vendredi 14 octobre 2011

Auplata annonce l'abandon de son expérimentation au Thiosulfate. Mon opinion...

Contrairement  à mes habitudes récentes  cet article va surtout concerner les actionnaires (actuels ou potentiels) d'Auplata société aurifère française opérant en Guyane Française.

Je le fais à la suite du communiqué paru ce matin, parcequ'il me semble assez important.

Donc  je cite :

(Cercle Finance)Auplata fait ce matin un rapport d'étape sur sa stratégie : en dépit de la volatilité du prix de l'or, ses prix de vente se maintiennent à des niveaux records et sa production progresse. Mais l'amélioration de sa rentabilité demeure insuffisante aux yeux de la direction, à cause notamment des procédés gravimétriques et de celui utilisant le thiosulfate de sodium. Le groupe veut maintenant recourir au traitement chimique du minerai privilégié dans l'industrie, comme la cyanuration.




Mon avis :


Honnêtement je n'y ai jamais trop cru à ce procédé au Thiosulfate de Sodium.

C'est la réflexion qui me vient à la lecture du communiqué d'Auplata d'ajourd'hui
Je pense que c'est bien d'avoir expérimenté le Thiosulfate, mais cela m'aurait fortement étonné si Auplata était arrivé à révolutionner toute l'industrie aurifères avec ses seuls petits bras.

Quand je voyais des débats passionnés sur le forum Boursorama consacré à l'évolution du projet de l'usine de récupération à base de Thiosulfate  de sodium, je ne pouvais m'empêcher de penser que le progrès de cette société n'était pas à rechercher dans cette  direction.


A mon avis, le problème d'Auplata a toujours été et continuera d'être un problème politique.

L’enjeu pour Auplata est de convaincre le pouvoir politique français de son sérieux et de sa bonne volonté pour obtenir des autorisations et augmenter sa production.

Il va falloir faire un effort pédagogique pour expliquer que le gouvernement n’a que deux options :

- Soit il empêche les sociétés industrielles de s’implanter et de se développer, et il doit dès lors faire face à l’afflux des orpailleurs clandestins qui ne prennent AUCUNE précaution écologique et qui représentent en outre des problèmes de criminalité et de régression sociale. Les autorités devront en outre continuer dedépêcher en permanence gendarmes et militaires dans la jungle et les zones non exploitées, avec des effectifs dérisoires au regard de la zone à couvrir.

- Soit il assume que le potentiel aurifère guyanais ne peut être développé qu’avec l’aide de sociétés minières ayant pignon sur rue et avec des méthodes contrôlées et éprouvées

Dans la deuxième hypothèse, le cyanure n’est hélas à l’heure actuelle que la seule méthode utilisée industriellement dans le monde entier. Elle peut être dangereuse si elle n’est pas maitrisée, en cas de rejet dans la nature. Et j’ai de la sympathie pour les préoccupations écologistes jusqu’à un certain point.

Mais il faut noter que toutes les sociétés minières ont l’habitude de gérer ces problèmes et qu’elles présentent l’avantage d’être soumise à la législation et d’être davantage contrôlées que les orpailleurs clandestins. (c’est un euphémisme). Le pouvoir politique doit dès lors prendre ses responsabilités et faire le meilleur choix, pour la France mais aussi surtout pour la population Guyanaise. Car c’est d’abord à eux qu’il faudrait demander leur avis et je crois savoir qu’ils sont favorable au développent « industriel » de leur ressources aurifères.
Dans ces conditions l’annonce d’Auplata de ce matin au sujet du Cyanure ne me surprend pas. Même si elle peut paraitre choquante par rapport au discours politiquement correct mais hypocrite.

J’ai même envie de dire « enfin ! ».

La seule chose qui me dérangeait vraiment au moment d’investir dans Auplata, c’était de me dire que cette société avait un boulet au pied par rapport aux autres sociétés aurifères que je connais bien. Elle ne serait jamais autant rentable que les standards du secteur si elle n’utilisait pas les mêmes procédés. Ce qui signifie que se ressources ne pourraient pas être valorisées à leur juste valeur.
Maintenant il reste à faire un effort pédagogique vis vis des politiques et des autorités de régulation.

Il ne faut pas oublier que Sarkozy avait tué dans l’œuf les perspectives d’implantation d’Iamgold en Guyane en 2008, et cela pour des raisons purement politiciennes et opportunistes (à l’époque il voulait se faire passer pour un grand écolo…).



