vendredi 9 mai 2008

Une petite analyse sur le cours de l'or et autres...

Je vais m'avancer en ce qui concerne le cours de l'or.

Je pense que la correction actuelle de l'or sera bien plus courte que celle de 2006-2007, qui avait pourtant commencé par une très forte baisse en Mai 2006, comme celle que nos venons de vivre.
Mine de rien, (remarquez le jeu de mots) la hausse des matières premières ne cesse de s'amplifier, avec le pétrole en tête.
Étant donnée la corrélation entre l'or noir et l'or jaune, on devrait toucher la fin de la consolidation du métal jaune entre fin Mai et mi-Juin, car à ce moment là, le ratio Or/Pétrole sera à un plus bas historique, et ne pourra que rebondir.

Par ailleurs, le métal continue d'être décrié par toutes les forces de l'establishment, malgré son attrait sans cesse croissant dans tous les coins du monde en tant que classe d'actif alternatif.

Dans les média grands publics, vous n'entendez parler que d'un phénomène soi-disant mystérieux pour le profane et on ne cesse de crier haro sur les vilains spéculateurs sur les matières premières.
Personne ne fait le lien entre politique monétaire, inflation et prix des matières premières.
En réalité, la responsabilité ne vient pas des soi-disant spéculateurs (dont nous faisons d'ailleurs partie) qui ne font que remplir leur fonction, mais plutôt des autorités monétaires et bancaires qui ont inondé le monde de prêts "pourris" puis les ont transformé en liquidités pour ensuite rattraper l'affaire. Cet argent "frais" (enfin plutôt faisandé en réalité), ne pouvait qu'aller vers des actifs tangibles.

Ces liquidités vont dans les seuls actifs encore dignes de confiance, c'est à dire des choses dont on a réellement besoin pour vivre : du pétrole (et l'énergie au sens large), des métaux, du blé, du riz, du lait.
Ces actifs ne font pas encore l'objet d'une bulle mais sont plutôt encore sous-valorisés si l'on regarde des graphes en terme réels (corrigé de l'inflation, qui est d'ailleurs sous-évaluée) sur de longues périodes.
Vous me direz que l'or n'est pas une matière dont on a besoin pour vivre, mais historiquement il s'est toujours comporté comme une monnaie dont la valeur conserve son pouvoir d'achat (d'achat d'objet tangible il s'entend) sur de longues périodes.

Par conte, que vous servira une maison sur valorisée lorsque les montants des charges augmentent sans cesse ?

A cet égard, les États-Unis sont déjà dans un processus de "downsizing" et de réduction de la dette qui sera forcément très douloureux.
Lorsque j'habitais là bas avant l'invasion de l'Irak, j'étais toujours étonné de la taille des maisons, des voitures (sans parler des habitants)
En tant qu'européen plutôt écologiste, cela me semblait une aberration. Mais surtout je me demandais d'où venait l'argent... Rapidement j'ai compris : le secret de tout cela c'était le CREDIT.
Même le jardinier mexicain récemment arrivé se voyait rapidement octroyé un crédit lui permettant d'acheter un pick-up monstrueux. Mais la bagnole ce n'était pas tout, il y avait aussi la baraque et le crédit subprime qui allait avec...

A partir de là, le retour à la réalité n'était qu'une question de temps. Mais il en a mis, du temps, à se manifester, car les gouvernements et l'establishment ont tout fait pour retarder l'échéance, y compris déclencher une guerre. Officiellement, il s'agit de préserver l'équilibre mais en réalité, il s'agit de protéger les positions acquises par quelques uns : regardez par exemple comment Greenspan continue de faire fructifier sa renommée déclinante acquise dans les années 90.
Les foules sont incroyablement naïves. Il suffit qu'on lui propose une histoire attrayante pour qu'elle marche.

Aux États-Unis, j'ai vu cette naïveté de près au moment de la préparation de l'invasion de l'Irak. Un déferlement de propagande invraisemblable et des mensonges éhontés qui étaient pourtant facilement vérifiables même à l'époque.
Cette prétendue guerre contre le terrorisme ("The War on Terror") a en réalité donné un coup de "boost" à l'économie qui avait déjà bien souffert de la bulle internet puis des nombreux scandales type Enron. Avec le rebond 2003-2007qui a accompagné "l'aventure irakienne", on a pu retardé l'explosion actuelle.
Dans l'esprit de ces irresponsables, tous les moyens étaient bons pour préserver l'apparence de l'"hyperpuissance" américaine.
De plus à quoi sert-il d'avoir la plus grosse armée du monde si l'on ne s'en sert pas ? Que feriez-vous à leur place avec d'aussi beaux jouets.

