jeudi 13 octobre 2011

Au cas où vous l'ignoreriez il faut un dictionnaire de traduction pour écouter le Gouvernement

Petit dictionnaire de traduction "Gouvernant vers Contribuable"

 
  • "Recapitaliser les banques" signifie "piocher dans vos économies de contribuables (via le budget de l'Etat)" . D'ailleurs "recapitaliser" signifie en réalité "payer la note" ou "combler un trou de trésorerie".
  • "Dexia" signifie "Crédit Lyonnais", seulement multiplié par 10.
  • "Sauver la Grèce" signifie en réalité "sauver BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole" qui leur ont prêté pour empocher de juteux taux d'intérêt.
 
D'ailleurs, la Grèce n'est pas vraiment le vrai problème.
Le vrai problème c'est la surexposition des banques aux risques de crédit souverain.

 
Derrière la Grèce, il y a l'Espagne, l'Italie puis la France.

 

La moindre dégradation de la note de ces pays a des conséquences en chaine sur les bilans des banques les plus exposées.

 

 Pourquoi autant d'exposition et d'effet de levier ? Pardi ! pour le profit biensûr (A condition que cela marche comme les analystes l'ont prévu. Sinon on pourra toujours se faire "recapitaliser" par l'Etat.)

 
N'importe quel spéculateur amateur sur les CFD ou le FOREX pourra vous expliquer les attraits et les dangers de l'effet de levier. Avec 1000 euros on peut spéculer sur 5000 (effet de levier 5) ou même 10 000 (effet de levier 10).

 

Les banques font la même chose, ni plus ni moins. La seule différence est une différence d'échelle et une bonne dose de collusion avec les politiques et les haut-fonctionnaires de Bercy (puisqu'ils sont allés aux mêmes écoles).

  
Pour information, l'effet de levier des banques françaises se situe entre 30 et 40 à l'heure actuelle.
Cela signifie que leur Actif et leur Passif correspondent à 30 ou 40 fois leurs fonds propres.

 
A ce niveau là une simple baisse de 3% de leurs actifs réduit à ZERO les fonds propres de la banque.

 
Si cela va au-delà, la banque aura une valeur NEGATIVE, c'est à dire que son propriétaire devra de l'argent à un peu tout le monde et représentera (si cette situation est révélée) le premier domino d'une longue suite de faillites.


La seule raison pour laquelle cela n'est pas encore arrivé après la volatilité de cet été, est que ces banques ont des bilans opaques qui contiennent de nombreux actifs qui ne sont pas valorisés à leur juste valeur.(Mark to Market).


En outre les autorités ne les forcent pas à révéler leur véritable situation financière. Au contraire, elles les encouragent à mentir, et participent elle-mêmes au mensonge.

 
Tout cela au nom de la "stabilité" et du "retour à la raison" proné à des marchés qui sont influencés par des rumeurs infondées et qui risquent d'entrainer une "Crise Systémique".

Bien évidemment, le risque de crise systémique existait AVANT que les marchés finissent par s'en apercevoir et vendent les actions des banques en conséquence.
Mais comme souvent on fait semblant de l'ignorer. Au nom de la "stabilité" et en vue d'éviter "la panique".

Certains continuent d'y croire, mais de moins en moins.
2011 aura été une année charnière dans l'histoire de la légitimité des gouvernements.

Il y a eu une telle succession de chocs (Printemps Arabe et ses suites , Catastrophe Fukushima et ses suites, NOUVELLE crise financière) qui sont tellement allés à l'encontre des discours lénifiants des politiques, que le degré de crédibilité des gouvernements est désormais proche de zéro, à juste titre.

Un mouvement comme "Occupy Wall Street" était impensable jusqu'alors dans la société américaine, société ô combien  anesthésiée, voire lobotomisée par les méthodes du marketing moderne.

Il a fallu que cette société se retrouve très mal pour en arriver là.

Tellement mal que les beaux discours et le "style" d'Obama n'ont plus cours.

On vit en direct l'explosion de la bulle de la "Communication".
Ces dernières années tout le monde était convaincu que le médium comptait davantage que le contenu et que les méthodes politico-publicitaire du "story-telling" suffisaient à faire passer la pilule.
Un autre dicton populaire c'était : "plus c'est gros plus ça passe".

Et certes je suis le premier à reconnaitre que cela peut fonctionner un certain temps.

Tout comme en finance, le cours d'une action ou d'un marché peut suivre une tendance qui l'éloigne durablement de sa valeur intrinséque. Il reste impératif de reconnaitre ce principa-là pour en profiter à court terme (à ses risques et périls)

Mais si l'on veut prendre une position sur le long terme ou si l'on veut apercevoir quelque chose qui ressemble un peu à la réalité du monde d'aujourd'hui, il est aujourd'hui impératif de commencer à penser par soi-même étudier les fondamentaux (un regard critique sur le bilan des banques par exemple) et  mettre en doute les discours des gouvernants actuels.

Il ne s'agit pas d'être catastrophiste, juste d'être réaliste.
Cela peut servir à gagner de l'argent en spéculant, mais aussi surtout apprendre à se protéger des mauvaises décisions (comme écouter son conseiller financier aveuglément).

Certes c'est assez compliqué et assez technique, mais nous avons aujourd'hui une petite chose qui s'appelle "Internet"

Alex


PS : La photo illustrative est tirée de ce site

 

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