vendredi 20 juin 2008

Que se passe-t-il du coté des Monolines ?



le logo d'AMBAC et MBIA (vous avez bien lu, le slogan sur leur site est encore : "Financial Peace of Mind" pour AMBAC, quant à MBIA, c'est "nous pouvons supporter le passage du temps"... Savoureux...

Un beau bazar en perspective... et sans doute la fin des haricots pour MBIA et AMBAC.

Me voici de retour sur le Blog, et en direct (Live!) des Etats-Unis.

Pour rappel, hier Moody's a dégradé MBIA et AMBAC, comme Standard & Poors l'avait fait auparavant.

Mais il serait plus intéressant de résumer toute l'histoire depuis le début.
Par exemple, savez-vous que MBIA signifie Municipal Bond Insurance Association et AMBAC American Municipal Bond Assurance Corporation ?

On les appelle "Monolines" par ce qu'ils avaient une "mono-activité", c'est à dire que leur seul business (au départ) était d'assurer un seul type d'émisssions obligataires , les "municipal bonds", qui sont les emprunts des collectivités locales aux Etats-Unis.
Le but était pour ces collectivités d'obtenir un financement à moindre coût en bénéficiant d'une assurance supplémentaire fournie par les Monolines dont le "rating" était maximum.

Le problème, comme souvent aux Etats-Unis est que ces monolines sont devenus trop gourmand et se sont mis à assurer d'autres types d'émission et surtout se lancer dans l'émission de CDS (Credit Default Swaps), qui permettent de parier sur la solvabilité des émetteurs d'obligation.

Du coup ils se sont retrouvés lourdement exposés sur le secteur du crédit, y compris sur certains segments très risqués. Car en cas de défaillances, ce sont eux (les émetteurs des SWAPs) qui doivent payer.

Tout cela allait très bien et c'était de l'argent facilement gagné tant que la perception du risque était aussi basse qu'elle l'a été ces dernières années, mais comme vous le savez, tout a changé depuis l'été dernier.

Maintenant, l'étendue des pertes est telle qu'ils doivent recapitaliser (tout comme les banques d'investissement), mais leur enjeu est aussi est (ou était) de garder leur rating qui est l'essence même de leur business (et qui explique leurs slogans "corporate" devenus maintenant comiques)

Par ailleurs les acheteurs de CDS émis par les monolines, et qui sont maintenant montés en flèche, veulent maintenant leur argent, et il semble bien que les filiales des monlines émettrices sont incapable de les payer et vont sans doute déposer le bilan et se mettre sous la protection de l'Etat de New york (où elles sont basées).


En résumé et pour faire court, les monolines sont virtuellement "morts" car ils ont maintenant un rating inférieur aux municipalité (ils n'ont donc plus aucune légitimité dans leur business d'origine), et en outre leurs obligations sur les CDS risquent de ne pas être honorées.
Maintenant c'est sans doute l'Etat qui va récupérer la facture d'une façon ou d'une autre, tout comme dans le cas de Bear Stearns (via la FED). Car sinon, c'est un véritable jeu de domino qui se prépare...

Sources :
FT.com Alphaville
The Hedge fund implode-meter
The Big Picture

1 commentaire:

Anonyme a dit…

En effet, c'est une histoire délicieusement savoureuse ... Merci !

Alexandre