Tout cela a aggravé et aggravera encore le retour brutal sur terre. Le bourbier irakien est aussi une gabegie financière monumentale et a fini par affecter le dollar, qui ne fait plus guère illusion.

Mais rappelez-vous il y a seulement deux ans, il y avait bien peu de gens, même en France pour annoncer tout cela.
Après avoir dénoncé l'invasion de l'Irak il y avait déjà de nombreux candidats en France au poste de caniche de Bush, et bien entendu, notre Nicolas préféré en tête.
Il faut dire que la puissance américaine un peu "bling bling" fascine (et irrite aussi) particulièrement la France, nostalgique de sa grandeur passée.
En outre, notre petit Nicolas, qui est facilement impressionnable, doit voir de nombreux petits avantages (personnels) à se rapprocher des américains. Peut-être pensent il même à l'après présidence ?
Mais où est l'intérêt du pays dans tout cela ? On ne peut reprocher aux français d'avoir désormais du mépris pour sa suffisance Sarko Premier dans ces conditions.

Mais aux États-Unis c'est décidément bien pire, et il faut être terriblement têtu et perspicace pour s'y retrouver en tant qu'investisseur, au milieu des mensonges officiels que l'on nous sert régulièrement. Cela comprend aussi les statistiques désormais.
De plus en plus d'américains, y compris des analystes sérieux mettent en doute les statistiques officielles, qui ont été continuellement trafiquées pour minimiser l'inflation, ainsi que le chômage.

Avant que l'on m'accuse d'anti-américanisme primaire, je précise tout de suite que j'ai de nombreux amis américains et que certains d'entre eux ont des discours encore plus alarmistes sur leur propres pays.
J'ai adoré ce pays mais il faut bien se rendre à l'évidence
Des forces très puissantes ont porté Georges Bush au pouvoir par deux fois (dont une première fois de façon illégale), et ces forces-là sont toujours aux commandes.
Il y a de nombreuses voix raisonnables aux Etats-Unis et sur le web US, mais elles sont toujours en minorité.

Qui s'est élevé contre l'invasion irakienne ?
Qui s'oppose actuellement à l'intervention en Afghanistan contre quelques montagnards arriérés, qui n'ont que faire de la guerre contre le terrorisme mais veulent surtout défendre farouchement leur terre ancestrale des prétentions étrangères.
Et enfin, qui s'opposera par exemple à une attaque contre l'Iran qui a été systématiquement diabolisé par les média occidentaux malgré sa remarquable société civile et son système plus démocratique que la majorité des pays moyen-orientaux.

Vous le savez, personne ne s'opposera à cette guerre permanente et sans fin contre cette "nébuleuse" terroriste.
Le discours officiel fini toujours par trouver son chemin dans l'esprit des citoyens.

Pour les investisseurs, c'est pareil. Et ce n'est pas en écoutant le discours dominant que l'on fait de l'argent.

C'est pour cela que je me retrouve constamment à rechercher l'information dans les recoins les plus divers du net.
Et d'ailleurs on trouve maintenant les meilleurs commentateurs à la marge des média jadis considérés comme "de référence"
Un bloggueur anonyme peut vous informer beaucoup plus que le journal de TF1.

En résumé, et pour en revenir à l'or : ne vous laissez pas influencer par le discours dominant. Malgré le discrédit sur les banques et les autorités monétaires, elles continuent de façonner l'opinion et tentent de rassurer tout le monde aujourd'hui encore. Mais réfléchissez deux secondes, vous croyez réellement que ces problèmes lourds ont soudainement disparu. Non bien sûr. L'immobilier US continue de baisser et entrainera de nouvelles vagues de dévalorisation d'actifs, et de nouvelles baisses de taux. La masse de liquidités libérées atterrira encore dans les matières premières.

Nous n'en sommes qu'au début de cette hausse séculière de l'or. Le contexte économique et géopolitique ne s'est pas soudainement amélioré. Il est là pour rester.
L'investissement dans l'or est tout simplement une mesure de bon sens. Quant à l'investissement dans les actions aurifère, il peut paraitre risqué mais sera un des secteur les plus porteurs des années à venir, tout comme l'investissement dans les autres matières premières.

Il y aura de nombreuses corrections, violentes et savamment orchestrées, mais cela payera de rester dans le train.

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