Mais aujourd’hui, à l’heure du désengagement général de l’Etat en raison de son endettement et de la réduction du nombre de fonctionnaires et des aides sociales, comment favoriser le développement de la Guyane et favoriser son développement viable ?

La solution la plus REALISTE est de favoriser le développement « responsable » de son potentiel aurifère et le développement des entreprises française en priorité. Et il faut le faire avec les méthodes communément utilisées par ce secteur, c’est à dire en utilisant du cyanure et en empêchant les rejets dans la nature.

Toutes les personnes concernées finiront par l’admettre et je suis persuadé que des débats ont sûrement déjà eu lieu en coulisse.

C’est pourquoi, à court terme cette annonce risque de secouer un peu le cours de l’action Auplata, mais à moyen terme je crois que c’est plutôt une bonne nouvelle. Peut-être que la société va enfin arriver à  développer le potentiel de cette riche région aurifère.

Dans cette optique, ne pas gaspiller l'argent de la société dans une voie non rentable est une bonne nouvelle.

Je reste acheteur sur ce titre aux niveaux actuels. (2.53 euros)
Alex Kerala

3 commentaires:

Anonyme a dit…

et pour convaincre les politiques d'accorder cette autorisation (contre la résolution européenne) combien de temps penses-tu que cela prendra ? 2, 3, ou 5ans ?

Anonyme a dit…

Pour dire la vérité, je suis déçu par l'aspect écologiquement "rétrograde" de la publication d'Auplata. Mais bêtement soulagé en tant qu'actionnaire. En effet, Auplata annonce finalement qu'ils abandonnent une stratégie d'exploitation coûteuse et aux perspectives de rentabilité douteuses. Pour résumer, je préfère voir la boite investir dans du sûr et éprouvé plutôt que dans une technologie n'apportant aucune garantie de rentabilité future, ou au mieux, un début de rentabilité franche dans 10 ans! Le but est que l'entreprise soit le plus rentable le plus tôt possible. Pas qu'elle le soit lorsque le court du gold sera sur sa phase descendante. Je vois l'once jaune grimper encore et encore. Mais dans 10 ans, la donne monétaire mondiale aura évoluée. L'or ne monte pas, ce sont simplement les monnaies dans lesquelles il est côté qui se déprécient. Et le "black hole" monétaire aura déjà eu lieu dans 10 ans. Une guerre aussi si elle doit avoir lieu. Bref, le pic de l'or peut se prévoir avant 10 ans. Il est donc stupide de projeter d'arriver "après la bataille". Auplata aura eu un métro de retard s'ils avaient insisté dans ses plans. C'était il y a 10 ans qu'il aurait fallu que de nouvelles techniques soient étudiées, pour être exploitables aujourd'hui.
Concernant l'aspect "écolo" des choses, je crois que ton article résume bien la situation. Il vaut mieux que l’État permettent l'implantation de boites strictement contrôlées. Si elle interdit tout à tout le monde, on peut être sûr que la clandestinité explosera, avec un résultat environnemental catastrophique. Personne n'a donc intérêt à bloquer les choses par "anti-cyanurisme primaire". Ni Auplata, ni l’État, ni la Guyane, ni la faune et la flore locale.

Alex Kerala a dit…

Pour répondre à la question, il faut rappeler tout d'abord qu'il n'y a pas de règlementation européenne contre la cyanuration.

Quand au délai qui sera nécessaire au passage à la cyanuration, je l'ignore, mais je crois que cette annonce en était le pré-requis.

Après on peut discuter des motivations et du bien-fondé de l'expérimentation avec le Thiosulfate.

Pour ma part, je pense que le contexte était de toute façon extrêmement défavorable à l'exploitation aurifère à partir de 2008 et de la décision de rejeter les projets Iamgold. (décision unilatérale de Sarkozy).

Jusqu'à présent, c'est cela qui a freiné la progression d'Auplata.
Mais le potentiel de la société demeure, et la survie est assurée depuis 2009 (grâce à la hausse de l'or et aux recapitalisations de la société).

Et c'est justement pourquoi, à propos de la récente annonce, je trouve judicieux de ne pas gaspiller le produit de l'augmentation de capital dans cette nouvelle usine non rentable et de le réserver pour de nouveaux procédés à base de cyanuration.