au bout de l'analyse qui complèterait le diagnostic, et qui conclurait que le véritable problème c'est l'expansion infinie de la masse monétaire, quelque soit le niveau d'activité économique.

Donc mon conseil aux particuliers serait de ne pas se contenter de détenir des liquidités, même détenues en Euros. Quant à jouer la baisse du marchés d'action, je le fais occasionnellement, mais il faut savoir que c'est un sport à risque, étant données les masses de liquidités qui sont toujours prêtes à alimenter un nouveau rebond des actions, qui sera certes "du vent" en terme réels mais qui peut vous provoquer des Moins-values bien réelles sur votre compte.

2 commentaires:

FORNETTI a dit…

NE PEUT ON AVOIR UN MIX des DEUX :

L'inflation est mesurée usuellement à partir de panier de biens de consommation .
De fait ces derniers années, nous avons plutôt vécu en apparence une relative maîtrise de l'inflation .

Ceci est étonnant puisque dans le même temps, les banques ont ouvert à fond les robinets du credit . Les liquidités ont crû au delà de tous les gains de productivité . Ceci aurait dû avoir tendance à pousser l'inflation.
Cet argent en fait a servi à alimenter la spéculation, notamment immobilière . L'immobilier serait considéré comme un bien de consommation, on aurait alors mesuré une inflation importante

( NB : ceci est sans doute la cause majeure du malaise du pouvoir d'achat des français qui disent : "notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil" . ce à quoi l'INSEE répond,: non, regardez l'inflation est maîtrisée . En réalité tout le monde a raison dans la mesure où l'instrument de mesure de l'inflation est partiel)

Les choses sont actuellement en train de s'inverser :
- du fait de la restriction du crédit, il y a et il va y avoir déflation sur l'immobilier, les actions,...
- du fait de la pression d'origine énergétique et de l'evolution des besoins d'une population qui aspire à accéder à la société de consommation, il va y avoir inflation sur des biens dont la croissance est limitée (nourriture et ressources naturelles au sens large notamment)

Pour résumé: l'inflation existait mais n'était pas intégrée dans l'instrument de mesure.
A partir de maintenant, l'inflation est dans le périmètre de l'instrument de mesure . Ce qui n'y est pas par contre à tendance à déflater .

Anonyme a dit…

Les matières premières sertes a qq chose, non? Si l'économie se contracte, la demande pour le pétrole par exemple baisse. J'ai du mal a croire que la demande des émergentes a augmenter de 100% dans 1 an, l’activité économique mondiale se contracte en ce moment! La courbe du pétrole est verticale en ce moment. Le pic de la demande pour oil a était en 2004-2005, depuis ca baisse! Voici un article intéressant.

http://www.economist.com/finance/displaystory.cfm?story_id=11453090

Donc investir sur les matières première d'accorde, mais pour quoi en ce moment? L'avenir n'est pas rose pour celles-ci.

Quelle est l'active le plus rechercher en ce moment par les financiers? L'argent papier, donc il vaudras dans plus en plus cher. Et pour les gens, ca va être pareilles car les salaires baisse et le chômage monte.

Pour l'or, il est bon dans des moment déflationniste (il a était en 29) seulement si les gens le considèrent comme de l'argent. Il y a des déflationnistes qui disent que l'or c'est de l'argent, mais les gens ne le vois pas ainsi aujourd’hui. L'argent peut être du charbon, de la platine, du pétrole, du sel, etc. mais aujourd'hui pour les gens c'est la monnaie papier. Sur la masse monétaire, elle monte, mais est-ce qu'elle se répande dans l'économie sous forme de crédit? Non, car c'est un crédit crunch, les conditions de crédit se doucissent. Donc la demande pour des produits baisse, donc pour les matières premières inclus, baisse.