lundi 7 juin 2010

L'or et la Guyane, une opinion

Tout d'abord un extrait du rapport "Or vert contre or jaune" et mon commentaire à la suite. :

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"L'activité aurifère en Guyane

L’activité aurifère en Guyane était au milieu du siècle précédent sur le déclin, d’une importance
économique très marginale pour le département et caractérisée par des méthodes de production
artisanales, incapables de s’adapter à l’épuisement des ressources intensément exploitées lors de la
première ruée vers l’or, au 19ème et au début du 20ème siècle.

Cependant la fin du 20ème siècle voit une reprise de l’orpaillage, qui s’explique par la conjonction de
plusieurs facteurs :

- l’inventaire des ressources minières conduit par le Bureau de Recherches Géologiques
et Minières (BRGM) dans les années 90 qui a mis en évidence les potentialités du
département ;
- l’arrivée d’immigrés clandestins à faible niveau de vie, essentiellement brésiliens, et
maîtrisant les techniques d’exploitation de l’or ;
- le recours à une mécanisation et une utilisation de technologies modernes
d'exploitation ;
- et enfin un certain immobilisme des pouvoirs publics qui a facilité l’installation
d’exploitations légales et illégales.

Si l’essentiel de la production de l’or était entre les mains des orpailleurs clandestins et de petites
PME, la flambée du cours mondial du métal jaune et la raréfaction de la ressource au niveau
mondial ont attiré des multinationales vers la Guyane.

Contrairement aux orpailleurs clandestins et aux petites sociétés d’exploitation aurifère, ces
entreprises internationales disposent des ressources techniques et financières permettant de
prospecter et d’exploiter les gisements d’or primaire. La société canadienne Iamgold, anciennement
Cambior, et sa filiale CBJ Caïman ont obtenu la concession de Camp Caïman, dont la seconde
demande d’ouverture de travaux miniers vient d’être rejetée par le Chef de l'État.

La société française Auplata vient quant à elle, de signer un protocole pour l’acquisition de la Mine de Délicesdans le nord de la Guyane, pour l’instant exploitée de manière artisanale. Et enfin la société
Newmont, numéro 1 mondial de l’extraction aurifère, vient de demander 3 permis de recherche
pour une superficie totale de 1.000 km!.

Selon les informations de l’Institut d’Émission des Départements d’Outre-Mer (décembre 2006
données provisoires), l’activité minière est exercée par deux filiales de groupes miniers
internationaux, par 12 PMI locales et 61 PME et artisans mineurs, ce qui représenterait 361
salariés au 31 décembre 2004 (donnée la plus contemporaine). Le nombre d’orpailleurs clandestins
était quant à lui estimé à près de 15 000 personnes en 2006 et occuperaient plus de 500 sites
(ce qui signifierait que plus de 7 % des habitants du département sont des clandestins qui
travaillent dans l’exploitation aurifère).

La préfecture quant à elle, avance le chiffre de 3 000 clandestins en 2007, signifiant que 1,5 %
des habitants de la Guyane sont des clandestins qui travaillent dans l’exploitation de l’or.

Ce taux rapporté à la population de l’Hexagone donnerait, pour la fourchette haute, 4 millions de
personnes qui exerceraient en toute illégalité une activité polluante en pillant en toute impunité les
ressources naturelles. Il est difficile de croire qu’une telle situation serait tolérée en métropole.

L’activité minière de cette seconde vague d’exploitation gagne de plus en plus du terrain et
transforme petit à petit la Guyane en gruyère. Encore cantonnée sur une large bande côtière dans
les années 90, l’exploitation de l’or se dissémine de plus en plus profondément dans la
forêt.

Au fur et à mesure des années, les exploitations remontent les fleuves et les criques et
s’installent même au sud de la zone d’accès réglementé.

Saül, l’une des portes d’entrée du Parc amazonien, bien que créé par des orpailleurs saintluciens
à la fin du 19ème siècle, n’était que peu concerné par l’orpaillage en 1990. Dix années plus
tard, les orpailleurs se sont installés un peu partout autour de la commune. Les bassins versants
du Tampok, de la Waki et du Grand Inini, affluents du fleuve Maroni et situés au sud de Maripasoula,
encore indemnes de toute activité aurifère en 1990, ont été rapidement colonisés par les orpailleurs.
Or certaines de ces exploitations, pour l’essentiel illégales, se retrouvent aujourd’hui intégrées
dans la zone coeur du parc amazonien.

On peut faire le même constat sur la frontière est du
département où le bassin versant de Camopi, très peu concerné par l’orpaillage en 1990, voit fleurir
aujourd’hui les sites d’exploitation d’or.
Les surfaces exploitées passent ainsi de 212 ha en 1990 à 4 028 ha en 2000 pour atteindre
11 475 ha en 2006.

Source : "Or vert contre or jaune - Quel avenir pour la Guyane ?"

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Mon commentaire :

Je pense objectivement que l'Etat ainsi que les défenseurs de la nature ont intérêt à favoriser les sociétés minières ayant pignon sur rue et ayant les moyens de leurs ambitions, plutôt que de laisser les clandestins faire n'importe quoi avec toutes les conséquences que cela apporte (déversement de substances toxiques dans les rivières, criminalité, et "last but not least" manque à gagner fiscal pour l'état).

C'est pourquoi en tant que citoyen "éco-responsable" je n'aurais aucune honte à investir dans une société Auplata, une fois les règles du jeu bien établies.

Ce qui a retenu mon attention dans ce texte, c'est la phrase : " et enfin un certain immobilisme des pouvoirs publics qui a facilité l’installation
d’exploitations légales et illégales.
"

Il serait temps que notre président à talonette fasse réellement respecter l'état de droit en Guyane.

Envoyer les gendarmes ne suffit pas. Surtout dans la jungle...

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