lundi 17 mars 2008

La crise des Subprime n’est pas ce que vous croyez.

Depuis le début de cette crise les média ont cru bon d’expliquer toute cette volatilité et ces dépréciations d’actifs par le terme de « subprime » qui est maintenant une expression passée dans le langage courant.


Mais cette dénomination est tellement impropre que cela frise la désinformation. Ce ne sont pas seulement les prêts subprime qui sont en cause mais une bonne proportion de tous les prets immobiliers consentis ces dernières années. D’après certaines estimations, X% des ménages sont déjà dans le rouge et beaucoup plus pourraient s’y retrouver d’ici peu de temps.


Lorsque l’on prend un peu de recul et que l’on regarde la courbe des prix de l’immobilier, on se rend très bien compte pourquoi.


Par son ampleur, la hausse des prix immobiliers en termes réels (c'est-à-dire ajusté par immobilière des dix dernières années aux Etats-Unis se distingue nettement et n’a pas de précédent historique


D’autre part, contrairement à la bulle internet, ce marché immobilier concerne beaucoup plus d’acteurs dans l’ensemble de la population et pour des montants bien plus conséquents.

Ces dernières années, la hausse des prix de l’immobilier et son corrollaire, le crédit étaient devenus des véritables distributeurs de billets pour les ménages.


La soi-disante crise des subprime ne s’est donc jamais limitée à ce segment méprisé de la population. En réalité et de façon proverbiale, on a même surtout prêté aux riches.


C’est à ce stade que je devrais ouvrir une petite parenthèse.


J’ai habité aux Etats-Unis entre 2001 et 2004 et j’y retourne fréquemment pour mon travail.

Et je crois que c’est pour cette raison que j’ai pris conscience de tout cela assez tôt en vivant là-bas puis en faisant des aller-retour.

Pour un européen, il est difficile de comprendre à distance à quel point le crédit fait partie des habitudes de consommation des américains, et quelles proportions ces pratiques ont pris.

Pendant longtemps, il m’a semblé, que pour mes amis ou collègues américains, il était plus important d’avoir un « bon » historique de crédit (qui permet d’obtenir de nouveaux emprunts oud d’acheter à crédit), que d’avoir de véritables économies.


Le fait de dépenser de l’argent et de s’endetter a été encouragé par le système financier à un point tel que c’est difficile à imaginer vu de France.


Lorsque je suis revenu en France, j’ai constaté souvent que la véritable situation aux Etats-Unis n’était comprise qu’avec un retard conséquent.

Et cela est particulièrement étonnant lorsque l’on voit tout le temps qui est consacré en France aux informations qui font la une aux Etats-Unis (sans parler des divertissements made in US).


En d’autres termes, les Etats-Unis sont le pays le plus représenté dans les médias et le moins bien compris en même temps.

Nous avons été tellement habitué depuis la deuxième guerre mondiale à voir dans les Etats-Unis un modèle et même un idéal que nous avons du mal à nous habituer à la nouvelle réalité de ce pays.


Ce conditionnement est tel que dès que l’on critique ce pays on est systématiquement disqualifié en recevant le qualificatif d’ « anti-américain ». Et ce souvent par des gens qui n’ont jamais mis les pieds aux Etats-Unis.


Il faut s'attendre à encore beaucoup de désillusions venant de ce pays, malheureusement..

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