jeudi 2 octobre 2008

Les discours sur la déflation abondent


A l'occasion d'un nouveau crash conjugué : Indices actions/Métaux précieux, les partisans de la déflation se font plus présent, notamment, Labadie (Tropical Bear).

Après avoir consacré quelques posts sur ce blog au débat "déflation contre inflation", je pense maintenant que ce débat est sans objet. Souvent ceux qui parlent de déflation (comme labadie) parlent en réalité d'une déflation des actifs financiers, ce qui est une chose différente de la véritable déflation.

Il faut comprendre que la seule véritable déflation s'est produite pendant la Grande Dépression des années 30. Il s'agissait d'une spirale déflationniste qui était due à l'incapacité des autorités et des gouvernement à "inflater", en grande partie parce que le pays était dans le carcan d'un "Gold Standard".
La seule dévaluation du dollar par rapport à l'or a été celle de 1933 (-30% par rapport à l'or). Mais cela a été tardif, et probablement insuffisant, et seule la deuxième guerre mondiale a relancé l'économie.

Il s'agit du seul véritable exemple au cours du siècle dernier de spirale déflationniste. (Les autres exemple datent du 19ème siècle, où de la même façon, il y avait un gold standard).

La véritable déflation (de la masse monétaire) est un des maux que peut entrainer le gold standard, mais ce n'est sûrement pas le mal actuel, car nous sommes bien loin aujourd'hui d'un système où le Gold Standard règne. Bien au contraire.

Ce que nous avons est une déflation des actifs financiers, ce qui est différent, et qui peut tout à fait se produire EN MEME TEMPS, qu'une inflation du prix des matières premières.

Ce que nous avons aujourd'hui, c'est la "crainte de la déflation", et non la déflation.
Par ailleurs cette crainte de la déflation permet "politiquement" de lancer des actions étatiques inflationnistes à moyen terme.

La baisse des indices du mois de Septembre et même depuis le début de l'année est plus effrayante que significative d'un point de vue macroéconomique.
Cela fait plus penser à 2002 qu'à 1929.

Souvenez-vous que même la panique de 1987 n'a pas enrayé le gonflement de la bulle financière au cours des vingts années suivantes.

Il ne faut pas déduire une tendance à partir d'un seul mois.

Les indices finiront par rebondir tôt ou tard (fin d'année) mais dans une monnaie dépréciée. (comme en 2003-2007).

3 commentaires:

Fornetti a dit…

Alex, ton article de ce jour me plait ... car il rejoint la position que j'exprimai en commentaire le 26 juin sur un de tes articles concernant le thème deflation- inflation :

FORNETTI a dit...
NE PEUT ON AVOIR UN MIX des DEUX :

L'inflation est mesurée usuellement à partir de panier de biens de consommation .
De fait ces derniers années, nous avons plutôt vécu en apparence une relative maîtrise de l'inflation .

Ceci est étonnant puisque dans le même temps, les banques ont ouvert à fond les robinets du credit . Les liquidités ont crû au delà de tous les gains de productivité . Ceci aurait dû avoir tendance à pousser l'inflation.
Cet argent en fait a servi à alimenter la spéculation, notamment immobilière . L'immobilier serait considéré comme un bien de consommation, on aurait alors mesuré une inflation importante

( NB : ceci est sans doute la cause majeure du malaise du pouvoir d'achat des français qui disent : "notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil" . ce à quoi l'INSEE répond,: non, regardez l'inflation est maîtrisée . En réalité tout le monde a raison dans la mesure où l'instrument de mesure de l'inflation est partiel)

Les choses sont actuellement en train de s'inverser :
- du fait de la restriction du crédit, il y a et il va y avoir déflation sur l'immobilier, les actions,...
- du fait de la pression d'origine énergétique et de l'evolution des besoins d'une population qui aspire à accéder à la société de consommation, il va y avoir inflation sur des biens dont la croissance est limitée (nourriture et ressources naturelles au sens large notamment)

Pour résumé: l'inflation existait mais n'était pas intégrée dans l'instrument de mesure.
A partir de maintenant, l'inflation est dans le périmètre de l'instrument de mesure . Ce qui n'y est pas par contre à tendance à déflater .

Alex Kerala a dit…

Tout à fait d'accord avec toi.

La mesure de l'inflation par l'Insee laisse cruellement à désirer.

Par ailleurs j'irais même jusqu'à dire que la notion même de déflation a été vidée de son sens.

Maintenant le moindre ralentissement de l'inflation est décrit comme une possible déflation, ce qui est un contresens.

Une véritable déflation est une baisse durable des prix.

Je crois que l'on a jamais connu ça depuis les années 30, et certainement plus depuis 1971 (fin de l'étalon or).

Anonyme a dit…

Les indices finiront par rebondir tôt ou tard (fin d'année) mais dans une monnaie dépréciée. (comme en 2003-2007).

MMh, certains feraient mieux de se taire... (rires...)


F. Marchand