Réflexion sur l'air du temps...


J'ai été assez absent de ce blog ces derniers jours, principalement pour des raisons de "surcharge professionelle", mais j'observais toujours les marchés de par mon activité, prêt à réagir selon la méthode habituelle.

La crise financière a maintenant disparu de la Une des journaux, mais elle est toujours là comme un nouveau décor du débat politique et social, et elle a déjà été responsable du plus grand événement politique depuis longtemps.

Comme beaucoup, j'ai été ému par l'élection d'Obama à la présidence des Etats-Unis et sa signification pour l'Amérique et le monde.

Je pense que son élection doit beaucoup a la crise financière, puisque c'est cet événement qui a fait pencher la balance en sa faveur. Mais en même temps, c'est un beau pétrin dont il hérite.

Cela ressemble fort à un cadeau empoisonné laissé par une classe dominante sur le départ et sur le déclin.

Finalement, Georges W. Bush fait penser à un gamin à qui on a donné un Jouet très couteux mais fragile. Une fois le jouet cassé, il est sans doute heureux de passer à autre chose et à refiler l'épave au gamin pauvre d'à coté.

Depuis longtemps (bien avant que ce soit devenu à la mode) je défend l'idée que les Etats-Unis sont dans une spirale de déclin, et Bush n'a fait que l'accélérer.

Malheureusement pour eux, Obama ne réussira pas plus à relancer ce pays.
Cependant, il en donnera certainement l'illusion.

D'un point de vue économique, cela se résumera en un mot : inflation.

Ne vous méprenez pas, j'ai beaucoup de respect pour Obama, ce qu'il a fait, et ce qu'il représente.
Mais en dernier lieu et malgré son parcours, il n'est aussi qu'un politicien de plus. D'ailleurs ses positions sur le mariage gay, la peine de mort et le droit à la possession d'armes, si elles font de lui un pragmatique, en surprendrait beaucoup parmi ses admirateurs européens.

Cela signifie aussi qu'il ne reculera devant rien pour avoir l'assentiment du peuple et susciter l'espoir.
Et dans un pays en faillite, cela signifie faire appel à la planche à billet.


Nous entrons donc sans doute dans une nouvelle phase de la crise financière.
Après un krach larvé (Août 2007-Août 2008) puis un véritable krach (Septembre-Octobre 2008), nous allons sans doute assiter à un énième faux rebond, comme on en a connu un en 2003-2007.

Après avoir rincé beaucoup de spéculateur par ses excès baissier, et érigé le cash comme seule valeur refuge, la nouvelle phase surprendra cette fois-ci dans l'autre sens et dépossédera tous les possesseurs de monnaie papier.

Les gagnants de la thèse "déflationniste" pourraient devenir les nouveaux perdants si ils ne changent pas leur fusile d'épaule.

Il est aujourd'hui difficile de prévoir quand se produira la transition, mais la saisonnalité ("Sell in May", et son corrolaire "Buy at Haloween") milite en faveur d'un rebond général de toutes les classes d'actifs .

Il se pourrait bien que le point bas ait été atteint le 27 octobre, en l'occurence (pas loin d'halloween)